Une histoire de bicarbonate et de fils de bonne famille qui ne tousse pas !

Le Petit Docteur est un recueil de nouvelles de Georges Simenon, paru en 1943. Un certain Jean Dollent, médecin à Marsilly, en Charente, nous y est présenté comme un homme d’une trentaine d’années, doux, timide et doué d’un flair infaillible. Une première enquête permet au médecin de prendre conscience de son don tout particulier. Désormais, il va multiplier les aventures en se mettant à chaque fois dans la peau des individus qu’il est amené à rencontrer.

L’histoire en deux mots

Jean Drouin, de son vrai nom Jean Larcher, un fils de bonne famille tombé dans la délinquance, est venu habiter dans une ferme à proximité de Marsilly, afin d’échapper à son ancien complice, Jo-le-Boxeur. Là, il vit paisiblement avec une jeune femme, sa maîtresse, ex-mannequin de toute beauté.

Oui, mais voilà, l’un de ses complices le retrouve et le fait chanter… jusqu’à ce que Jean lui fasse la peau et l’enterre dans le jardin.

Jean Larcher, des nuits blanches !

Il vient chercher auprès du docteur une prescription de « soporifique », car il dit avoir du mal à trouver le sommeil. Il ne veut, toutefois, pas de formes solides, mais « une drogue à diluer dans l’eau », car il a du mal à avaler les cachets. Etrange !

Laure Delille, des journées hâlées !

La jeune femme, « très jolie », prend des « bains de soleil » fréquents. Elle est, nous dit Georges Simenon, « toujours à demi-dévêtue, la chair bronzée par le soleil comme un fruit juteux. »

Laure Delille, des nuits blanches !

Afin de pouvoir discuter avec son ex-complice et maître-chanteur, Jean a introduit un somnifère dans la bouteille d’apéritif (du vermouth)… Sa jeune maîtresse s’en est rendue compte et a jeté la bouteille ; désormais Laure ne dort plus la nuit. Elle a remplacé le contenu de la boîte de somnifère par du « bicarbonate de soude » et caché le médicament sous une pile de linge. Dans le pot à tabac… la boîte de somnifère remplie de bicarbonate !

Jo-le-Boxeur, des jours et des nuits qui se ressemblent

Le malfrat venu faire chanter son ex-complice est un homme qui porte sur « l’avant-bras gauche un tatouage représentant une femme aux seins nus. » Rapidement, il est mis hors d’état de nuire !

Le flair du petit docteur, en bref

Parce qu’il a eu soif, parce qu’il a détecté la présence de bicarbonate dans le vermouth, parce qu’il a trouvé le somnifère sous une pile de linge… le petit docteur arrive à remonter le fil de l’histoire ; il ne lui reste plus qu’à prendre sous son aile les deux amoureux ! Et cela… il va le faire très bien !

Un grand merci à Jean-Claude A. Coiffard, poète et plasticien, pour son illustration du jour.

Bibliographie

1 Simenon G., Le flair du petit docteur in Le petit docteur, Gallimard, 1946, 589 pages