Quand le Saint fustige les teintures capillaires bourrées de produits chimiques !

Paru dans le numéro 50 du magazine Le Saint détective de 1960, la courte nouvelle Gibet à louer met en scène une journaliste au blond platine totalement artificiel et un agent artistique à la chevelure particulièrement originale.1 Au milieu, un pendu… Paul, le frère de l’animateur vedette du moment. Et sur le bord et au milieu, un Simon Templar qui craint un peu, tant il regarde la jolie journaliste avec obstination !

En un rien de temps, Simon Templar dit le Saint confond l’assassin et séduit la jeune journaliste ! Du 2 en 1 !

Paul Zaglan, le pendu !

Il est retrouvé pendu à une lampe dont le pied a servi de potence. Cet homme, qui travaillait dans l’ombre de son frère Ziggy, était le cerveau du binôme ! Sans Paul, la popularité du beau Ziggy, due à ses répliques pleines d’éloquence (apprises par cœur), risque bien de chuter vertigineusement.

Mais avec PaulZiggy court le risque de voir, un jour, s’étaler tous les éléments de sa vie privée par le biais, en particulier, d’une biographie intitulée « Ma vie dans l’ombre de Ziggy Zaglan » !

Ted Colbin, le mal foutu !

L’agent de Ziggy est un « petit » homme « râblé », au « visage tanné par le soleil et « aux cheveux blonds ». Un teint hâlé qui fait dire à l’auteur de l’ouvrage que son possesseur est un homme en « parfaite santé » (« Sa peau hâlée reflétait la parfaite santé, seule taxe exigée par la Chambre de commerce (avec le yacht et la piscine) de tous les résidents de Floride […] »).

En bonne santé, mais fagoté « comme l’as de pique » et doté d’une chevelure à faire pleurer un coiffeur doté d’une once de conscience professionnelle (« Sa chevelure évoquait le coup d’essai malheureux d’un coiffeur. »).

Cet agent artistique, qui sent bien que Paul est en train de péter un câble et s’apprête à ruiner la carrière de son frère, n’hésite pas à passer à l’acte pour sauver ses 10 % ! Il élimine donc Paul, avec l’aide de son collègue Damian.

Lois Norroy, la belle chevelue !

Cette ravissante jeune fille possède un « teint de brugnon » très naturel, qui contraste violemment avec « des cheveux dont la nuance platine », interroge toute personne censée. Cette blondeur excessive, qui ne « saurait se maintenir au-delà de la petite enfance sans le secours de produits chimiques », étonne Simon Templar, qui n’est pas sans remarquer, en outre, la plastique superbe et « exubérante » de la jeune journaliste. Une journaliste au magazine Fame qui, selon Simon, ressemble plus à une « star de cinéma » qu’à une intellectuelle !

Lois a pour tâche de rédiger les portraits des artistes qu’elle a pour charge d’interviewer. Elle vient de travailler, en particulier, sur le portrait de Ziggy, le frère de Paul, un homme d’une grande beauté, animateur adulé du public.

Et un drôle de bain

Colbin entraîne Damian dans son projet d’assassinat. Tous deux sont donc dans « le même bain ».

Gibet à louer, en bref

Une nouvelle datant de 1960, qui fait un parallèle entre bronzage et bonne santé et qui évoque une teinture capillaire bourrée de « produits chimiques » !

Bibliographie

1 Charteris L., Gibet à louer in Merci, le Saint, Librairie Arthème Fayard, 1960, 188 pages