Un miroir de poudrier pour surprendre un ennemi, une idée de Leslie Charteris !

Les compagnons du Saint sont au nombre de trois, nous dit Leslie Charteris, en 1933.1 Il faut compter avec la fidèle Patricia et avec deux aventuriers au cœur d’artichaut.

Dans ces conditions, le Saint (autrement dit Simon Templar) est plutôt bien armé pour réussir toutes ses aventures.

Et ce d’autant plus qu’il peut compter sur des accessoires féminins pour réussir toutes ses missions.

Simon Templar, le héros perpétuellement bronzé !

Il nous est décrit le « visage hâlé » (expression employée 2 fois ici), le « visage fortement hâlé », la « face bronzée ». Il poursuit les méchants et s’enrichit à leurs dépens. Il utilise toutes sortes d’armes, poignard, révolver… mais aussi jet « d’ammoniaque » en pleine figure.

Simon est d’une grande propreté ; il prend des bains et est de nature plutôt gaie ! « Simon chanta à tue-tête ce matin-là dans son bain et s’habilla sans que sa gaieté ait diminué. »

Patricia Holm, l’amie dévouée de Simon

La fiancée de Simon épaule son bien-aimé, de temps à autre. Elle lui offre parfois le miroir de son poudrier pour vérifier la position de l’ennemi. « Fais semblant de te poudrer et tourne vers moi la glace de ton sac ! » Elle n’est, en tous cas, jamais jalouse… et c’est une bonne chose car les occasions ne lui manquent pas de l’être !

Betty, l’amie dévouée de Roger Conway, ami dévoué de Simon !

La charmante Betty est, comme Patricia, une grosse consommatrice de poudre de riz.

Audrey, celle qui fait battre le cœur de Dicky Tremayne, autre ami dévoué de Simon !

La fameuse comtesse Marova n’est, en réalité, qu’une Américaine répondant au nom plus prosaïque d’Audrey Perowne. Agée de 23 ans, la jeune femme qui a séduit le brave Dicky est une voleuse de bijoux (de grand prix) à la moralité plus que douteuse.

Et une histoire de teinture capillaire

La femme de Tex Goldman, l’ennemi de Simon Templar, est « jeune et jolie ». Ses cheveux « d’un blond cendré » ne semblent pas très naturels aux yeux experts de notre aventurier.

Et une histoire de somnifère !

Dans cet opus, Leslie Charteris tente de nous endormir avec le contenu d’un flacon… « du butyl » ! Un somnifère qui nous est présenté comme étant « très fort », ne nécessitant qu’une posologie de « deux gouttes par tasse de café ». L’auteur utilise ici le nom réduit du butobarbital (analogue butylé du barbital) pour évoquer le somnifère puissant dont il a besoin. On notera que le butobarbital, synthétisé dans les années 1920, était 3 fois plus puissant que le barbital, avec une durée d’action plus courte, permettant un réveil plus franc le lendemain de son utilisation.2

Les compagnons du Saint, en bref

Dans cet opus, Leslie Charteris nous livre des informations cosmétiques (le poudrier est l’accessoire que toute femme possède alors dans son sac à main) et médicamenteuses fiables (on sait, en effet, que les barbituriques sont des somnifères très employés au début du XXe siècle).

Bibliographie

1 Charteris L., Les compagnons du Saint, Fayard, 1971, 189 pages

2 López-Muñoz F, Ucha-Udabe R, Alamo C. The history of barbiturates a century after their clinical introduction. Neuropsychiatr Dis Treat. 2005 Dec;1(4):329-43