Un petit savon tout usé comme seul trésor, c’est Hector Malot qui fait pleurer dans les chaumières !

En famille c’est l’histoire de Perrine, une petite fille âgée de 11 à 12 ans, qui voyage sur les routes dans une vieille carriole, avec sa mère malade.1 Pour tirer la charrette : un bel âne, répondant au nom de Palikare. Arrivée aux environs de Paris, Perrine cherche un endroit où passer la nuit, en dépensant le moins d’argent possible. C’est chez un homme nommé Grain de sel que la fillette pourra ranger sa carriole au moindre coût ! Là, dans une chambre sordide, la maman de Perrine s’éteint doucement laissant sa petite fille orpheline. Celle-ci doit désormais continuer sa route et atteindre Maraucourt où un grand-père ayant renié son fils l’attend ! Programme réjouissant s’il en est ! Et d’autant plus réjouissant que Perrine est désormais seule au monde, car elle a été obligée de se séparer de son fidèle compagnon Palikare en échange de quelques pièces.

A Maraucourt, Perrine va faire la connaissance de son grand-père, sans lui dévoiler son identité. Embauchée comme ouvrière, elle va vivre une vie de labeur, sans se plaindre, avec douceur et humilité.

Un phototype étrange

La petite fille de cette histoire, Perrine, nous est décrite comme un personnage étrange, ayant à la fois une « chevelure pâle » et une « carnation ambrée ». Des cheveux clairs et des yeux noirs…

Juste un petit bout de savon

Perrine et sa mère vivent dans le dénuement le plus total, n’ayant que très peu d’effets personnels, tout ayant été vendu au fur et à mesure que la misère devenait plus prégnante. Juste un « petit morceau de savon tout usé », pour faire sa toilette, sa vaisselle et laver son linge.

Lorsque Perrine est jetée sur les routes après le décès de sa mère, elle emporte comme tout bagage « un petit paquet serré dans un chiffon, composé d’un morceau de savon, d’un peigne court, d’un dé et d’une pelote de fil avec deux aiguilles piquées dedans. » Un savon, qui lui permet de s’arrêter au bord des ruisseaux, afin de faire une toilette soigneuse. « […] elle se savonna le visage, les épaules et les pieds. »

Juste un peu de quinquina

La maman de Perrine est bien malade. Epuisée, sans forces, elle reste alitée tout le jour, ne s’alimentant qu’avec peine. Afin de lui redonner des forces, le médecin mandé recommande du « vin de quinquina » à associer à un régime nourrissant. Cela ne suffira pourtant pas, mais videra la bourse des deux femmes.

Beaucoup d’odeurs peu agréables

Les chambres louées par Grain de sel sont horriblement puantes. Afin de chasser les « mauvaises odeurs de la maison », Perrine se met à cueillir des giroflées, des œillets, afin que le parfum des fleurs vienne embaumer le taudis où elle est obligée de loger.

De la même façon, lorsque Perrine arrive à Maraucourt, le logement où elle décide de s’arrêter est composé de dortoirs dans lesquels doivent cohabiter six personnes. Les lits sont serrés les uns contre les autres ; il se dégage de la pièce une « odeur âcre et chaude », une « odeur nauséeuse », qui soulève le cœur de la pauvre fillette habituée à vivre au grand air.

Cette odeur est à mettre sur le compte d’un manque d’hygiène, les ouvrières logeant-là n’ayant que peu de temps pour se « débarbouiller » à la pompe, dans la cour.

Un peu de famille

A Maraucourt, on apprend que le grand-père de Perrine se nomme Vulfran Paindavoine et qu’il a renié son fils, Edmond, suite au mariage de ce dernier avec une étrangère. Vulfran, bien qu’âgé (il semble terriblement âgé, alors qu’il n’a que 65 ans), dirige toujours sa filature avec l’aide de ses neveux, Théodore Paindavoine et Casimir Bretonneux. Vulfran est aveugle. Vulfran semble dur… Il va falloir l’apprivoiser, afin de pouvoir vivre à nouveau en famille !

En famille, première partie, en bref

Pour l’instant, la pauvre Perrine est loin d’être en famille. Elle crapahute sur les routes, trouve un travail d’ouvrière chez son grand-père (qui ne la connait pas) et se demande bien comment elle va pouvoir réussir à amadouer le seul parent qui lui reste.

Avec comme seul trésor un petit morceau de savon, Perrine nous montre, avec courage, que la propreté morale est toujours récompensée… On le sent, l’histoire va sûrement bien se terminer.

Bibliographie

1 Malot H., En famille, 1ère partie, folio junior, 1980, 220 pages