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Le psoriasis, une étymologie floue, en revanche des témoignages très clairs…

> 06 mai 2018

Le psoriasis, une étymologie floue, en revanche des témoignages très clairs… Le psoriasis est une pathologie parfaitement bien identifiée à l’heure actuelle ; cela n’a pas toujours été le cas. Son histoire complexe et son diagnostic qui n’a pas toujours été aussi simple que cela ont fait dire à Paul Bechet, en 1936, que le psoriasis constituait le meilleur antidote à l’ego des dermatologues et que l’on pouvait considérer qu’elle constituait véritablement un point de vulnérabilité dans leur armure d’expert (Bechet P., Psoriasis a brief historical review, Arch Derm Syphilol, 1936, 33, 2, 327-334).

Dans la Bible la lèpre est omniprésente. Elle est parfois décrite d’une manière qui laisse à penser qu’il s’agit en réalité du psoriasis. Dans le livre des Rois (2 Rois 5 :27) il est dit : « La lèpre de Naaman s'attachera à toi et à ta postérité pour toujours. Et Guéhazi sortit de la présence d'Elisée avec une lèpre comme la neige. » On pense aujourd’hui que la pathologie en question est effectivement le psoriasis.

D’autres textes tel que Le Lévitique (13. 1-46) cherchent à définir précisément les dartres, les plaies lépreuses, les lésions occasionnées par la teigne. « L'Eternel dit à Moïse et à Aaron: Lorsqu'un homme aura sur la peau une grosseur, une dartre ou une tache blanche qui ressemblera à une plaie de lèpre sur sa peau, on l'amènera au prêtre Aaron ou à l'un de ses descendants qui seront prêtres.
Le prêtre examinera la plaie qui est sur la peau. Si le poil de la plaie est devenu blanc et que la plaie paraisse former un creux dans la peau, c'est une plaie de lèpre. Le prêtre qui aura fait l'examen déclarera cet homme impur. […] » La couleur de la lésion est importante : tout ce qui est de couleur rouge (comme la chair vive) est assimilé à une lésion lépreuse ; tout ce qui est blanc est considéré comme une lésion en voie de guérison. En cas de suspicion de lèpre, le malade est déclaré impur ; il devra se tenir à l’écart de ses semblables.

Le papyrus Ebers, traité médical égyptien célèbre datant de 1500 ans avant notre ère consacre, bien évidemment, un chapitre aux affections cutanées et forcément à toutes celles se traduisant par des squames cutanées. On traite alors ce type de pathologie à l’aide de décoctions de plantes type Ammi majus (une plante renfermant des molécules photosensibilisantes appelées psoralènes) et d’expositions solaires (Brodsky M., Abrouk M. Lee P., Kelly K. Revisiting the history and importance of phototherapy in dermatology, Journal of the American Academy of Dermatology, 76, 6, Suppl 1, 2017, Page ab219) (C. Velter, L’agora du psoriasis : histoire, actualités et questionnements, Annales de Dermatologie et de Vénéréologie, 144, Suppl 3, 2017, Pages iiis23-iiis28).

Les Grecs, pionniers dans le domaine de la dermatologie, distinguent plusieurs catégories de pathologies cutanées caractérisées par les mots « Psora », « Lepra » et « Leichen ». Le terme « Psora » se rapporte pour certains auteurs à une pathologie qui démange. On lui associe des pathologies comme l’« impétigo » ou la « gale ». Pour notre part, en nous référant au dictionnaire Bailly nous traduisons « Psora » par le mot « gale » mais également par toute « maladie de la peau » par extension. A partir de cette racine, on peut créer des variantes : « Psoraleos » est le galeux ; « Psoriao » est le verbe qui signifie « avoir la gale » et « Psoricos » est l’adjectif qui « concerne la gale ou les éruptions galeuses » ; chez le philosophe Putarque « Psoricos » désigne de façon générale « les affections cutanées ». Le terme Lepra, quant à lui, vient du grec « Lopos » (étymologiquement « pelure de fruit », transformé par certains en « épiderme ») et de « Lepo » qui signifie « peler, écosser » (au sens figuré : écorcher). Gale, lèpre semblent donc des termes utilisés de manière assez aléatoire pour désigner des pathologies cutanées très variées (Franklin S. Glickman, Lepra, psora, psoriasis, Journal of the American Academy of Dermatology, 14, 5, 1, 1986, Pages 863-866). Le terme « Leichen » signifie « lichen », « lèpre », « dartre » c’est-à-dire différentes dermatoses se traduisant par des phénomènes de desquamation. « Leicho » signifiant « lécher » peut laisser supposer que l’humidification de la lésion jugée « sèche » peut apporter un bénéfice au patient… on verra, en effet, plus tard que les bains ont constitué une thérapie très prisée des patients et des médecins. On lèche la lésion avec l’index : « Lichanos » !

