Une définition sans reproches pour éviter d’avoir peur en utilisant des cosmétiques !
50 ans… cela ne fait que 50 ans que le produit cosmétique possède une définition claire, nette et précise ! Avant d’en arriver là, il a fallu des siècles de tâtonnements, des erreurs, des scandales pour qu’enfin les produits d’hygiène, de soin et de maquillage arrivent à entrer dans un moule délimitant nettement leurs formes.
Les coupables, un dérivé d’arsenic qui se glisse, au début des années 1950, intempestivement, dans un talc pour bébé et entraîne la mort de dizaines de nourrissons.1 Puis, un antiseptique alors à la mode qui trouve place dans un lot de talc, au début des années 1970,2 suite à une manœuvre malencontreuse et entraîne, à nouveau, des dizaines de morts.3 Les talcs Baumol et Morhange ont frappé… ces talcs, utilisés pour éviter l’érythème fessier des nouveau-nés, se retrouvent impliqués dans des scandales sans précédent. Des petits enfants décèdent, du fait du manque de rigueur de certains laboratoires cosmétiques.
Ceci n’est pas tolérable… Ceci ne sera pas toléré.
Simone Veil s’attache alors à poser les bases d’une réglementation cosmétique qui jusqu’à présent a fait défaut.
L’antiseptique à l’origine de tout, c’est lui !
L’antiseptique retrouvé à forte dose dans les talcs dits « contaminés » n’est pas un intrus total dans le monde de la petite enfance, puisqu’un certain nombre de médecins présentent, dans les années 1960, cet antiseptique comme un excellent substitut du savon en matière d’hygiène des nouveau-nés ; un recul d’une dizaine d’années est garant d’une sécurité alors jugée parfaite. Un antiseptique qui est recommandé en lieu et place du savon, jugé glissant, qui peut engendrer des chutes et qui dans le meilleur des cas pique les yeux. Pour le moins étonnant… mais véridique !
Remplacer le savon ancestral par une solution d’hexachlorophène, éventuellement additionnée d’allantoïne ne semble, toutefois, pas rencontrer beaucoup de succès auprès des mères qui, en grande majorité, restent fidèles au savon d’antan !4
Cette mode de l’hexachlorophène « à usage pédiatrique », incorporé à des doses pouvant aller jusqu’à 3 % dans des poudres ou des émulsions, prend un coup d’arrêt en 1971, suite à la publication de travaux scientifiques par la FDA. Cet antiseptique, que tout le monde connaît bien et utilise dans la joie, s’avère neurotoxique chez le rat. Et, il est capable, apprend-on, dans la foulée, de se retrouver dans le sang de bébés ayant été baignés à l’aide de ce genre de préparations.5 De quoi perdre un peu de sérénité !
La définition qui en découle, c’est elle !
Une définition simple qui concerne les cosmétiques et les produits d’hygiène corporelle (ces derniers sont donc considérés alors comme des produits proches des cosmétiques, mais susceptibles d’être différenciés de ceux-ci) et qui nous dit que ces produits correspondent à « toutes les substances ou préparations autres que les médicaments destinées à être mises en contact avec les diverses parties superficielles du corps humain ou avec les dents et les muqueuses, en vue de les nettoyer, de les protéger, de les maintenir en bon état, d’en modifier l’aspect, de les parfumer ou d’en corriger l’odeur. »6
Une définition, qui nous dit ce que peut faire un cosmétique, mis au contact de la peau, des cheveux, des ongles, des dents… et qui est assorti d’un certain nombre de règles, visant à assurer une sécurité optimale au consommateur avec entre autres, l’obligation de fabriquer le produit dans de bonnes conditions en utilisant des ingrédients sûrs d’emploi.
La réglementation cosmétique, en bref
L’histoire de la genèse de cette réglementation qui compte 50 années d’existence doit être connue. Elle nous rappelle que tout salarié de service réglementaire doit connaître les textes en vigueur sur le bout des doigts. Elle nous montre aussi que le responsable réglementaire doit savoir entendre les signes avant-coureurs avant tout le monde (on entend par « tout le monde » le grand public) et ce par une connaissance de la littérature scientifique approfondie.
Cet hexachlorophène, vanté dans les années 1950-1960, avait déjà très mauvaise presse en 1971 et ce pour des raisons scientifiquement justifiées…
Il est donc, indispensable, en ce 10 juillet, de célébrer la mise en place de cette règlementation française, qui sera suivie, un an plus tard, par une réglementation européenne.
Il est, donc, indispensable, en ce 10 juillet, de rappeler l’importance des services réglementaires, ces services dont l’existence garantit l’innocuité des produits fabriqués !
Bibliographie
4 Bathing the Baby without Soap. Br Med J. 1966 Oct 8;2(5518):845-6
5 Hexachlorophene updated. Can Med Assoc J. 1973 Jun 23;108(12):1475 passim
6 https://www.legifrance.gouv.fr/codes/id/LEGISCTA000006155266/1975-07-11

