Un vernis à ongles héliotrope et un rouge à lèvres savoureux, deux cosmétiques pour un seul Saint !

Et hop… notre héros au visage bronzé s’envole, avec Patricia (son éternelle fiancée) et son fidèle second Hoppy Uniatz, pour une mission ensoleillée à Rio-de-Janeiro.1 Il va se produire un évènement fâcheux lors du « VIe Salon Fauve de Rio »… tel est le SOS envoyé par une jeune fille de 20 ans, répondant au doux prénom de Maria-Teresa !

Il va y avoir des morts dans cette histoire de faussaire. On sent très vite « le parfum d’un drame au milieu d’une fête » !

Mais, évidemment, Simon reste le plus fort ! Tout de même !

L’occasion de nous plonger dans une ambiance de fête, une ambiance parfumée !

Le héros bronzé… comme toujours !

Et c’est parti dès la page 12… on nous parle de la « figure bronzée » et des « traits mâles » de Simon Templar dit le Saint ! Oui, il a le « visage bronzé » (expression utilisée 3 fois). Et le reste aussi, comme le prouve cette description : « un merveilleux athlète au torse bronzé » !

Bronzé et propre, ce héros pour lequel on ne manque jamais de nous signaler une hygiène impeccable. Il prend, en tout cas, dans cet opus… « un bain » !

Le héros travesti… comme jamais !

Pour échapper à ses ennemis, et parce que l’on est à Rio en plein carnaval, notre héros va accepter de se déguiser en femme. On lui met un « mouchoir de soie rouge sur les cheveux » ; il enfile une « robe de femme pirate » et quelques touches de « maquillage » après… l’illusion est parfaite ! Quel talent !

Le chevalier-servant de Patricia, amoureux toujours !

Il se nomme Eduardo. Il est le fils de Ramona et de José Frédérico. Il est rencontré sur la plage de Copacabana. Il est plein de charme, n’a que 20 ans, et possède des « mains exagérément soignées. » Il va s’occuper de Patricia, pendant que Simon va courir l’aventure.

Maria-Teresa Beira, séduisante comme jamais !

Cette charmante jeune femme aux yeux noirs possède une chevelure blonde, une véritable « coulée d’or » ; « la couleur de la fine champagne », selon Hoppy Uniatz, le bras droit du Saint, qui raffole d’alcools de toutes sortes et ne possède qu’un vocabulaire limité, « lissée à l’extrême » ; celle-ci donne « l’impression d’une nappe métallique brillante ». Rencontrée au Salon Fauve, devant la peinture intitulée « L’Ananas Ardent » de Dimitri Sedor, cette jeune fille semble flairer le drame. Il va se passer quelque chose d’horrible, elle le sent. Elle le sait !

Ramona Frédérico, séduisante depuis toujours !

Ramona Frédérico, la femme de José Frédérico, « le propriétaire de la Galerie des Arcos », est une femme d’une quarantaine d’années, au physique séduisant. Très sophistiquée, elle arbore une chevelure impeccable, qui nécessite de fréquentes visites « chez le coiffeur ». Ses ongles sont vernis d’une couleur « rouge sang » ou « héliotrope », selon son humeur. Et son maquillage est toujours parfait, pour la bonne raison qu’elle multiplie les retouches en cours de journée (« Elle avait rapidement avivé son maquillage, retouché sa coiffure dont les boucles argentées donnaient un certain charme à son visage. »).

Ramona ne laisse pas Simon indifférent, même si celui-ci s’en méfie un peu. Il y a dans les yeux de Ramona des lueurs équivoques. Et forcément, Simon tente un baiser, un vrai, sur la bouche, histoire de tester la qualité gustative du rouge à lèvres de sa partenaire. « J’aime bien connaître et comparer les rouges à lèvres. » dit-il à Ramona, pour excuser ce geste un peu osé. Celle-ci, peu farouche, accepte l’hommage, en appelant Simon « chéri ». Le chéri en question a adoré le rouge à lèvres de Ramona !

Et le chéri est subjugué par la Ramona qui se travestit pour le carnaval… En « arlequine », elle est sublime, un « bicorne sur les cheveux » « poudrés d’un nuage argenté », brillant de strass.

Herbert de Freitas, une victime tout simplement !

Ce critique d’art est retrouvé assassiné au pied même de l’œuvre « L’Ananas Ardent » ! Il en savait visiblement un peu trop au sujet d’un trafic de faux tableaux.

Geary, tatoué pour toujours !

Geary, le chauffeur de Mme Frédérico, est un ancien prisonnier d’Alcatraz. Simon Templar sait tout de suite à quoi s’en tenir avec lui, car il a reconnu, à la saignée de son bras, le tatouage réalisé par Jess Morgenau ! Une véritable œuvre d’art représentant avec finesse « une fleur dont les pétales emprisonnaient une mouche. »

Geary ne fera pas long feu ! Il est retrouvé mort, une édition rare (« Les Lusiades ») dans sa poche.

Dimitri Sedor, peintre d’élite depuis toujours !

Un habile faussaire, qui vous fait sur commande un Velasquez, un Goya ou un Greco ! Le jour où cela se gâte… Dimitri est liquidé !

Et une expression tirée par les cheveux

Patricia comprend vite, mais il faut lui expliquer longtemps. Ceci énerve forcément Simon, toujours chaud bouillant. Lorsque, vraiment, il n’en peut plus… il explose : « Ô femmes aux idées aussi courtes que les cheveux ». Patricia est mise dans un pot commun, qui englobe toute une partie de la gent féminine.

Et une coutume odoriférante

Dans la foule, tout le monde danse, se trémousse, lance des confetti et brandit des « vaporisateurs », pour asperger « le voisin de jets parfumés » ! En fin de journée, tous sont ivres de « cris », de « parfums », « d’alcool » !

Les enfants sont aussi de la fête. L’œil aiguisé, ils enfournent des « confetti dans les décolletés, parfumant les plus jolies, lançant des serpentins aux plus laides. »

Et un drôle de bébé

Parmi les déguisements remarquables, on citera « la fille maquillée en bébé joufflu brandissant un biberon de 5 litres auquel chacun voulait boire, et qu’elle allait remplir de jus de guarana quand il était vide. »

Le Saint au carnaval de Rio, en bref

Pas le temps d’aller parfaire son bronzage par de longues séances sur la plage, c’est boulot-boulot pour le Saint qui profite, toutefois, de quelques baisers enchanteurs de Ramona. Très professionnel, Simon ne mélange, cependant, pas travail et loisirs… La sublime Ramona ira finir ses jours en prison, avec tous ses complices !

Bibliographie

1 Charteris L., Le Saint au carnaval de Rio, Librairie Arthème Fayard, 1955, 221 pages