Une utilisation virale de cosmétiques, c’est Leslie Charteris qui se cache derrière cela !
Le Saint découvre le virus 13 de Leslie Charteris est un roman qui met en scène un Allemand (un nazi, pour être plus précis),1 Anton Morgan, et un aventurier vivant en Amérique, Simon Templar, dit le Saint. L’Allemand est bien décidé à répandre sur le monde une mixture microbienne de son cru. Le Saint est bien décidé à l’en empêcher.
Le Saint est mis sur la piste de ce nazi terrifiant, à l’aide des mots suivants : Le Grand Chef, Weber… Le Grand Chef, c’est le nom d’un train qui part dans quelques minutes… Pas un instant à perdre donc pour notre héros, qui saute dans le train, accompagné de son fidèle acolyte, M. Uniatz.
Le Saint est missionné par les inspecteurs Fernack et Casey. L’un, le premier, est parfaitement honnête. Le second, en revanche, est à la solde de l’ennemi.
Notre héros, bronzé
Il est tel qu’on le connaît bien, avec « ses traits bronzés », ses « mains bronzées », décrites dans de nombreux opus. L’auteur utilise l’expression « visage bronzé » à 6 reprises, cette fois-ci.
Il est tel qu’on le connaît, c’est-à-dire un peu mufle sur les bords (un « mufle adorable » ; qui s’étonne que Greta ait besoin de remettre du rouge à lèvres, alors qu’il ne l’a seulement pas embrassée).
Et très malin, puisqu’acculé à s’injecter une solution virale dans le bras et celui de son fidèle Hoppy… il trouve la bonne idée d’injecter le produit dans le tissu de sa chemise et non dans son muscle. Il lui faudra ensuite, rapidement, brûler les vêtements en question et réaliser une « douche », suivie d’un bouchonnage énergique.
Son compagnon bronzé, Hoppy Uniatz
Tout comme le boss, Hoppy est doté d’un superbe « hâle » en plus d’une musculature hors norme.
Greta, parfumée
Dans le Grand Chef, Simon tombe sur une femme sublime… une jolie blonde de 23 ans, dont « la masse dorée » des cheveux encadre des « traits exquis ». Des yeux « bleu-vert », dont la couleur évoque celle de « certains lacs de haute montagne » ; « le cristal bleuté que la glace reflète au faîte de la montagne ».
Greta Morgan use de cosmétiques avec passion. Dans « son sac » à mains, on trouve, bien sûr, un « poudrier » (l’auteur nous le dit à 3 reprises), muni d’un petit miroir, qui lui permet de vérifier la qualité de son maquillage, mais également d’observer ce qui passe derrière elle. « Ainsi placée, elle surveillait dans le miroir ce qui se passait à la table de Simon, tout en semblant vérifier le maquillage de ses lèvres. »
Au cours de son voyage en train, Greta n’y va pas de mainmorte, n’hésitant pas à se remettre de la poudre de riz et du « rouge à lèvres », afin de « rectifier son maquillage ». « Son sac était déposé sur la table ; elle l’ouvrit, prit un bâton de rouge, se refit délicatement les lèvres. »
Et puis, Greta aime visiblement se parfumer, puisque ses « cheveux », en frémissant, dégagent une « bouffée parfumée », un « sillage parfumé ». Et elle aime offrir des parfums et, en particulier, aux hommes qu’elle convoite comme… Simon. Elle n’hésite pas à s’arrêter dans une « parfumerie », pour faire ce genre d’emplettes. Et Simon aime cela. Il respire « son parfum » avec avidité, tout en se demandant si Greta se classe parmi ses amis ou ses ennemis.
L’homme à la tête de mort, fou à lier
Cet homme ne quitte pas Greta d’une semelle. Normal, c’est son mari. Anton Morgan, « le plus grand savant du siècle », celui, qui d’un coup de pouce peut anéantir des populations entières.
L’homme qui se fait passer pour l’homme à la tête de mort, drogué
Cet homme de 51 ans, qui transpire comme s’il sortait d’un « bain de vapeur », use de marihuana sans modération. Tombé entre les mains de Simon, il tente de tromper notre héros, en se faisant passer pour Morgan, le chef de l’organisation baptisée Les « Germes » ! Mais cet homme n’est pas Anton Morgan, mais Franz Weber.
L’homme aux ongles vernis, cosmétiqué
Parmi les membres de cette bande de criminels d’un nouveau genre, se trouve un certain Bill, dit « Bill-Ongles-Roses ». Un homme de belles proportions (pour ne pas dire une « armoire à glace »), dont les mains épaisses et gigantesques sont comparées à des « jambons ». Des jambons, au bout desquels, il est possible de voir des « taches écarlates »… Ces taches correspondent, tout bêtement, à des ongles sur lesquels Bill vient de s’appliquer à « passer » une couche de vernis.
Un type étonnant qui « sourit » de ravissement en regardant ses ongles peints. « […] il considéra les ongles vernis ; un sourire fleurit sur ses lèvres, qu’il avait mignonnes, des lèvres faites pour apprécier les sucreries ».
Bref, un drôle de gangster que Hoppy Uniatz dévisage avec étonnement… « […] les ongles lui parurent du dernier galant. »
Bref, un drôle de gangster, qui s’effarouche d’un rien et considère que se casser l’un de « ses ongles vernis » constitue « la pire des humiliations » au monde.
Et des publicités cosmétiques
Sur le bord de la route qui mène à Los Angeles, le Saint aperçoit des publicités immenses vantant « un dentifrice, la beauté d’une plage ou le dernier film de Melle Jane Russel. »
Le Saint découvre le virus 13, en bref
Voilà Simon Templar aux prises avec un microbiologiste fou, qui a inventé un cocktail microbien raffiné, capable de décimer des pays entiers. Simon aura sa peau avec l’aide de Greta, qui, conquise par notre superbe héros, vire de bord, au bon moment. Une Greta, qui use des cosmétiques de manière virale !
Bibliographie
1 Charteris L., Le Saint découvre le virus 13, Librairie Arthème Fayard, 1965, 220 pages

