Une débauche d’eau de Cologne… tout va pour le mieux pour la Perrine d’Hector Malot !
En remplaçant au pied levé un employé atteint de la typhoïde, (celui-ci est le seul à parler anglais et à pouvoir commander des ouvriers ayant passé la Manche), Perrine, qui est quasiment bilingue, révèle toutes ses qualités dans l’usine de Vulfran Paindavoine.1 La fille d’Edmond Paindavoine et de Marie Doressany, une jeune fille issue d’une famille brahmane, va, petit à petit, émouvoir Vulfran, qui finit par se rendre compte que le choix de son fils était le bon, au regard de la charmante petite fille qu’il a eu de cette union.
Perrine, sans se décourager, se rapproche, petit à petit, du cœur de son grand-père et arrive, finalement, à lui révéler la vérité sur son identité.
Confidence pour confidence, un seul savon en poche
Vulfran Paindavoine est sidéré de trouver une petite ouvrière aussi cultivée dans son personnel. Quel étonnement, pour lui, d’apprendre que Perrine s’est lancée sur les routes avec seulement en poche « un couteau, un morceau de savon, un dé, deux aiguilles, du fil, une carte routière » et « c’est tout » !
Confidence pour confidence, une nouvelle robe, de nouvelles poches
Alors forcément, Vulfran fond littéralement… et envoie sa protégée chez Mme Lachaise, qui tient une boutique de mode. Des étoffes, du linge, des bijoux, de la « parfumerie », qui éveille « les désirs » et allume les « convoitises des coquettes du pays »… voilà Perrine qui entre dans une caverne d’Ali Baba, remplie de trésors. Malgré tout, elle garde la tête froide et se contente de commander une robe simple, à bon marché.
Confidence pour confidence, une nouvelle chambre, de nouvelles senteurs
Rapidement, Perrine est nommée secrétaire de Vulfran et, à ce titre, elle obtient une chambre au château. Une vaste chambre avec une armoire à glace et une table de toilette, dont les tiroirs regorgent de merveilles : « brosses, ciseaux, savons et flacons » !
Une chambre si belle, si remplie de cosmétiques, que Perrine craque et fait une toilette comme elle n’en n’avait jamais fait auparavant, en se « livrant à une véritable débauche d’eau de Cologne aussi bien que de savon, – d’un bon savon onctueux, mousseux, tout parfumé de fines odeurs […] ».
Confidence pour confidence, une nouvelle cité, de nouvelles senteurs
Perrine a conduit son grand-père dans son ancien logement. Il s’est rendu compte de l’air « empoisonné » qui règne dans les dortoirs exigus où s’entassent ses ouvriers… En réaction, il décide de faire bâtir de beaux bâtiments tout neufs, qui pourront accueillir, de manière décente, les ouvriers de la filature.
Un peu de cocaïne, une opération et… tout est bien qui finit bien
Vulfran va subir une iridectomie qui va lui permettre de retrouver la vue (de la cocaïne est utilisée ici comme analgésique). Avec la vue, il retrouvera une petite fille, qui lui permettra de retrouver l’ouïe en étant attentif aux conditions de vie de ses employés.
En famille, deuxième partie, en bref
Tout est bien qui finit bien. Une histoire qui commence dans l’indigence cosmétique, avec une petite fille qui ne dispose que d’un tout petit bout de savon tout usé. Une histoire qui se termine dans l’opulence cosmétique, avec une débauche d’eau de Cologne et de savons parfumés. L’ascenseur social s’est arrêté, pour Perrine, à l’étage des cosmétiques. Et c’est très bien comme ça !
Bibliographie
1 Malot H., En famille, Deuxième partie, Folio junior, Gallimard, 1980, 221 pages

