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Hidrosis de Ducray, Doukipudonkpu !

> 19 octobre 2018

Hidrosis de Ducray, Doukipudonkpu !

En 1947, Raymond Queneau séduit ses lecteurs de 99 façons différentes. Partant d’une situation vécue quotidiennement par tous ceux qui usent des transports en commun, l’auteur va utiliser tout son talent pour transformer une simple bousculade en un exercice de style éblouissant. Qui dit transport en commun, dit attente en plein soleil lorsque les beaux jours arrivent... Qui dit transport en commun dit parfums mêlés... N’oublions pas que la première phrase (comprimée - contractée à la manière d’un César d’honneur) de « Zazie dans le métro » n’est autre qu’une réflexion de Gabriel qui attend patiemment sa nièce sur le quai de la gare d’Austerlitz : « Doukipudonktan » !1

Les odeurs corporelles constituent, pour Raymond Queneau, un thème de choix. Dans l’autobus, on peut sentir « une certaine perspiration de galon tressé, une certaine âcreté de rogne, une certaine puanteur lâche et constipée » tellement caractéristiques que lorsqu’on les recroise à nouveau un peu plus tard dans la journée on les reconnaît parfaitement.

Lorsque l’on attend le bus en plein midi par une belle journée, il n’est pas étonnant de transpirer. Une jeune coquette vêtue « d‘une petite robe en cretonne de ma petite couturière qui me fait des prix » se félicite de s’être badigeonnée les dessous de bras d’Odorono, l’anti-transpirant à la mode.2,3

Si le flacon à bille Odo-Ro-No n’est plus disponible actuellement, on trouve, en revanche, toujours sur le marché, un très grand nombre de références d’anti-transpirants. Le distinguo entre déodorant et anti-transpirant n’est pas toujours clair ; on découvre ainsi de nombreux « déodorants » qui sont, en réalité, des anti-transpirants, pour peu que l’on se penche attentivement sur leurs compositions.

Les laboratoires Ducray, quant à eux, sont très précis. Les produits « Hidrosis control » sont des anti-transpirants très utiles pour qui souffrent d’hyperhidrose, c’est-à-dire de transpiration excessive.

Deux formes galéniques sont à disposition : une émulsion et une solution.

L’émulsion est de composition très simple. La phase aqueuse renferme de l’eau, des humectants (1,2-hexanediol, propylene glycol) et un adaptateur de pH (citric acid). La phase lipophile est composée d’un alcool gras (cetearyl alcohol), d’une silicone (dimethicone). Les tensioactifs choisis (ceteareth-20, glyceryl stearate et PEG-100 stearate) sont des tensioactifs non ioniques bien tolérés. Le sel d’aluminium incorporé permet de réduire l’écoulement de la sueur, en réduisant la taille du pore par où celle-ci s’écoule... Le ricinoléate de zinc qui lui est associé possède une action désodorisante. Il possède, en effet, une très forte affinité pour les molécules organiques de faible poids moléculaire, celles-là même qui sont volatiles et dotées d’odeurs peu agréables. Il est capable de les piéger, limitant ainsi le développement des odeurs corporelles. Cette crème agit donc de différentes façons, permettant à la fois de réduire le volume de sueur émise ainsi que les odeurs associées. Confort olfactif garanti dans les transports en commun et sur les lieux de travail !

En ce qui concerne le roll on, la solution en question renferme sel d’aluminium, humectant et tensioactifs. Le principe d’action est un effet irritant ; on s’irritera donc peu de la présence de chlorure de cétrimonium, lui-même irritant (nous avons eu l’occasion de dénoncer sa présence de nombreuses fois dans un grand nombre d’eaux micellaires). Les actifs associés sont nombreux. Le BHT permet de lutter contre les odeurs liées à la sueur de stress de composition lipidique. L’amidon de riz absorbe sueur et odeur. Le triéthyl citrate, la valeur montante dans le domaine de la maîtrise des odeurs corporelles, est bien présent. Cet inhibiteur d’enzyme permet d’éviter la dégradation des triglycérides en molécules malodorantes. Le ricinoléate de zinc complète la formule. Celle-ci est une véritable arme anti-odeur !

Lorsque l’on prévoit « une attente gratinée sous un soleil au beurre noir » ou bien « une attente infecte sous un soleil ignoble » ou bien encore lorsque l’on risque de faire « le poireau sous un tournesol merveilleusement épanoui » et que l’on prévoit de se glisser dans « un autobus tout gonflé de voyageurs », il est sans doute prudent d’utiliser ce type de produits si l’on sait que l’on a tendance à l’hyperhidrose. Il est civique de respecter le tarin de son voisin !

Bibliographie

1 Queneau R., Zazie dans le métro, Editions France Loisir, 2013, 252 pages
2 Queneau R., Exercices de style, Club des libraires de France, 1956, 175 pages
3 https://www.regard-sur-les-cosmetiques.fr/nos-regards/quand-le-roll-on-s-appelait-flacon-a-bille-189/


Compositions


Hidrosis control crème mains et pieds : WATER (AQUA), CETEARYL ALCOHOL, ALUMINUM SESQUICHLOROHYDRATE, 1,2-HEXANEDIOL, CETEARETH-20, TRIETHYL CITRATE, CITRIC ACID, DIMETHICONE, GLYCERYL STEARATE, LYSINE, PEG-100 STEARATE, PROPYLENE GLYCOL, ZINC RICINOLEATE.

Hidrosis control roll on aisselles : WATER (AQUA), ALUMINUM SESQUICHLOROHYDRATE, PENTYLENE GLYCOL, PPG-15 STEARYL ETHER, STEARETH-2, STEARETH-21, DIMETHICONE, BHT, CETRIMONIUM CHLORIDE, CITRIC ACID, LYSINE, ORYZA SATIVA (RICE) STARCH (ORYZA SATIVA STARCH), PROPYLENE GLYCOL, SCLEROTIUM GUM, TRIETHYL CITRATE, ZINC RICINOLEATE.






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