Une pointe de parfum au corsage pour piquer les sens !
Y a pas que la jument qui est perdue dans ce roman de Georges Simenon.1 On s’y perd, on s’emmêle… Bref pas le meilleur roman de l’auteur ! On comprend tout de même que notre héros, John Evans, dit Curly John, a échappé à une tentative d’assassinat, le 15 août 1909. Une tentative ayant pour but de s’approprier son ranch de la « Jument perdue » et son sous-sol riche en trésors. Le coupable : son associé, Andy Spencer ! Du moins c’est ce que pense Curly John ! Pendant 38 ans ! Jusqu’à ce qu’il mette la main sur un vieux courrier qui vient chambouler ses certitudes.
Une aventure américaine (tout se passe à Tucson en Arizona) pour le plus français des écrivains belges !
Un bon anniversaire parfumé !
Tout commence le 7 octobre, jour anniversaire de Curly John ; sa sœur, Mathilda, pour l’occasion, lui offre, invariablement, des mouchoirs ; elle met, en outre, une « pointe de parfum » « à son corsage » ! John fête ses 68 ans ; Mathilda, quant à elle, en a 73 !
Un bon anniversaire mal fêté !
Chez Peggy Clum, le cadeau consiste, invariablement, en une boîte de cigares dont la marque ne convient pas à John ! Le parfum de ces cigares n’est visiblement pas à son goût !
Un rendez-vous chez le coiffeur
Le jour de son anniversaire, Curly John se rend chez le coiffeur. « Sa chaise une fois renversée, on lui savonna les joues » pendant qu’un cireur de chaussure s’empressait de faire reluire ses bottes. « Après le rasoir, les serviettes chaudes, qui ne laissaient émerger que le bout de son nez, et il n’avait qu’à attendre que le coiffeur vînt les lui retirer. »
Une vieille femme bien coiffée
Peggy Clum… une forte personnalité celle-là ! L’amie de jeunesse ! Celle qui aurait pu devenir une épouse ! « On ne savait jamais comment on la trouverait, avec tous ses bijoux et maquillée comme une perruche, ou bien, vêtue en souillon, en train de prendre les poussières sous les regards goguenards des domestiques. »
Une vieille femme bien lavée
La sœur de Peggy vit dans la maison qui jouxte la sienne. Peggy l’entend chanter dans « la salle de bains ».
Un vieil ennemi bien ridé
Andy, l’ami de jeunesse, l’ennemi de toujours (depuis cette fameuse tentative d’assassinat) a été, autrefois, un beau jeune homme au « teint pâle », à la « peau de fille ». Désormais, c’est un vieux monsieur au visage « très ridé », « des rides fines qu’on ne voit que de près ».
Des habitants barbus
A la mine de Sunburn, une fois par an, les hommes ne se rasent plus la barbe. « Dans la rue aussi, ceux qu’il avait rencontrés portaient la barbe et il se souvint que des fêtes auraient lieu le mois suivant, pour lesquelles tous les habitants mâles de la ville devaient être barbus comme au temps des pionniers. »
La jument perdue, en bref
Très long ce roman qui ne coule pas de source. Juste quelques odeurs et quelques détails qui nous prouvent que les cosmétiques font partie intégrante de la vie. Des produits capillaires aux produits de rasage… en passant par les parfums !
Un grand merci à Jean-Claude A. Coiffard, poète et plasticien, pour son illustration du jour.
Bibliographie
1 Simenon G., La Jument Perdue, Le Monde, 2026, 206 pages