Pusey, Bechet et Hebra attribuent la première description clinique du psoriasis à Aurelius Cornelius Celsus (25 avant JC – 45 après JC). Dans son ouvrage « De Arte medica », il ne prononce pas le nom de psoriasis mais d’impétigo en précisant que cette pathologie présente des formes variables ; la notion d’érosion de la peau et l’existence de plaques rouges au niveau cutané est évoqué dans le tableau clinique.

Pour Robert Willan, c’est Galien qui introduit le mot « psoriasis » le premier dans le dictionnaire médical. Il décrit une éruption qui s’accompagne d’un phénomène de desquamation siégeant en particulier au niveau des paupières et au coin externe des yeux ainsi qu’au niveau du scrotum.

Au Moyen-Age, la confusion continue. La vraie lèpre celle qui est due à une bactérie était jusqu’alors fréquemment appelée « éléphantiasisme grec » ; par un tour de passe-passe lié à des problèmes de traduction on lit désormais « lèpre grecque » et toute pathologie qui se traduit par des phénomènes de desquamation est baptisée de « lèpre ». On peut très bien imaginer que des sujets psoriasiques se sont vus contraints d’enfiler des vêtements spéciaux, de porter une cloche afin d’avertir les personnes saines de leur venue. Certains finiront même, peut-être, sur le bûcher, accusés de tous les maux en 1321 (Sallmann J-M, Carlo Ginzburg, Le sabbat des sorcières, Annales, 1995, 50-1, Pages 183-187) (Franklin S. Glickman, Lepra, psora, psoriasis, Journal of the American Academy of Dermatology, 14, 5, 1, 1986, Pages 863-866).

Au début du XIXe siècle, le dermatologue Robert Willan (1757 – 1812) publie les premières illustrations concernant le psoriasis. Tel le botaniste Carl Von Linné, Willan observe chaque maladie de peau de l’œil du scientifique cherchant à classer chacune d’elle selon un ordre et un genre particulier. Ses yeux… il ne les a pas dans sa poche, ce médecin en l’honneur de qui Crissey et Parish ont proposé dans les années 1980 de créer l’expression « Willan eye » pour traduire l’acuité visuelle particulière de certains médecins experts des pathologies cutanées particulièrement visionnaires dans leur domaine (Rudolf Happle, Karl Holubar, An eye for an eye…., Journal of Investigative Dermatology, 120, 5, 2003, Pages 893-894). Ce fils de Quaker n’est pas seulement adepte du rangement par catégorie, il se fait l’élève de Lao Tseu qui considère que tout bon travail s’organise autour d’un lexique. Pour ce faire, il va s’appliquer à donner une définition précise pour chaque type de lésion (Amanda Swank, Andrzej Grzybowski, Lawrence Charles Parish, Robert Willan: A Quaker physician who founded the morphologic approach to modern dermatology, Clinics in Dermatology, 29, 5, 2011, Pages 567-570).

