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Le faucon de Malte, des bulles de savon, des produits de beauté et des pellicules pour roman policier à succès

> 03 février 2018

Le faucon de Malte, des bulles de savon, des produits de beauté et des pellicules pour roman policier à succès « Le faucon de Malte » (Dashiell Hammet, 1930) est classé à la dixième place des meilleurs romans policiers au monde par la Crime Writers' Association (https://fr.wikipedia.org/wiki/Les_Cent_Meilleurs_Romans_policiers_de_tous_les_temps).

Nous avons déjà eu l’occasion de montrer que les produits cosmétiques qui sont présentés comme les N°1 mondiaux ne sont pas les meilleurs (https://www.regard-sur-les-cosmetiques.fr/nos-regards/deodorant-rexona-n-1-dans-le-monde-sans-doute-mais-pas-pour-nous-356/ ; https://www.regard-sur-les-cosmetiques.fr/nos-regards/shampooings-head-shoulders-n-1-dans-le-monde-sans-doute-mais-pas-pour-nous-409/).

Ce qui est vrai dans le domaine cosmétique peut également l’être dans d’autres domaines.

Si le roman « Le faucon de Malte » est considéré, par un grand nombre d’amateurs du genre, comme un véritable chef-d’œuvre, pour notre part, nous ne sommes pas de cet avis.

La plus grande confusion règne dans ce roman ennuyeux qui n’a réussi à nous sortir de notre somnolence que durant trois courts passages.

Sam Spade, le détective privé qui va passer l’ensemble du roman à rechercher un fabuleux trésor, le faucon de Malte, fait preuve d’imagination et de détermination. Il est bien décidé à mettre la main sur le trésor et réalise une fouille minutieuse des endroits où son flair le mène. « Il enfonça une fourchette dans les boîtes de poudre et les pots de crème posés sur la coiffeuse. Il étudia par transparence le contenu des bouteilles et des vaporisateurs, examina la vaisselle, les casseroles, la nourriture et tous les récipients contenant des denrées alimentaires, vida la boîte à ordures sur un journal étendu. » L’auteur, Dashiell Hammet, considère le cosmétique comme une cachette intéressante. Agatha Christie sera, quant à elle, plus audacieuse, puisqu’elle lui fera jouer le rôle d’arme du crime dans trois de ses romans. Un onguent à base d’acide picrique (L’affaire Prothéro, 1930), une préparation pour massage empoisonnée (La mort n’est pas une fin, 1945) et une crème à raser à base de sulfate d’atropine (Les écuries d’Augias, 1969) sont autant d’armes fatales. C’est sans parler du vernis à ongles Nailex, véritable pivot de « Mort sur Nil » (1937) ou du parfum « Gabrielle n°8 » qui embaume les pages de son roman « Les vacances d’Hercule Poirot » (1941) (C. Couteau & L. Coiffard, Dictionnaire égoïste des cosmétiques, Edilivre, 2016, 244 pages).

Dans « Le faucon de Malte », Sam Spade n’est pas seul sur la piste et un autre personnage, Casper Gutman, est également à la recherche du trésor. Etre sans foi ni loi, son extérieur est à l’image de son âme. Gutman est adipeux et monstrueux. Alors que Dashiell Hammet commence sa description en utilisant des termes qui rappellent les caractéristiques de certains gels alimentaires ou de certaines gelées cosmétiques, il l’achève en soufflant des bulles de savon dont la légèreté contraste avec la lourdeur du personnage qu’il vient de décrire. « Spade entra : une espèce d’éléphant vint à sa rencontre. Des boursouflures adipeuses défiguraient ses joues roses, ses lèvres, sa bouche et son menton. Son ventre débordait sur son torse comme un œuf énorme, et ses jambes et ses bras pendaient comme de grosses pommes de pin. Il s’avança vers Spade. Toutes les boursouflures de sa figure se mirent à bouger, à trembloter à chaque pas comme une grappe de bulles de savon encore accrochées au chalumeau. Entre deux bourrelets de graisse brillaient ses yeux noirs et porcins. »

L’avocat de Spade, Sid Wise, est caractérisé, quant à lui, par un capillaire abritant une flore particulièrement riche en levures de genre Malassezia. Ceci se traduit concrètement par une production importante de pellicules sèches qui tombent comme feuilles en automne. « Wise observait Spade d’un air intéressé, tout en passant une nouvelle fois la main dans les cheveux, ce qui eut pour effet de faire tomber d’autres pellicules sur ses
épaules. »

Une intrigue mince, des longueurs, peu d’allusions cosmétiques... non, vraiment « Le faucon de Malte » ne vaut pas le détour !






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