Réjuvénation électrique, en une séance… ça fonctionne… chez Leslie Charteris !

C’est par l’intermédiaire du richissime Garry S. Lewis, directeur d’une mine d’or située à Matacuri au Mexique, que Simon Templar (dit le Saint) met les pieds dans une terrible affaire de vaudou et de zombis.1 Dès l’introduction, le décor est planté… on va vivre 187 pages sur un rythme endiablé, au milieu d’individus dont le « costume de plumes teintées au roucou » ne va pas manquer de nous étonner.

Tout bascule dans un ravin avec la voiture de Garry Lewis. Tué sur le coup alors qu’il vient de contacter le Saint se sentant menacé… Bizarre, bizarre !

Il ne reste plus à Simon qu’à se mettre sur le sentier de la guerre. Il sera accompagné, ici, par Janie, la charmante nièce de Garry… !

A Orancuba, nos deux héros se font capturer par le Dr Zoran (un ami de Lewis qui a complètement perdu la boule !), un savant fou entouré par une équipe de zombis et secondé par un certain Cramer, un ex-repris de justice !

Le Saint, toujours bronzé

Il a, comme de coutume, le « visage bronzé » (expression utilisée 2 fois), la « figure bronzée » et les yeux d’un « bleu éclatant », d’un « feu insoutenable ». Et il est toujours aussi propre. Même prisonnier, Simon ne manque pas de s’astreindre aux règles d’hygiène les plus élémentaires. « Rasé, douché », il aborde les situations les plus graves avec flegme et élégance.

Le Saint, très très bronzé

Dans cet opus, le Saint est gardé à vue par des Noirs transformés en zombis par un savant fou. Afin de tenter de s’évader du lieu où il est enfermé, Simon dérobe les vêtements de son geôlier et grime son visage à l’aide d’un « bouchon » passé à « la flamme » d’un « briquet ». Le résultat n’est pas convaincant, mais il  tente tout de même le coup : « Le maquillage n’est pas digne de Hollywood, mais Zoran s’en contentera. »

Zoran, malheureusement, ne s’en contente pas. Et Simon est ceinturé par l’équipe de zombis à son service. Et après une rapide toilette, il retrouve très vite son apparence d’origine.

Immobilisé et poussé dans l’appareil à rajeunir… Il n’échappera à l’expérience que par miracle, grâce à l’intervention de Janie et de Cramer.

Janie, merveilleusement bronzée

Elle est « ravissante » avec ses cheveux « d’un noir de jais » et sa peau « mate », sa « chair doucement ocrée par le soleil, qui possède la même texture que « certains fruits qui ont lentement mûri au soleil ». Timide, Janie rougit facilement ; un « léger fard » se met alors à teinter sa peau, lui donnant « le velouté des pétales de rose ».

Marc Cramer, couturé, très couturé !

Il est grand, il est fort. Il est beau, même si son visage est couvert de « cicatrices » au niveau des « joues » et du « front ». Il va devenir un allié de Simon par amour pour Janie !

Le Dr Zoran, le maître du temps

Ce savant fou possède un « visage extraordinaire », avec un front haut et une « barbiche pointue ». Il a fondé une cité nommée « Juventia », avec l’aide de quelques autochtones réduits à l’état de zombis, grâce à une injection à sa façon. Là, le professeur mène des expériences, afin de trouver la formule de « l’éternelle jeunesse ». Sous un dôme de plexiglas, le patient âgé, allongé sur une table, est soumis à des ondes électriques (un « bain extraordinaire » d’électricité) et à des injections hypodermiques de solutions diverses et variées. Un vieillard redevient ainsi, en une seule séance, un jeune homme d’une trentaine d’années.

Seul problème… si la peau retrouve son élasticité, si les muscles se reconstituent en un instant le cerveau, en revanche, revient à l’état primitif de celui du bébé ! « Avec des hommes âgés », cette technique « fabrique de jeunes idiots tout juste bon à être conduits dans quelque asile destiné à abriter les demeurés » !

Et une expression qui ne manque pas de peau !

Lorsque le Dr Zoran menace de s’en prendre physiquement à Janie, Simon explose : « Si vous faites du mal à Janie, j’utiliserai votre peau pour m’en confectionner une valise ! »

Et une expression qui mousse !

Le Saint va utiliser Cramer pour se libérer. Il a, en effet, remarqué que le jeune homme n’était pas insensible au charme de Janie. Il ne lui reste plus qu’à monter une histoire digne d’un « opéra savonneux » pour arriver à ses fins.

Et des micros qui vous écoutent 24 heures sur 24

A Juventia, toutes les pièces sont munies de microphones. Aussi est-il difficile de communiquer à son voisin les plans d’une évasion. C’est l’expérience faite par Simon. La voix de Zoran « lui tomba dessus avec la force d’une douche glacée » ; Zoran écoute tout, sait tout, commande à tous !

L’enfer attend le Saint, en bref

On a du mal à croire que le Saint ait pu échapper aux effets indésirables de cette technique de réjuvénation. Il a été drogué, soumis à un champ électrique… il en ressort fringant et en pleine forme, sans que l’auteur ne se force à nous donner une explication plausible ! Il faut, sans doute, mettre cela sur le compte de l’éternelle jeunesse de notre héros ! Un héros jeune, musclé, bronzé, qui fait fi des ans et passe les décennies sans prendre une ride !

Bibliographie

1 Charteris L., L’enfer attend le Saint, Librairie Arthème Fayard, 1959, 187 pages