D’autres auteurs se sont, bien sûr, chargés avant lui d’énumérer les lésions qui peuvent siéger sur la peau – c’est le cas, par exemple, de Joseph Plenck (Doctrina de Morbis Cutaneis – 1776) qui arrive à concentrer 150 pathologies cutanées différentes en seulement 14 catégories, chacune d’elle étant caractérisée par un type de lésion (macule, pustule, vésicule, bulle, papule, croûte, squame, callosité, excroissance, ulcère, blessure, piqûre d’insecte) ou un type de phanère (ongle, cheveu), l’apport de Willan consiste en la mise en place d’une classification scientifique. De 1798 à 1808, Willan se consacre à la publication d’un ouvrage d’envergure intitulé sobrement « Pathologies cutanées » comportant 4 volumes. En 566 pages et 36 planches de couleur, Willan transporte son lecteur dans un univers rationnalisé où les lésions se rangent en ordres (papules, squames, exanthèmes, bulles, pustules, vésicules, tubercules, macules, excroissances cutanées), en genres et en espèces. Cette classification présente des inconvénients ; on ne sait où placer une maladie cutanée se traduisant pas des lésions susceptibles d’évoluer. En outre différents agents peuvent être à l’origine de lésions identiques… Willan propose un compte-rendu médical concernant le psoriasis qu’il nomme, comme au temps jadis, « lepra graecorum » ; il propose un traitement topique à base de goudron. Il voit également dans les conditions climatiques une cause possible à cette pathologie. Froid et humidité semble à redouter. L’on associera pendant quelque temps son nom à celui du psoriasis que l’on nommera « lèpre de Willan ».

Avant que Robert Willan ne clarifie la situation au sujet du psoriasis, on trouve dans la littérature des descriptions de cette pathologie. Si un diagnostic n’est pas alors clairement posé, les éléments cliniques nous permettent d’évoquer des cas de psoriasis.

Benjamin Franklin (1708 - 1790) est l’un de ces exemples. En 1777 et en 1778 il réalise une description scrupuleuse des lésions observées. C’est à son ami, le médecin, Sir John Pringle (1707 – 1782) qui fut à plusieurs reprises son compagnon de voyage qu’il confie son inquiétude face à ces lésions récidivantes. Tel un médecin du XXe siècle qui complète un carnet médical, Benjamin Franklin s’astreint à présenter la chronologie des faits et à mentionner les traitements qui lui ont été prescrits. C’est à la troisième personne qu’il choisit de rédiger le document semblant s’observer dans une glace pour donner la description la plus juste possible.

En 1777, Benjamin Franklin résume ce qu’il ressent depuis trois ans. Tout a commencé lorsqu’il a vu apparaitre sur sa tête une petite lésion recouverte de squames sèches. Eliminées régulièrement par grattage (la squame laisse place à une lésion suintante), les squames reviennent systématiquement. Ceci se prolongeant plusieurs mois, il en vint à prendre conseils auprès de Sir John Pringle qui conseilla de mouiller les parties lésées avec de l’eau et de prendre par voie orale des pilules de Belloste. Par parenthèse, ces pilules mises au point en 1681 par le chirurgien Augustin Belloste sont des pilules mercurielles multi-usages. On les utilise aussi bien pour traiter une maladie vénérienne, une dermatose, une tumeur, un calcul urinaire que comme vermifuge ou comme médicament visant à augmenter les forces et l’embonpoint (Le Minor J-MA, Clair P., Augustin Belloste (1654-1730), de la chirurgie militaire à la thérapeutique mercurielle, Revue d'Histoire de la Pharmacie, 2001, 331, Pages 369-380). Avec une telle panacée nous ne serons pas étonnées d’apprendre qu’une amélioration s’ensuivit … mais les lésions revinrent, par la suite, en d’autres endroits de la tête. Durant l’année 1775, l’affection s’est répandue à l’ensemble du crâne. Les squames, parfois entraînées lors du passage du peigne dans les cheveux, se reconstituent sans cesse. En 1776, la pathologie s’aggrave. Bras, dos, cuisses et jambes sont le siège de lésions gênantes qui démangent parfois extrêmement. Le grattage permet aux squames de s’éliminer ; il entraîne également le saignement des lésions. Pilules et infusions de végétaux permirent alors de contenir l’évolution de la maladie. Si elle ne régressa pas complètement, elle ne s’étendit pas non plus. Le traitement qui est, par la suite, imposé à Benjamin Franklin consiste en la pratique d’un bain chaud – un bain qui peut durer jusqu’à deux heures – et qui permet d’éliminer les squames en douceur… L’observation des squames semble indiquée qu’elles sont formées de la superposition de pellicules fines de peau de couleur blanche. Au fil du temps, les lésions s’estompent à l’exception de celles présentes au niveau du dos et du côté.
En janvier 1779, s’il se juge toujours fort et vigoureux (autant de son âge lui permette), Benjamin Franklin souffre toujours de lésions squameuses au niveau du dos.

