Une résistance cosmétique du tonnerre !
Nous avons évoqué les problèmes cosmétiques survenus à la famille du Kommandant von Froussein, lors du mariage d’Ottilia.1 En fouillant dans la pile de journaux Fillette, nous retrouvons l’épisode annonciateur des désastres esthétiques survenus ce jour mémorable. Le 19 mai 1918, les lectrices découvrent, ainsi, un nouvel épisode des aventures de « L’espiègle Lili ».
Cette petite fille, qui est domestique chez un militaire allemand, ne loupe pas une occasion de nuire à cette famille de « boches » (sic) !
Afin de gâcher le mariage de la jeune fille de la maison, Lili a prévu plusieurs farces.
Elle commence par jeter par terre une très imposante potiche située dans la salle à manger, ce qui provoque un énorme fracas. Le Kommandant, « très impressionnable », nous dit-on, laisse glisser la lame de son rasoir sur sa peau enduite de mousse de savon à barbe. Il en résulte une « sanglante balafre » sur sa joue gauche, ce qui n’est guère esthétique, lorsque l’on est le père de la mariée.
« Quel maudit démon que cette Française », s’écrie le Kommandant, en tamponnant sa joue avec de l’alcool, afin de permettre la cicatrisation, qui la prévient illico, qu’il retiendra le prix de la potiche sur les gages de la jeune fille.
Par ailleurs, Lili a décidé que ni la mariée, ni ses sœurs (Dorothée, Elsa), n’auraient de jolies coiffures le jour de la cérémonie. Pour ce faire, elle a préparé le terrain à l’avance, en changeant le contenu de la pommade utilisée, chaque jour, par les jeunes filles pour obtenir de belles boucles. Lili a ainsi remplacé le cosmétique habituel par… de la glu.
Chez le coiffeur, c’est la consternation, les cheveux sont emmêlés ; ils ne se laissent peigner qu’avec difficulté, ce qui aboutit à l’arrachage de grandes touffes de cheveux. Pour arriver à coiffer ces tignasses rebelles, le coiffeur utilise de grandes quantités de savon et d’eau « bouillante », mais le résultat n’est guère convaincant. Le fer à friser n’arrive pas à faire son œuvre dans ces forêts de cheveux emmêlés.
Evidemment, à peine les trois demoiselles rendues chez le coiffeur, Lili s’est empressée de remettre la bonne pommade en place, afin d’éviter d’être qualifiée de saboteuse !
Bref, tout va de travers chez les von Froussein, car notre courageuse petite Lili a manigancé toutes sortes d’actions anti-cosmétique !
Un acte de résistance savoureux, que l’on ne manquera pas de signaler.

