Un bain à l’acide borique, c’est le Saint qui prépare un coup !
Dans l’ouvrage Le Saint contre Teal, Simon Templar (dit le Saint) s’emploie à traquer les voyous, tout en étant lui-même poursuivi par l’inspecteur Teal, son ennemi intime.1 Sans s’occuper de ce policier zélé, mais peu efficace, Simon suit sa route, punit les méchants et nettoie la société de manière expéditive !
Une histoire de bain et d’acide borique qui ne manque pas de sel !
Un bon bain, tous les 2 ans !
Dans la nouvelle intitulée L’homme qui était mort, Simon Templar s’attache aux pas d’une jeune femme (Annette Vickery), qui semble liée à un trafic de fausses monnaies. Son frère, un habile dessinateur, trempe dans cette affaire louche ! De fil en aiguille, Simon Templar, suivi par l’inspecteur Claude Teal, remonte la piste de la fausse monnaie et se retrouve dans le salon du « roi du papier », le fameux Nordsten. Sauf que ce Nordsten n’est pas le bon… Ivar (le jumeau maléfique) a pris la place d’Erik (le jumeau empathique)… Et cela, Simon le détecte rapidement et ce d’autant plus qu’il découvre Erik séquestré, à la cave !
Heureusement, Simon remet tout en ordre ! Ivar est tué. Erik retourne aux affaires.
Du coup… un bon bain s’impose ! « Vous avez besoin de repos : un bain et une bonne nuit dans un lit, après deux ans de cachot. »
Un trafic d’acide borique, de temps en temps !
Dans la nouvelle intitulée Simon Templar contre le Saint, Sir Hugo Renway profite de sa notoriété pour se livrer à un trafic de drogues ! En se faisant passer, par ailleurs, pour le Saint. Chacun de ses méfaits est, en effet, revendiqué, dans un dessin représentant un bonhomme enfantin surmonté d’une auréole. Afin d’infiltrer la bande qui se sert de son nom, Simon joue les maladroits et renversent une valise remplie de poudre blanche au pied du chef.
Il paraît maladroit ce brave Simon, quand il renverse sa valise au pied de Sir Renway. « Des boîtes métalliques tombèrent en cascade de la valise. Ces boîtes étaient de la grandeur de celles qui contiennent des pastilles. Le couvercle de l’une d’elles sauta et une poudre blanche coula sur le gravier. » Il paraît maladroit, lorsqu’il rougit, tout confus, précisant qu’il est représentant pour une « maison de… produits pharmaceutiques » ! Mais il ne l’est pas ! Il est, au contraire, parfaitement habile, puisqu’il a choisi de remplir ces boîtes « d’acide borique pulvérisé », afin de tromper l’œil expert de Sir Renway. Celui-ci, convaincu que Simon est un type dans son genre, se laisse prendre au piège, tant il est sûr que la poudre en question est de la « cocaïne » ! Dommage pour lui, il finira au fond d’un ravin dans son avion explosé !
Le Saint contre Teal, en bref
Cet ouvrage paru en 1934 met en vedette un ingrédient très présent dans les talcs du début du XXe siècle, l’acide borique. On l’utilise alors comme agent antiseptique,2 dans les talcs destinés aussi bien aux adultes qu’aux enfants et ce d’autant plus qu’un médecin du nom de Cooke avait préconisé son emploi chez les bébés souffrant d’érythème fessier dès 1921.3 L’histoire nous montrera par la suite que l’idée d’incorporer cet antiseptique dans un produit destiné à une peau lésée n’était pas une très bonne idée… mais pour l’heure, lorsque l’écrivain rédige son ouvrage, l’acide borique est connu de tous comme un ingrédient sûr d’emploi utilisable dans un grand nombre de situations.
Bibliographie
1 Charteris L., Le Saint contre Teal, Fayard, 1971, 192 pages
2 Blair EM. Boric Acid as a Selective Bacteriostatic Agent. J Hyg (Lond). 1936 Jul;36(3):446-8
3 MacGillivray PC, Fraser MS. Boric acid poisoning in infancy arising from the treatment of napkin rash. Arch Dis Child. 1953 Dec;28(142):484-9

