Une histoire d’amour qui finit bien !

Le jeune officier Marcus Vinicius, un neveu de Pétrone, tombe amoureux de la belle et douce Lygie, la protégée d’Aulus Plautius et de sa femme Pomponia Graecina.1 Puisqu’Aulus ne veut pas céder sa fille au tribun, Marcus décide d’y aller en force… Et pour ce faire, Pétrone obtient de Néron qu’il convoque la belle jeune fille à sa cour. Sauf que… le brave Ursus, tout dévoué à sa maitresse, l’enlève et part la cacher dans l’antre des chrétiens. Marcus va devoir, désormais, ruser pour arriver à retrouver sa bien-aimée et à la sauver des griffes de Néron !

Un roman d’Henryk Sienkiewicz, qui met en scène les premiers chrétiens et nous montre l’apôtre Pierre, rencontrant le Maître (son Seigneur), alors qu’il s’apprête à fuir le martyr. Un simple regard du Christ a suffi à Pierre pour comprendre, qu’en trahissant pour une seconde fois le Seigneur, il venait d’enfoncer un peu plus profond encore les clous dans la chair du Crucifié.

Aussi, quand le compagnon de Pierre lui demanda « Quo vadis, Domine ? », celui-ci répondit-il « Je vais à Rome… » avec humilité !

Du fard

Certaines Romaines nous sont décrites ici comme des femmes aux « visages fardés » et aux « cheveux poudrés d’or » !

Du vernis à ongles

Pétrone, allongé sur un « lit bas », se fait « rosir les ongles par son affranchie grecque, la jolie Eunice ». La jolie Eunice, qui n’est autre que sa maîtresse. Pétrone est un homme qui aime le luxe, les belles maisons, les matériaux nobles et qui résiste à l’œuvre de Dieu en lui. Un homme qui préfère se suicider, plutôt que de subir la disgrâce.

Du lait d’ânesses

Et il en faut beaucoup, car Poppée, la femme de Néron, est friande de bains réalisés avec ce liquide. La belle Poppée se déplace donc avec force serviteurs et force ânesses (au bas mot « 500 »), afin de ne jamais manquer du lait précieux à son teint.

Une pluie de parfum

Cette pluie de parfum de « verveine » dégouline du vélarium, qui protège du soleil les spectateurs, venus goûter aux joies du jeu du cirque. Pendant que les chrétiens se font dévorer par les lions, le peuple se vautre dans un luxe tapageur, associant métaux précieux, ivoire, ambre et écailles. Entre les sièges sont fixées des « cassolettes », qui permettent de brûler d’envoûtants parfums d’Arabie. « Les brûle-parfums » permettent de masquer les exhalaisons diverses.

Une onction de résine

Celle-ci n’a rien de cosmétique, puisqu’elle n’est pas là pour embaumer la peau, ni exercer une quelconque action cosmétique, mais bien plutôt pour transformer les chrétiens en torches vivantes, une fois la flamme approchée de leur épiderme.

De la myrrhe et de l’aloès

Lorsque les chrétiens sont persécutés en offrant leur corps aux flammes, l’on est obligé de disposer, à proximité, des « brûle-parfums », renfermant de la « myrrhe et de l’aloès », afin de lutter contre l’odeur nauséabonde de « chair grillée ».

Quo vadis, en bref

Ce roman, rempli de parfums, mêle Histoire sainte et histoire privée. On y croise des Romains décadents, de dangereux pyromanes, déguisés en guides des peuples, des esclaves affranchies, dévouées à leur maître, des Romains séduits par la beauté d’une religion d’amour… Henryk Sienkiewicz nous emmène, enfin, sur la Via Apia, dans la douceur du soir, découvrir une petite chapelle, où l’on peine à lire cette inscription à demi-effacée : « Quo vadis, Domine ? » Où vas-tu ? Très bonne question ! Par quel chemin pourrait-on ajouter !

Bibliographie

1 Sienkiewicz H., Quo vadis, Fernand Nathan, 1977, 191 pages