Carmex, le vrai maître du jeu !
Il est complètement dépassé le pauvre Dustin Hoffman (l’avocat Wendell Rohr), dans ce film intitulé Le maître du jeu, sorti sur les écrans en 2003.
En effet, il doit défendre les intérêts de sa cliente, Celeste Wood, dont le mari a été tué par un collègue, tombé fou suite à son licenciement. Avec une arme automatique, celui-ci est passé, une dernière fois, à son bureau, tuer une dizaine de collègues, avant de retourner l’arme contre lui.
Un procès contre un fabricant d’armes dans un pays où le port d’arme est autorisé méritait bien un film.
Mais, ne soyons pas dupe, le maître du jeu n’est ni le bon Dustin Hoffman (l’avocat plein d’humanité, qui tente, tant bien que mal, d’apitoyer les jurés sur le sort de la jeune veuve qu’il représente), ni l’affreux Gene Hackman (Rankin Fitch), le chef d’orchestre de toute une bande d’avocats et de malfrats chargés d’intimider ou d’acheter les jurés…
Le maître du jeu est une petite boîte ronde et jaune. Une boîte de « Carmex », un baume labial mythique, mis sur le marché en 1937, aux Etats-Unis.1 Un baume labial, qui va servir à l’un des jurés, John Cusack (Nicholas Easter). Un peu de baume Carmex (à base de camphre et de menthol) dans les yeux et voilà John larmoyant, qui s’adresse à l’une de ses collègues. John prétend avoir passé une nuit épouvantable… il aurait besoin d’aspirine ou d’un remontant. Un remontant… la femme dispose de cela dans son sac, comme John l’a constaté depuis longtemps. Une flasque d’alcool que John fait tomber maladroitement sur le sol…Les policiers en voyant cette bouteille dans l’enceinte du tribunal sont, bien sûr, en émoi.
Qui a fait entrer cette bouteille ? John s’accuse, de manière chevaleresque. Mais des traces de rouge à lèvres sur le goulot dénoncent clairement sa voisine !
John a réussi à éliminer l’un des jurés. Il prouve, ainsi, aux deux partis (le clan des fabricants d’armes, le clan des défenseurs des victimes du carnage), que le chemin de la victoire à ce procès houleux passe par la route qu’il voudra bien tracer !
Un jury populaire, un cosmétique populaire, des acteurs populaires… tous les ingrédients sont réunis pour faire recette !
Bibliographie

