Nos regards
Une noce chevelue, barbue... c’est Colette qui se marie aujourd’hui !

> 15 avril 2018

Une noce chevelue, barbue... c’est Colette qui se marie aujourd’hui ! Alors que Colette est intarissable sur les plantes, les animaux, les choses du quotidien, les souvenirs concernant son mariage avec Willy sont étrangement flous. Il s’agit d’une petite noce ; le nombre d’invités est extrêmement restreint... A petite noce, petits souvenirs ! Des souvenirs on ne peut plus « pilaires »... (Noces, 1944)

Des cheveux plein le crâne...

Colette est en « mousseline tissée de petits bouquets », « un large ruban blanc noué sur le front », sa « longue tresse perdue dans les plis de sa longue jupe ». Ces cheveux, qui mesurent un mètre cinquante-huit, font la fierté de sa mère, Sido, et constitue la marque de fabrique de la jeune fille. Ils sont le plus souvent tressés « en corde à puits », comme aime à le préciser Jules Renard, se déroulant jusqu’à l’ourlet de ses robes (https://www.regard-sur-les-cosmetiques.fr/nos-regards/stage-de-relooking-avec-colette-412/), ou bien torsadés autour de sa tête ou bien encore portés en bandeaux à la vierge, c’est-à-dire séparés par une raie en deux paquets parfaitement lissés. Cette dernière coiffure lui va, selon elle, « comme un anneau dans le nez », pourtant le peintre Jean-Louis Forain, « qui n’avait pas encore taillé sa barbe et ses cheveux » ne s’y trompe pas... Colette, quelle que soit la façon dont elle se coiffe, est séduisante et reste son « ange de minuit » (De ma fenêtre, 1944). Ces cheveux seront « fauchés » sur un caprice (L’étoile Vesper, 1946) de son mentor. Si le passage des ciseaux dans cette masse de cheveux soigneusement entretenus pendant des années constitue un sacrifice, il ouvre également les portes de la liberté. Désormais, Colette sent le vent sur sa nuque et peut mouvoir sa tête dans tous les sens, comme un véritable diablotin !

Des cheveux plein le visage...

« Pour restreint qu’il fût, le cortège abondait en barbes. Que de poil, en ce temps, sur les visages mâles ! Mon père gardait sa barbe d’ancien zouave. Mon frère le jeune médecin, comme le charmant Pierre Veber - vingt-six ans, l’oeil brun et or, la grâce des fils choyés -, comme Houdard et mon mari, portaient la barbe pointue, taillée aux ciseaux, et la moustache de mon mari, opulent rouleau blond aux pointes effilées, passait à juste titre pour extraordinaire ; il l’avait contractée au Mans, au 31e d’artillerie. »

Des rêves plein la tête...

La petite mariée s’endort à table comme une enfant, l’enfant qu’elle est encore ! Chut, ne la réveillons pas…

Un grand merci à Jean-Claude A. Coiffard, poète et plasticien, pour cette noce barbue, chevelue…






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