Une femme peinturlurée… un détail cosmétique important !

Le Saint n’aime pas les escrocs,1 tel est le sous-titre de la courte nouvelle intitulée Merci, le Saint ! Non, vraiment, le Saint n’aime pas que l’on s’en prenne à ses amis. Et quand c’est le cas, il est capable de se venger de manière magistrale. Tel est pris qui croyait prendre…

La victime, Mrs Sophie Yarmouth

Cette brave dame est tombée dans le piège d’un couple d’escrocs. Ceux-ci lui ont fait miroiter des bénéfices mirifiques concernant un prêt destiné à permettre la production d’une série TV à succès. Avec l’idée d’embaucher comme vedette… le propre neveu de la dame très naïve !

Les escrocs

Le mari, Mr Copplestone Eade s’est fait passer, cette fois-là, pour un producteur de film de télévision. La cinquantaine, les cheveux grisonnants, il a convaincu sans peine Sophie de placer une grande partie de ses économies dans une affaire de production de série télévisée qui s’avère complètement bidon.

La façon de refermer le piège

Pour ferrer Sophie, il a fallu que la femme de Mr Eade joue les secrétaires affolées, venant annoncer à son patron que le plus gros investisseur du projet en cours venait d’avoir une « crise cardiaque sous la douche » le matin-même ! Plus d’argent, plus de série. Plus de série, plus de vedette !

Et l’expression cosmétique…

« Parler sans fard »… une expression employée par Mr Eade pour convaincre Sophie de sa loyauté et de sa bonne foi !

Et une expression opaque et savonneuse

Mr Eade embobine Sophie avec des discours opaques, comme celui qui suit : « Vous ne comprenez pas, reprit patiemment Mr Eade, les choses ne se passent comme cela en affaires. Star sud livre en boîte, mais les marchands de savon ne sont pas fabricants de boîtes. Leur attitude est celle des marchands de savon, pas celle des fabricants de boîtes. »

Quand les escrocs deviennent victimes

Pour le coup, c’est à Las Vegas que Simon Templar fait la connaissance de Mrs Eade, « fardée à l’excès », « le visage peinturluré » et la peau « couverte de bijoux criards ». Ses cheveux, « passés au henné », tentent, tant bien que mal, de s’harmoniser avec des « chaussures de brocart rose vif » ; l’ensemble de la personne évoque irrémédiablement une « ruine bien ravalée » !

Mrs Eade porte un collier en toc… mais, au milieu du toc, il y a tout de même une émeraude véritable… c’est du moins ce que confie Mr Eade (celui-ci se présente à Simon comme un bijoutier) à Simon, afin qu’il fasse un bon coup en achetant le collier de la mémère (celle-ci va tout de même faire monter les enchères !). Il est bien entendu que Mr et Mrs Eade font mine de ne pas se connaître. Il est bien entendu que Mr Eade promet à Simon de lui racheter le précieux collier pour une somme très coquette !

Quand Mrs Eade a fini son travail

Une fois son travail effectué (Mrs Eade est persuadée d’avoir attrapé Simon en lui vendant son collier de pacotille 4000 dollars), Mrs Eade court à sa salle de bains, afin de se « débarrasser » de sa « peinture de guerre ». Le démaquillage est efficace, puisqu’elle ressort « transformée d’une manière surprenante », complètement changée maintenant qu’elle arbore un « maquillage normal » ! 

Quand Simon se fait rôtir

Dans son hôtel de Las Vegas le premier contact entre Simon et Mrs Eade est glacial. Peu aimable, celle-ci l’apostrophe alors qu’il est paisiblement en train de « se rôtir au bord de la piscine » ! « Vous vous faites cuire par plaisir ou dans l’espoir que votre joli physique va taper dans l’œil de quelque idiote ? » Réponse : pour le plaisir, semble chanter Simon, qui avoue que la bronzette, il « aime cela », sans en attendre quoi que ce soit !

Quand Mr Eade prend sa douche

Une fois Simon ferré, Mr Eade peut se détendre et prendre le temps de se « doucher » !

Merci, le Saint, en bref

A Las Vegas, le Saint ne se fera pas plumer. Il confondra le couple d’escrocs, récupérera l’argent de Sophie et le sien propre. Plus une jolie commission en passant !

Une courte nouvelle où les produits de maquillage sont présentés comme des outils de travail pour des escrocs notoires. Ces deux-là passent leur temps à se grimer, à changer de personnalité, afin d’arnaquer de nouvelles victimes sans attirer l’attention de la police.

Bibliographie

1 Charteris L., Merci, le Saint, Librairie Arthème Fayard, Paris, 1960, 188 pages