Un beau cas de sapophagie !
En route pour Shangaï, le reporter Tintin va être arrêté, lors de son périple, par les membres d’une association de malfaiteurs spécialisés dans le trafic d’opium, celui-ci étant caché dans des cigares creux.1
Dans cet opus intitulé Les cigares du pharaon et publié en 1934, Tintin croise la route du professeur Philémon Siclone, un brillant égyptologue, un peu gâteux, rendu complètement fou par une piqure de radjaïdjah, le poison qui rend fou, des Dupondt acharnés à le mettre sous les verrous et de Rastapopoulos, un producteur de cinéma au caractère quelque peu agressif.
Où l’on fait la connaissance du senhor Oliveira da Figueira
Ce vendeur de premier ordre est capable de vendre tout et le reste. Il se déplace avec tout un stock d’objets plus ou moins utiles, allant de la cravate à la brosse à dents. En plein désert, cet homme, plein de ressources, dresse son stand, sort ses haut-parleurs pour attirer les populations et déballe ses argumentaires-marketing avec aplomb. Son but : apporter « les plus merveilleuses richesses d’Occident » aux populations locales. Cet homme, baptisé « Le Blanc-qui-vend-tout », est très populaire. Il peut, toutefois, engendrer des réactions hostiles lorsqu’il n’explique pas le mode d’emploi des produits vendus. C’est ainsi, qu’il est traité de « chien galeux » par un des hommes du cheik Patrash Pasha, qui a consommé un savon au lieu de l’utiliser par voie topique. Un beau cas de sapophagie qui nous est conté là.2
Où l’on découvre un Tintin soucieux du bien-être animal
Tintin, poursuivi par des hommes qui veulent le coller au poteau d’exécution, saute dans un avion et est obligé de se laisser tomber en pleine forêt, faute d’essence. Tintin et Milou sont en parfaite santé et ce, d’autant plus, qu’ils ont sauvé du désastre la « pharmacie » de bord. Grâce à cette pharmacie, Tintin coupe la fièvre d’un éléphant (avec de la quinine) et devient l’ami du troupeau. Et ce d’autant plus qu’il a réussi à apprendre leur langue et qu’il communique avec eux, grâce à une trompette confectionnée par ses soins. Ceci lui permet, par exemple, de prendre une bonne douche, à volonté !
Où l’on entend parler pour la première fois du poison qui rend fou
Tintin est maintenant rendu sur les terres du maharadjah de Rawhajpoutalah. Il y rencontre un terrible fakir, qui empoisonne à l’aide de fléchettes enduites de radjaïdjah toutes les personnes qui tendent à lui barrer la route. Cet individu est un membre d’une société secrète, qui projette de renverser le maharadjah de son trône et qui tripatouille dans toutes sortes de trafics, y compris celui de l’opium.
Les cigares du pharaon, en bref
Tintin est vraiment un reporter plein de ressources et plein de talent. Avec un peu de quinine, il devient l’ami des éléphants ; avec beaucoup d’adresse, il réussit à déjouer les plans des méchants qui en veulent au trône du maharadjah de Rawhajpoutalah. Avec en cadeau, un bel exemple de sapophagie à effet peu digeste !
Bibliographie
1 Hergé, Les cigares du pharaon, Casterman, 1983, 62 pages
2 https://www.regard-sur-les-cosmetiques.fr/nos-regards/la-cosmetophagie-quels-cosmetiques-concernes/