En 1780, il fait le même constat énumérant les zones de peau lésées : le bras gauche, la zone de peau située sous les seins, le bas du dos, les mains…

Le Dr William Falconer (1744 – 1824) a également réalisé une description de cette pathologie cutanée. C’est le 23 mars 1789 que le Dr Falconer s’est exprimé devant la Medical Society de Londres. Il s’adresse à un public qui lui est acquis. Rappelons qu’il a obtenu, quelques années auparavant, une médaille d’or pour son exposé concernant l’influence des passions sur les pathologies. Son exposé sur la « Lèpre grecque » débute par un constat étonnant. Bien que cette pathologie soit loin d’être inconnue en Angleterre elle est très rarement décrite par les médecins. Cette « lèpre » se présente sous forme de larges taches présentes sur la peau ; celles-ci sont généralement de forme ronde ou elliptique et apparaissent préférentiellement sur certaines parties du corps, mais également sur les jambes, les bras, le front et la poitrine. De la taille d'un shilling ou couvrant une superficie d’une main, les lésions sont dans un premier temps de couleur rouge puis progressivement blanches. La présence de squames est remarquée. Elle est plus ou moins prononcée selon les sujets. Cette éruption possède un relief plus ou moins important (parfois un demi-pouce d’épaisseur). Le Dr Falconer qui affirme avoir trouvé les causes de cette maladie (le contact du froid apporté sous forme topique ou par voie orale avec le corps humain chaud) est également certain d’avoir découvert le remède adéquat. La solution est la pratique de bain réalisé avec l’eau de Bath ; elle permet dans un grand nombre de cas d’effacer toute trace de la maladie. Toutefois, celle-ci n’est pas définitivement enrayée… Des lésions peuvent survenir à nouveau des années plus tard. C’est pour cette raison que l’on emploie le terme de patients « nettoyés » et non de patients « guéris ». Rien n’est préférable à l’eau de Bath aux yeux du Dr Falconer ; les traitements systémiques à base de calomel, de mercure, d’antimoine, de soufre sont balayés d’un revers de main. En cela, le médecin est certainement bien inspiré ! En dehors de l’eau de Bath ce sont les pommades au goudron qui semblent remporter l’adhésion de Falconer. Si l’on suit les conseils du Dr Falconer… Il faudra se baigner deux à trois par semaine – ceci reste à adapter en fonction de l’âge, des forces et des circonstances – pendant plusieurs semaines pour voir les fruits du traitement c’est-à-dire une diminution des démangeaisons et une desquamation aboutissant à une peau « plus douce et plus souple ». Les bons effets de la balnéothérapie sont secondés par l’administration de pintes d’eau quotidiennes permettant une transpiration « facile et douce ». Falconer, pionnier des études cliniques, fait état des bons résultats obtenus à l’hôpital de Bath (Bath General Hospital) entre le premier juin 1771 et le premier juin 1775. Sur 82 patients admis pour psoriasis, 52 ont été « nettoyés » de leur pathologie, 24 ont vu leur état s’améliorer, 1 est décédé de la petite vérole (Falconer en dénie toute responsabilité !). Deux patients ont été écartés du fait d’un manque d’observance et 4 autres sont passés à l’as (ils n’ont fait l’objet d’aucune mention dans le registre qui vise à suivre l’évolution des patients) (Jean De Bersaques, Two pre-Willan descriptions of psoriasis, Clinics in Dermatology, 30, 5, 2012, Pages 544-547).

