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Nivea sun anti-brillance, non au mélange des genres !

> 28 juin 2018

Nivea sun anti-brillance, non au mélange des genres ! Quel que soit le domaine (donc dans le domaine cosmétique !) le mélange des genres n’est pas souhaitable. Les produits 2 en 1 sont plus séduisants intellectuellement qu’efficaces d’un point de vue pratique. On se souvient de ce produit solaire amincissant qui a fait rêver plus d’une femme l’espace d’un été. Bronzer, mincir. Mincir et bronzer : le rêve ! A base de caféine (qui doit pénétrer jusqu’à l’hypoderme pour être efficace) et de filtres UV (qui doivent rester au niveau de la couche cornée pour être efficaces), l’excipient ne savait plus où donner de la tête ! La vie de ce produit fut brève et c’est très bien ainsi.

Nivea nous fait une proposition alléchante cet été : protéger notre visage des rayons UV, tout en luttant contre l’effet de brillance observé en cas de peau grasse.

Pour ce faire, le groupe Beiersdorf a développé un excipient riche en alcool. Suivent un nombre raisonnable de filtres UV (butyl methoxydibenzoylmethane, ethylhexyl salicylate, bis-ethylhexyloxyphenol methoxyphenyl triazine, ethylhexyl triazone, phenylbenzimidazole sulfonic acid). Les corps gras végétaux sont bannis de la formule. C’est très bien. De l’amidon absorbe l’excès de sébum. C’est parfait. Un extrait de réglisse qui convient parfaitement pour adoucir la peau n’a, en revanche, rien à faire ici. Tous les ingrédients qui interfèrent avec la survenue du coup de soleil, sans exercer d’effet filtrant doivent être soigneusement écartés des formules. En fin de liste, l’énumération des allergènes est longue… dommage !

Passons au laboratoire. Un SPF de 32 confirme la valeur affichée sur l’emballage. Un facteur de protection UVA de 17 (ratio SPF/FP-UVA = 1,88) témoigne d’un effet protecteur vis-à-vis des UVA. Après deux heures en simulateur solaire, la perte d’efficacité dans le domaine UVB est de 66 %. Après deux bains successifs de 20 minutes chacun, la perte d’efficacité dans le domaine UVB est de 53 %.

Même s’il existe quelques publications faisant état d’un effet photo-stabilisateur de l’alcool (Srei Pisei Huong, Emmanuelle Rocher, Jean-Dominique Fourneron, Laurence Charles, Véronique Andrieu, Photoreactivity of the sunscreen butylmethoxydibenzoylmethane (DBM) under various experimental conditions, Journal of Photochemistry and Photobiology A: Chemistry, 196, 1, 2008, Pages 106-112) (Jutta Kockler, Michael Oelgemöller, Sherryl Robertson, Beverley D. Glass, Photostability of sunscreens, Journal of Photochemistry and Photobiology C: Photochemistry Reviews, 13, 1, 2012, 91-110), les sociétés formulant des produits de protection solaire doivent s’ôter cette idée fausse de la tête. Les tests réalisés dans notre laboratoire le montrent… ce n’est pas la présence d’alcool dans une formule qui garantit la photo-stabilité du mélange filtrant ! Alors sachons-nous en passer…

Ce produit n’est pas unique en son genre ; avec allégation anti-brillance ou non, les produits de protection solaire à base d’alcool n’ont rien à faire sur le marché, on ne peut que le dire et le répéter.

Nivea Sun UV Face anti-brillance 0% sensation collante SPF 30 : Aqua, alcohol denat, butyl methoxydibenzoylmethane, ethylhexyl salicylate, butylene glycol, dicaprylate/dicaprate, C12-15 alkyl benzoate, bis-ethylhexyloxyphenol methoxyphenyl triazine, dibutyl adipate, ethylhexyl triazone, phenylbenzimidazole sulfonic acid, silica, cyclomethicone, tapioca starch, behenyl alcohol, cetearyl alcohol, methylpropanediol, glycerin, glycyrrhiza inflata root extract, tocopheryl acetate, sodium stearoyl glutamate, xanthan gum, carbomer, acrylates/C10-30 alkyl acrylate crosspolymer, dimethicone, sodium chloride, sodium hydroxide, trisodium EDTA, ethylhexylglycerin, phenoxyethanol, linalool, limonene, benzyl alcohol, alpha-isomethyl ionone, geraniol, citronellol, coumarin, parfum.






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