Un détournement de pâte de dentifrice, c’est le Saint qui pratique du mésusage !

L’héroïque aventure de Leslie Charteris manque de consistance contrairement à la pâte de dentifrice évoquée dans cet opus.1 L’intrigue n’est pas d’une grande clarté… mais le résultat est toujours le même : le Saint triomphe de ses ennemis, délivre des jeunes filles opprimées et préserve la paix du monde.

Tout cela, avec grand flegme.

Tout cela de manière facétieuse, un tube de dentifrice à la main !

C’est une histoire de héros au teint hâlé

Pour une fois, il faut attendre la page 105 pour que l’auteur nous vante le « visage basané » de son personnage fétiche. Pas un mot de plus au sujet du bronzage légendaire de notre justicier des temps modernes.

C’est une histoire de héros aux cheveux ondulés

Un détail physique nous est donné dans cet opus. Simon possède un « casque noir de cheveux légèrement ondulés et rejetés en arrière », qui lui donne un caractère volontaire et engagé !

C’est une histoire de héros joyeux

Dans cet opus, Simon est détendu. Il chante « à tue-tête » « en prenant son bain », ce qui traduit une « parfaite tranquillité d’esprit ».

C’est une histoire de héros esthétiquement armé

Fixé à son poignet par un lacet de cuir… un poignard effilé, auquel Simon a donné le prénom de « Belle » !

C’est une histoire de disparition

Simon est sur la piste d’un « malade bien portant enfermé dans la clinique de Heinrick Dussel ». Il le retrouve. « Le malade était étendu sur le lit : un vieillard à barbe grise » ! Et il se rend compte que le vieillard en question n’est autre qu’une charmante jeune fille aux « cheveux châtains », prénommée Sonia ! Alors, forcément, pour Simon, c’est encore mieux !

Il s’agit de la fille d’un milliardaire, « Hiram Delmar, le prince de l’acier », qui a été droguée, déguisée, enlevée… tout cela pour le compte du prince Rodolphe, qui souhaite ainsi déstabiliser l’Angleterre.

C’est une histoire de pâte dentifrice

Caché dans la salle de bain du prince Rodolphe (celui-ci occupe une suite au Ritz), Simon ne résiste pas au plaisir de prévenir son ennemi que la partie ne va pas être de tout repos. Sur le carrelage de la salle de bain, Simon se prend pour un artiste. « A la manière d’un confiseur qui décore avec de la crème la surface d’un gâteau, Simon déposa sur la paroi un ruban de pâte, dessinant un cercle de quelques pouces de diamètre. » Il continue, ensuite, à compléter ce dessin simpliste de petit personnage et le couronne d’une auréole. A l’aide de « pâte dentifrice », Simon vient de signer son léger forfait. Désormais, entre lui et le prince Rodolphe… c’est une guerre à mort qui est déclarée. Une guerre entre un démon (le prince Rodolphe) et un saint (Simon Templar).

Très content de son coup, Simon se vantera plus tard de ce qu’il appellera désormais « l’histoire de la pâte dentifrice princière. »

C’est une histoire de poudre de riz

Lorsque Simon parvient à délivrer Sonia de ses ravisseurs, il ne manque pas de flegme, allant jusqu’à proposer à la jeune fille de se repoudrer le temps qu’il finisse de se débarrasser de ses ennemis. « Si vous désirez vous mettre un peu de poudre, il est temps Sonia. »

Et une recette-maison pour conserver un teint de rêve

Cette aventure mène Simon sur un bateau, sur lequel la bande de malfaiteurs a conduit Sonia. Lorsqu’il quitte l’embarcation avec la jeune fille « un poudroiement d’écume » retombe sur eux. Réaction immédiate du héros : « C’est excellent pour le teint ! »

L’héroïque aventure, en bref

Le prince Rodolphe et ses sbires ont décidé de déclencher une guerre mondiale. Aidé d’un « Boche, d’un Londonien, et d’un Italien » ce prince, dont on ignore la nationalité, commence par enlever une jeune fille afin de la marier contre son gré à un certain M. Vassiloff (on n’en voit pas bien le but !), puis continue son œuvre en tentant de faire dérailler un train. Evidemment, le Saint va mettre bon ordre dans tout cela, sauver Sonia et la paix dans le monde.

Bibliographie

1 Charteris L., L’héroïque aventure, Le livre de poche, Paris, 1970, 192 pages