Reste enfin à statuer sur le cas de Jean-Paul Marat, révolutionnaire célèbre qui finit sa vie dans une baignoire. Fils de Jean Mara, artiste et/ou professeur de langues (?) et de Louise Cabrol, petit-fils d’un perruquier, Jean-Paul naît le 24 mai 1743 à Boudry dans le canton de Neuchâtel ; à 16 ans il part à Bordeaux et ajoute un « t » à la fin de son patronyme… Le jeune homme a la bougeotte et franchit rapidement la Manche où il acquiert un bagage médical. Un petit passage en Hollande et le voilà à Paris au chevet de Mme de Laubespine, une dame de qualité souffrant de tuberculose pulmonaire. Pommade à base d’amande et de salpêtre, laxatif, quinine, baume du Pérou, ambre gris dans du lait de vache… tout y passe… et la maladie avec ! Mme de Laubespine est guérie… Vive Marat. C’est d’ailleurs sur recommandation de la « miraculée » que le Dr Marat obtient le poste de médecin des gardes du corps du comte d'Artois le 24 juin 1777 ce qui lui permet de s’établir dans un luxueux appartement du faubourg Saint-Germain. Jean-Paul Marat est jalousé de ses confrères et en ressent un vif mécontentement au point de souhaiter se consacrer à la recherche et d’abandonner sa clientèle. En 1784, le Dr Marat quitte ce poste lucratif et se dilue dans la nature. Il est alors difficile de suivre ses mouvements… On le retrouve emprisonné pour dette durant un temps à Bristol. En janvier 1788 il est à nouveau à Paris et au pied des murs de la Bastille le 14 juillet 1789. Il nourrit une haine vis-à-vis des académies qui émettent des doutes quant à la véracité des théories (théorie concernant la lumière entre autres) qu’il professe… Il s’en prend à ceux-ci dans un pamphlet nommé « Les charlatans modernes ». Député de la Montagne et journaliste au caractère violent, Jean-Paul Marat est passé à la postérité grâce à Charlotte Corday, à sa baignoire et à sa pathologie cutanée.

Celle-ci débute approximativement selon les auteurs vers 1788 ou 1790 et se traduit par des démangeaisons intenses dans la région de l’aine et du scrotum. Le grattage réalisé avec des ongles de propreté douteuse aboutit à un phénomène de surinfection. Le prurit est intense ; pour l’apaiser seuls des bains prolongés semblent efficaces. Ses contemporains le croient affecté de la lèpre. Le député François Chabot témoigne de l’aversion ressenti par ses collègues : lorsqu’il pénètre à l’Assemblée tout le monde s’écarte de lui et s’il a le malheur de toucher l’épaule d’un autre député il doit entendre des exclamations du type « Ne me touchez pas ! ». Un teint plombé, un visage défiguré par des croûtes et des plaies, des cheveux gras clairsemés, une barbe à moitié rasé… Marat ne respire pas « la propreté » (Lisa Carolyn Murphy, The itches of Jean-Paul Marat, Journal of the American Academy of Dermatology, 21, 3, Part 1, 1989, Pages 565-567).

De nombreux diagnostics ont été posés a posteriori. On a évoqué un eczéma (mais cette pathologie est aggravée par la réalisation de bains prolongés), un prurit sénile lié à une sécheresse cutanée (mais Marat n’a même pas la cinquantaine au début de sa maladie), une dermatite herpétiforme (Anonyme, Jean-Paul Marat, The Lancet, 214, 5532, 1929, Page 533), une gale (son traitement est pourtant connu à l’époque), une dermatite séborrhéique ou bien encore un psoriasis. Ce qui est sûr c’est que c’est un homme affaibli par la maladie qui succombe sous la lame de Charlotte Corday ; l’autopsie révélera qu’il souffre de pleurésie (Bayon H.P., The Medical Career of Jean-Paul Marat, Proc R Soc Med., 1945, 39, 1, 39-44).

Comme nous avons pu le constater le psoriasis est une pathologie très ancienne qui a fait couler beaucoup d’encre et qui a constitué une énigme pendant très longtemps pour un grand nombre de médecins. Considérés véritablement comme des lépreux « intouchables » les sujets atteints de cette pathologie sont tenus à l’écart de leurs semblables par peur de la contagion, une contagion qui n’existe pas.

Un grand merci à Jean-Claude A. Coiffard, poète et plasticien, pour cette évocation d'un célèbre patient psoriasique, mort dans une baignoire !






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