Nos regards
C’était « Naturellement chimique », hier soir, au Palais de la découverte !

> 24 janvier 2019

C’était « Naturellement chimique », hier soir, au Palais de la découverte !

Réunissez Patrice Revillard, un parfumeur-poète, co-fondateur de MAELSTROM, blogueur plein de talent à l’adresse impérative de « Musque moi… si tu peux » (https://musquemoi.com/), Jacques Vaillant, Consultant en parfumerie spécialiste de la formulation et de la réglementation des parfums, Patricia Pineau, rédactrice en chef du journal « L’actualité chimique » et spécialiste du domaine cosmétique via son activité antérieure au sein de la société L’Oréal et Laurence Coiffard. Mettez-les autour d’une table à l’instigation de Jean-Michel Lefour et Andrée Marquet (Fondation de la maison de la chimie - « Chimie et Société ») dans le cadre prestigieux du Palais de la Découverte à Paris. Demandez à Guillaume Tixier, journaliste scientifique, d’animer le débat. Il en sortira des informations utiles et pratiques pour un public qui ne tarit pas de questions. Pour donner le « la », rappelons que Guillaume Texier indique, d’entrée de jeu, que l’INC et Que Choisir n’ont pas souhaité participer au débat pour des raisons diverses et variées. Dommage !

C’est avec la fiche analytique de l’huile essentielle de lavande que Jean-Michel Lefour lance le débat, en pointant du doigt malicieusement le linalol, un allergène bien connu des cosmétologues et de certains consommateurs avertis. Ce linalol, molécule CHIMIQUE, présente dans une huile essentielle obtenue à partir d’un VEGETAL (rien de plus NATUREL donc) susceptible d’engendrer un phénomène d’intolérance chez l’Homme permet de remettre d’emblée les pendules à l’heure. Attention à ne pas tomber dans le panneau. Tout est CHIMIQUE. Le linalol et les nombreuses molécules qui composent l’huile essentielle de lavande ont des noms bizarres (vous avez dit naturellement ou chimiquement bizarre ?) qui n’ont rien de bien naturel. Si un organicien se délecte avec le (Z)-bêta-ocimène, il est bien le seul !

Un peu – beaucoup - de poésie avec Patrice Revillard qui nous fait découvrir son métier de parfumeur, entre création artistique et rigueur scientifique. Ce façonnier qui vous composera le parfum de vos rêves à l’aide d’ingrédients naturels – il fait alors l’éloge de la trace qui donne l’identité à un mélange trop bien ordonné - ou de synthèse – il fait alors l’éloge des ingrédients purs, peu coûteux, permettant d’innover en créant des odeurs nouvelles, des sensations nouvelles, ne manque pas de lyrisme pour évoquer son quotidien.

Un peu – beaucoup - de rigueur avec Jacques Vaillant qui, appelant à la rescousse l’IFRA, des Directives et des Règlements, nous parle réglementation des matières premières parfumantes. Substances interdites, substances autorisées avec certaines restrictions sont passées au peigne fin par cet ancien enseignant de l’ISIPCA. Il faut s’attendre à voir s’allonger la liste des 26 allergènes (qui au passage ne sont plus que 25 du fait de l’interdiction du Lyral), 56 est-ce que cela vous dit ? Bonjour les dégâts en matière d’étiquetage des emballages cosmétiques.

Un peu – beaucoup – de passion avec Laurence Coiffard qui fait la part des choses entre une peur irraisonnée des cosmétiques (cosmétophobie) et une trop grande confiance en ceux-ci. Un petit tour du côté des solaires car c’est tout de même son cheval de bataille. Ne pas utiliser le terme « filtres chimiques », mais préférer le terme « filtres organiques » ; ne pas opposer filtres minéraux (naturels) et filtres organiques en mettant les uns sur un piédestal et en diabolisant les autres.

Un peu – beaucoup – de communication scientifique avec Patricia Pineau qui précise que certains laboratoires (suivez mon regard) réalisent un très grand nombre de tests avant la mise sur le marché de leurs produits et ce en réalisant des tests sur différents types de peau afin de s’adapter au mieux à chaque situation. Cosmétiques toxiques ? Oui, c’est possible, en cas de mésusage (un rouge à lèvres utilisé comme fard à paupière, un produit de teinture capillaire laissé un temps infini sur les cheveux, un produit solaire appliqué sur les cheveux pour préserver leur couleur et non sur la peau…). Le dioxyde de titane, toxique ? Les tests le prouvent, on n’observe pas de pénétration au-delà des couches supérieures de l’épiderme. Les cosmétiques, des polluants ? L’expédition Tara fournit des résultats qui sont loin d’être aussi alarmistes que tout ce que l’on peut entendre.

Suit une pluie de questions sur la toxicité des cosmétiques, les perturbateurs endocriniens, les tests réalisés sur animaux, les allégations portant sur certaines pathologies (l’acné rosacée par exemple), l’utilité des filtres UV et leur présence dans les produits du quotidien, l’effet cocktail, le fait-maison (DIY), l’intérêt des produits bio

Il est déjà 20h30 et il faut se quitter…

On l’aura tous compris, tout est naturellement chimique et ce n’est vraiment pas si grave que cela !






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