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La Eight hour cream d'Elizabeth Arden... un cosmétique de cheval !

> 15 janvier 2019

La Eight hour cream d'Elizabeth Arden... un cosmétique de cheval !

On connait tous le « remède de cheval », ce médicament violent, plus violent peut-être même que la pathologie à traiter. On ne connait pas tous, en revanche, le cosmétique de cheval, né de l’imagination fertile d’une certaine miss Arden.

Au tout début des années 1930, Florence Nightingale Graham, alias Elizabeth Arden, met sur le marché la Eight hour cream. Cette crème - qui en réalité n’en est pas une du point de vue galénique - ressemble fort à la graisse à traire appliquée dans un but protecteur sur le pis des vaches.1 Miss Arden s’y connait mieux en cheval qu’en vache ; elle sait le secret des champions... une bonne couche de pommade bien grasse au niveau des sabots... Il n’y a plus alors qu’à se laisser glisser jusqu’à la ligne d’arrivée.

Un bon cosmétique mérite une belle histoire. Il ne reste plus qu’à se mettre à en tricoter une de qualité. Tout d’abord pourquoi « Eight hour cream » ? Réponse : tout simplement parce qu’une jeune mère s’en servit de cicatrisant pour le genou écorché de son fils. Huit heures après, il n’y paraissait plus rien. La formule est pourtant fort simple (vaseline, acide salicylique et vitamine E sont les ingrédients-phares !) et reste encore aujourd’hui inchangée, si l’on en croit le site de la marque.

La formule est effectivement simple et fait la part belle aux sous-produits de la chimie des pétroles (vaseline, paraffine liquide) ; effet occlusif anti-déshydratant garanti donc. La lanoline, bien que ne faisant pas partie de la liste des allergènes à déclaration obligatoire sur l’emballage, est considérée comme un ingrédient allergisant (prévalence de 2 % environ). Mieux tolérée lorsque la peau est saine, la lanoline devra être évitée chez le sujet atopique.2 On notera l’absence d’eau dans la formule. On se trouve face à une pommade grasse. Cités après le parfum, donc présents à (toutes) petites doses, on trouve de l’huile de ricin (filmogène), une huile végétale (vegetable oil) dont le nom est soigneusement tenu secret (bizarre !), des antioxydants (tocophérol et BHT), un conservateur antimicrobien, le phénoxyéthanol (le milieu anhydre n’est pourtant pas favorable au développement de microorganismes) et des oxydes de fer.

Cette crème (non ce n’est pas une crème !) est plébiscitée par les stars du monde entier ; elle fait tout...

Son prix qui oscille entre 35 et 40 euros les 50 mL est un prix de star. La plupart des graisses à traire sont beaucoup moins chères (environ 4 euros les 150 mL).

Il n’y a pas à dire... entre le champ de course et le champ tout court, il y a une belle différence. Quitte à paraître rosse (c’est de circonstance !) nous préférons faire nos courses à budget plus serré. Pour former une barrière au niveau cutané, nous nous rêverons fermières et laisserons le prix de Diane aux personnes « nées coiffées » !

Bibliographie

1 https://www.regard-sur-les-cosmetiques.fr/nos-regards/la-graisse-a-traire-hier-142/

2 https://www.regard-sur-les-cosmetiques.fr/nos-regards/nivea-baby-sans-soucis-188/

Composition

Eight hour cream Elizabeth Arden : PETROLATUM, LANOLIN, MINERAL OIL/PARAFFINUM LIQUIDUM/HUILE MINERALE, CAPRYLYL GLYCOL, PARFUM/FRAGRANCE, RICINUS COMMUNIS (CASTOR) SEED OIL, SALICYLIC ACID, TOCOPHEROL, VEGETABLE OIL/OLUS/HUILE VEGETALE, ZEA MAYS (CORN) OIL, BHT, CITRAL, CITRONELLOL, GERANIOL, LIMONENE, LINALOOL, PHENOXYETHANOL, IRON OXIDES (CI 77491, CI 77492).

 

 

 






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