Quand Simon Templar se fait cobaye pour une crème cicatrisante hors norme !
Le Saint en Afrique… ou ailleurs… le Saint (autrement dit Simon Templar, ST) reste le Saint.1 Un saint homme, qui vole au secours des personnes en difficulté. Parti chassé le grand fauve en Afrique, le Saint se retrouve mêlé à une affaire, qui oppose probité avec un pasteur, plein d’humanité, qui soigne une tribu cannibale et se dévoue à leur cause et duplicité avec un médecin, qui ne pense qu’à lui-même et rêve d’exploiter une richesse culturelle locale pour son compte.
Bien sûr, tout rentrera dans l’ordre au moment opportun.
L’histoire se passe au Kanaba
L’histoire se passe au Kanaba, « l’une des dernières colonies de la Couronne britannique » sur le territoire de la tribu des Ziskous.
L’histoire concerne une recette de médicament-miracle
Le Dr Morris Bogan (un fieffé coquin sans scrupules) est bien décidé à voler, au Dr Grey, la recette qu’il tient, de Mambé, le grand chef des Ziskous. Ce dernier semble avoir perdu la tête et, par là-même, est bien incapable de livrer la recette convoitée.
Il ne reste plus à Bogan qu’à voler le produit pour le faire analyser par des « chimistes habiles », ce qui lui permettra de se lancer dans l’industrialisation d’un remède (« la fabrication en grand »), qui le rendra certainement millionnaire.
Lors d’un congrès médical, le Dr Grey a présenté les résultats spectaculaires obtenus avec une recette cicatrisante traditionnelle. L’efficacité est « extraordinaire ». « La cicatrisation s’opère dans un temps exceptionnel. Une coupure guérit dans l’espace d’une nuit ; une blessure profonde, allant jusqu’à l’os, peut être totalement réparée en deux jours. » Ceci n’est pas tombé dans l’oreille d’un sourd. Désormais, le Dr Bogan n’a plus qu’une idée en tête : mettre la main sur la recette en question.
La « pommade » est un « onguent d’un brun verdâtre », dégageant une « odeur fétide », qui peut décourager le patient, mais qui n’interfère nullement avec son activité pharmacologique.
Goguenard, le Saint s’interroge : « franchement leur pommade est-elle capable de recoller les morceaux d’un crâne ? »
Il ne s’interrogera pas très longtemps, puisqu’il va servir de « cobaye », en se laissant enduire de pommade, afin de réparer sa peau lacérée par un léopard féroce. Le Saint accepte de tester la « pommade miraculeuse » et semble même déjà prévoir l’argumentaire marketing qui pourrait être utilisé pour vanter le produit : « Je pourrai ensuite témoigner qu’une blessure se cicatrise en douze heures… à moins qu’elle ne soit gangrénée définitivement. » La pommade est appliquée sur les plaies et placée sous une « bande de gaze ».
Cela pique un peu visiblement… puisque le Saint nous dit : « En tout cas, John, votre drogue procure un plaisir mitigé quand on l’étend sur une plaie. » Et puis cela sent vraiment trop mauvais… « Rappelez-vous pourtant ce que je vous dis : si un jour la Faculté adopte le produit, elle fera bien de lui ajouter un parfum plus agréable. »
L’histoire met en scène une courageuse femme de missionnaire
La femme du pasteur Grey (eh oui, le Dr Grey est également pasteur) se prénomme Ann. Il s’agit d’une toute jeune femme à la beauté naturelle. Une jeune femme à l’élégance innée, qui n’a pas besoin « de rendre visite une fois par semaine à son coiffeur » ou « d’user de maquillages savants » pour étinceler et être d’une « beauté simple et naturelle » remarquable. Une jolie blonde, très volontaire, qui ne recule devant rien pour seconder son mari dans sa tâche quotidienne et qui révélera, durant cette aventure, toute sa personnalité, en faisant montre d’un grand courage.
L’histoire décrit des cannibales
Dans cet opus, le Saint est mis en danger par des indigènes cannibales, « à la face sillonnée de tatouages » et au torse « boursouflé de cicatrice » !
Et toujours notre héros bronzé
Il est très séduisant notre héros bronzé, décrit à la 46e page du roman, comme étant « taillé en force, le visage énergique et naturellement basané, le buste musclé sous le vêtement léger qui dégageait des bras d’athlète ». Un regard « d’un bleu saphir », qui transperce l’âme de celui qui est observé !
Il a toujours un « visage bronzé » (expression qui est citée 4 fois dans cet opus), une « figure bronzée » (expression employée une fois), des « traits basanés ».
Le Saint en Afrique, en bref
Sous le Soleil africain, le Saint fait chauffer les oreilles des méchants et vient à bout des conflits les plus aigus. Le Dr Bogan n’ira pas au paradis avec sa recette volée. En revanche, notre héros deviendra chef de tribu et fera promettre à ses sujets d’abandonner le cannibalisme. Tout est bien qui finit bien, quand le héros bronzé aux yeux clairs met son grain de sel dans la marmite des aventures écrites par Leslie Charteris.
Bibliographie
1 Charteris L., Le Saint en Afrique, Librairie Arthème Fayard, Paris, 1963, 190 pages

