Quand un boss à tête de missile envoie San-A à Cuho, c’est chaud, même en pleine guerre froide !

Direction l’île de Cuho (pour ne pas dire Cuba !), où des ennemis de la France se réunissent, afin de fomenter une révolution aux Antilles. Alexandre-Benoît Bérurier est chargé, officiellement, de l’affaire.1 San Antonio suit, en douce, sous un « déguisement » de son cru. Déguisement qu’il abandonne bien vite, pour retrouver sa peau de séducteur. Une aventure, qui mène nos deux comparses de bar en boîte de nuit et leur permet, avec l’aide d’un espion américain, de faire un joli coup de filet.

Un roman un peu décevant par manque d’allusions cosmétiques. Zut, c’est pourtant pas difficile de nous parler de crème solaire, de fond de teint, de brillantine !

Le boss, chauve comme un suppositoire

Il est appelé indifféremment le « Tondu », le « Vioque », ce chef qui reste bien au chaud dans son bureau, pendant que San Antonio part aux quatre coins de la planète pour des missions variées. Il est chauve, on l’aura compris. Il est chauve et manucuré avec soin. Toujours une « lime à ongles » dans sa poche.

Pour cette fois, le boss à tête de missile envoie ses meilleurs éléments à Cuho !

San Antonio, beau comme un homme d’affaires suisse

Il est ici déguisé en « quinquagénaire-bisenessman helvète » ! Son patronyme : Jean Népaller ! Des « verres de contact » changent la couleur de ses yeux. Ses sourcils ont été « décolorés », à l’aide d’un cosmétique ad hoc ! Mais, cette couverture ne va pas durer longtemps. Très vite, le commissaire jette ses accessoires et retrouve sa vraie peau.

Bérurier, rouge comme une tomate

Le « Gros » a décidé d’allier l’utile à l’agréable. Loin de sa douce moitié (Berthe), Béru se console dans les bras de jeunes femmes généreuses. San Antonio le voit ainsi sortir d’une certaine chambre la « frime constellée de rouge à lèvres » !

Casimodus Tepabosco, l’apprenti agent secret qui sent l’hôpital

Envoyé à Cuho, ce gars, qui a fait du music-hall et sait lire sur les lèvres, avait pour mission de déjouer une machination qui vise à agiter nos « possessions antillaises ».

Oui, mais voilà, le triple idiot s’est fait renverser dès son arrivée par un cycliste, un certain Alonzo Bobinar. Direction : l’hosto !

Avant, il avait été vu dans un bar louche à fricoter avec une certaine Conchita Danlavaz, une belle fille à la « peau ambrée » et à la chevelure « complètement décolorée ».

Conchita Danlavaz, l’espionne qui sent le grillé

Cette fille sublime (« Cette fille a un je ne sais trop quoi qui vous parle à la peau. ») dégage une odeur non moins sublime. Une odeur difficile à évaluer, quand on ne l’a pas senti. « Son odeur est obsédante comme une veille d’échéance difficile et son regard de braise allume le sang. » En tout cas, pas n’importe qui cette Conchita, qui s’avère être une espionne à la solde du « Vieux » (du moins c’est ce qu’elle tente de nous faire croire) et qui trimballe, dans sa valise, la liste des « agents guadeloupéens au service de Cuho. »

Walter Scotch, l’espion américain qui sent le dentifrice

Sous le nom d’IbezSanchez, le brave Walter a infiltré la bande d’agitateurs. Il est, quant à lui, affilié aux services secrets américains et ne sort, jamais, sans un sourire XXL blanc de blanc. Un « sourire Colgate », évidemment !

Et le président de Cuho

C’est évidemment « Infidel Castré » !

Et toujours l’expression « maquiller quelque chose »

Dans cet opus, c’est Bérurier qui s’interroge : « Et moi, quoi t’est-ce que je maquille ? » et encore « Je ne suis pas curieux, chantonne Bérurier, mais j’aimerais bien savoir ce que tu maquilles. »

Et une expression qui témoigne d’un intérêt profond

Lorsque San Antonio interroge un barman, il sait l’importance de brandir un billet de banque dans sa main. Cela délie les langues… « Il me zieute la poigne comme une manucure s’intéresse à celle d’un bonze chinois qui va fêter ses 100 ans sans jamais s’être coupé les ongles. »

Et une expression qui témoigne d’un bon degré de certitude

« Si ce mec-là ne pèse pas 300 livres je veux bien qu’on me tatoue le portrait de Michel Simon sur la poitrine. »

Et une phrase qui vient comme un cheveu sur la soupe

Tout à coup San Antonio nous balance, sans crier gare, un « Les petits Cadum entretiennent la santé » !

Ménage tes méninges, en bref

Il y a des rebondissements dans cet opus qui, une fois plus, met San Antonio et son collègue Bérurier en danger. Sans Walter Scotch c’en était fini des petites aventures sanantoniennes. Merci US !

Bibliographie

1 Dard F., Ménage tes méninges in San-Antonio tome 5, Bouquins La collection, 2022, 1252 pages