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Le couvre-chef, un moyen de photo-protection à privilégier

> 22 mai 2018

Le couvre-chef, un moyen de photo-protection à privilégier Avant que les premiers produits topiques de photo-protection ne voient le jour, l’on se protégeait du soleil avec des moyens physiques. Ombrelles, chapeaux, casquette portés à la main ou sur la tête permettent de mettre le visage à l’abri des rayons du soleil.

Les paysannes se protègent à l’aide de leur coiffe. La Vendéenne, qui travaille courbée vers la terre, n’oublie pas de mettre sa quichenotte pour protéger sa nuque du soleil. Les femmes des classes aisées veillent à préserver la blancheur de leur teint à l’aide d’ombrelles qui constituent de véritables accessoires de mode (https://www.regard-sur-les-cosmetiques.fr/nos-regards/emma-bovary-une-accro-aux-cosmetiques-377/). Si le commun des mortels attend l’hirondelle pour preuve du printemps qui arrive (https://www.regard-sur-les-cosmetiques.fr/nos-regards/si-l-hirondelle-ne-fait-pas-le-printemps-elle-fait-parfois-le-cosmetique-544/), le poète se réjouit des ombrelles qui fleurissent dès que les beaux jours reviennent. Théodore de Banville sourit au printemps en voyant des forêts d’ombrelles se déplier sous ses yeux au « Premier soleil » ; Rainer Maria Rilke s’éprend d’une « passante d’été » qui semble jouer avec la lumière comme avec son cœur ; le jeune Victor Hugo dont la joue est à peine couverte d’un « blond duvet » maraude un baiser en prenant le manche de l’ombrelle d’une cueilleuse de pervenche (Toute la vie d’un cœur).

N’est pas poète qui veut… Le dermatologue ne voit pas dans le chapeau un accessoire de mode charmant, il y voit un moyen de photo-protection dont il se hâte d’évaluer les capacités. Pour cela, il sort son mètre-ruban et détermine avec précision les caractéristiques du chapeau étudié.

Il nous dit à ce sujet : « Les chapeaux et les visières offrent une certaine protection pour la tête et le cou. On observe des résultats différents du point de vue du niveau de protection solaire atteint en fonction de la largeur du bord, des matériaux et du tissage. Les chapeaux et les visières protègent le front et le nez dans une certaine mesure. Dans le cas des chapeaux à petits bords (moins de 2,5 cm), un SPF de 1,5 est obtenu pour le nez ; le menton et le cou ne sont que peu ou pas protégés. Les chapeaux à bords moyens (de 2,5 à 7,5 cm), comme les casquettes de baseball, permettent d’atteindre un SPF de 3 en direction du nez et un SPF de 2 en ce qui concerne les joues et le cou ; le menton reste non protégé. Avec des chapeaux à larges bords (supérieurs à 7,5 cm), la protection est assurée pour le nez (SPF de 7), pour la joue (SPF de 3), pour le cou (SPF de 5) et pour le menton (SPF de 2). » On n’en saura pas plus sur la façon de déterminer les SPF des différents couvre-chefs (Holly V. DeBuys, Stanley B. Levy, John C. Murray, Doren L. Madey, Sheldon R. Pinnell, Modern Approaches To Photoprotection, Dermatologic Clinics, 18, 4, 2000, 577-590).

Si la taille du chapeau a son importance, le matériau utilisé en a également. En ce qui concerne les chapeaux en tissu, le jean Denim est le matériau de choix (le facteur de protection solaire obtenu est supérieur à 500), puisqu’il est au minimum 20 fois plus protecteur que du coton (S. Ghazi, C. Couteau, L.J.M. Coiffard, What level of protection can be obtained using sun protective clothing ? Determining effectiveness using an in vitro method, Int. J. Pharm., 397 (2010), 144 – 146).

Enfin, la couleur joue un rôle du point de vue du confort ressenti. Depuis que Benjamin Franklin a constaté de ses propres yeux qu’un tissu noir, qui concentre la chaleur, posé sur la neige faisait fondre celle-ci plus rapidement qu’un tissu blanc, il est recommandé de porter des couleurs clairs, en été, afin de mieux supporter les fortes chaleurs (Paolo U. Giacomoni, Open questions in photobiology III. Melanin and photoprotection, Journal of Photochemistry and Photobiology B: Biology, 29, 1, 1995, 87-89). Si l’on veut, en revanche, augmenter encore le niveau de photo-protection atteint, on se tournera, courageusement, vers des couleurs foncées.

Ne dit-on pas, de manière imagée, que la mélanine, ce pigment produit naturellement au niveau de l’épiderme, joue un rôle protecteur vis-à-vis de l’ADN et qu’elle se déploie au-dessus de celui-ci à la manière d’un chapeau protecteur ? (Nobuhiko Kobayashi, Akemi Nakagawa, Tsutomu Muramatsu, Yukio Yamashina, Toshio Mori, Supranuclear Melanin Caps Reduce Ultraviolet Induced DNA Photoproducts in Human Epidermis, Journal of Investigative Dermatology, 110, 5, 1998 806-810)

Alors n’hésitons pas, en cas d’exposition solaire, c’est chapeau à large bord (s’il vous plaît) pour tout le monde !






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