Une grave confusion cosmétique !
Dans le journal Fillette qui parait durant la Première Guerre Mondiale, on ne perd jamais une occasion de se moquer du peuple ennemi.
De petites histoires illustrées tournent ainsi régulièrement en ridicule la famille du commandant Von Froussein. Celle parue le 2 juin 1918 se passe le jour du mariage d’Ottila, la fille du commandant.
Déjà, ça commence mal car la domestique française a brisé un flacon, au moment où son maitre se rasait, ce qui a entraîné un peu de confusion au niveau cutané. Le commandant est donc « mal rasé ».
Vient ensuite, le tour de Dame Lisbeth, l’épouse du commandant, de subir les plaisanteries douteuses de la domesticité française.
La brave dame, qui souffre de la chaleur, en ce mois de juillet, du fait de la compression importante exercée par son corset, décide de palier cet inconvénient par une bonne dose de poudre de riz, qui permettra de venir à bout de « l’incarnat trop vif de son teint ». Sauf qu’une main malveillante a remplacé, sur la coiffeuse, la poudre de riz par un pot de charbon.
Dame Lisbeth, qui a promené « hâtivement la houppette » sur son visage, se retrouve donc avec un teint du plus beau noir.
« Fou rire » général de l’assistance ! La pauvre Lisbeth, toute confuse, n’a plus qu’une chose à faire, s’évanouir !
Une eau vinaigrée permit à la fois de lui nettoyer le visage et de la faire reprendre ses esprits.
La noce put alors s’ébranler…
Des actes de résistance sur fond cosmétique… oui ça a bien dû exister !

