Lagaffe inventeur de l’actinothérapie, non, non non !
Dans l’album « Le cas Lagaffe » (1971),1 André Franquin nous parle, une fois de plus, des inventions géniales de son chouchou, Gaston. Celui-ci a, enfin, réussi à trouver une solution efficace pour lutter contre la morosité liée au temps pluvieux. Désormais, plus de blues, de spleen, de dépression saisonnière, le parapluie avec simulateur solaire intégré est né ! Fier de son invention, Gaston se balade ainsi toute la journée dans les rues de Paris, sans prendre de précautions particulières… Ce qui doit arriver arrive donc… Des coups de soleil à gogo. Et aller réveiller un pharmacien afin d’obtenir un baume émollient en pleine nuit… en plein automne avec un indice UV nul… vous pouvez toujours courir. Pas fou le pharmacien !
L’inventeur de l’actinothérapie, le vrai
Il se nomme Niels Finsen et il va obtenir le prix Nobel de médecine, en 1903,2,3 justement pour la contribution à la mise en place de la photothérapie médicale.4
Le Soleil, thérapeute des civilisations antiques (on parle alors d’héliothérapie), devient officiellement, au début du XXe siècle, un médicament et pour rendre l’observance facile et indépendante des saisons, on va mettre au point des simulateurs solaires, afin d’enfermer le Soleil dans une boîte et de pouvoir en disposer à sa guise par tous les temps. On parle alors de radiothérapie (« ray therapy »), de photothérapie ou d’actinothérapie, afin de faire la différence entre une exposition au Soleil naturel et une exposition au soleil « artificiel ».5
Un concept médical qui vire à l’esthétique
De la bonne santé à la bonne mine, il n’y a qu’un pas que les sociétés qui fabriquent des lampes UV vont franchir allègrement, afin de pouvoir augmenter leur clientèle. Une clientèle qui en ce début de XXe siècle commence, timidement, mais sûrement, à découvrir les joies du bronzage.
Et c’est ainsi qu’il est possible de bronzer « en cabine », dans certains instituts de beauté de la côte normande, dès le début des années 1930.6
De l’institut à la maison, on franchit à nouveau une étape en proposant des « lampes de santé » portatives utilisables, chez soi, par des personnes ne souffrant d’aucune maladie, mais souhaitant obtenir un hâle, gage de bonne santé. Certaines personnes se bourrent conjointement d’aliments contenant des psoralènes (céleri, panais, agrumes) photosensibilisants, ce qui alarment les dermatologues dès le début de cette pratique (dès les années 1970).7
Gaston Lagaffe, l’inventeur du solarium portatif
Non, pas vraiment… En revanche, on notera que le créateur de Gaston Lagaffe, André Franquin, s’il n’a pas inventé le concept du solarium ambulant, était à l’affut des modes de son époque. On sait, en effet, que c’est à partir des années 1970 que l’on a vu apparaitre ce genre d’appareils sur le marché (des appareils qu’il est possible de se procurer, encore aujourd’hui, dans des brocantes ou sur des sites comme ebay ou le bon coin – à usage décoratif est-il important de préciser).
Bibliographie
1 Franquin A., Le cas Lagaffe, Gaston 12, Dupuis, 2009, 46 pages
2 https://www.regard-sur-les-cosmetiques.fr/nos-regards/sous-le-soleil-exactement-l-heliotherapie-209/
3 Barros NM, Sbroglio LL, Buffara MO, Baka JLCES, Pessoa AS, Azulay-Abulafia L. Phototherapy. An Bras Dermatol. 2021 Jul-Aug;96(4):397-407
4 https://www.nobelprize.org/prizes/medicine/1903/summary/
5 Mehta PM. Basic Principles of Solarium Treatment. Ind Med Gaz. 1939 May;74(5):291-298
6 https://www.persee.fr/doc/pharm_0035-2349_2014_num_101_381_22714_t20_0135_0000_1
7 Hindson TC. PUVA and solariums. Br Med J. 1979 Jun 23;1(6179):1711

