Quand l’agent 007 devient l’agent 7777 !

Voilà notre cher James Bond repartit en mission, au Japon cette fois-ci.1 Aux ordres du « Tigre Tanaka », le « chef des services secrets japonais » ! Cette mission lui a été confiée par son chef « M », afin de le tirer de la déprime dans laquelle il est tombé suite à l’assassinat de son épouse Tracy (Eh oui on apprend que James Bond a été mariée durant quelques heures avant de devenir un veuf inconsolable) par un « supergangster » nommé Ernst Stavro Blofeld.

Une mission que James Bond va réussir comme de coutume, aidé comme souvent par un excitant type « orthédrine » !2-4

James Bond ou l’agent 7777

James Bond change de section ; il change également son numéro de code et troque son célèbre 007 pour un 7777.

James Bond ou Bondo-san

Au Japon, James Bond découvre des femmes dont les dents sont « laquées de noir », en « signe de grande distinction » et dont le visage est couvert d’un « maquillage si épais » que l’on se croirait dans une pièce « du théâtre No ».

Au Japon, James Bond est appelé Bondo-san ! Bondo-san va devoir subir une transformation physique, afin de pouvoir être pris pour un véritable Japonais et ainsi se fondre dans la masse.

La mission qu’il a acceptée

James Bond a pour mission de tuer un être ignoble, un certain Dr Guntram Shatterhand (en réalité l’ennemi-intime de James, Ernst Stavro Blofeld, le fondateur du Spectre) qui vit avec son épouse, Frau Emmy Shatterhand (en réalité Irma Bunt) dans un domaine réputé inaccessible, sur une île imprenable. Là le fameux Guntram a réuni tous les éléments nécessaires (plantes vénéneuses, animaux venimeux…) pour que des Japonais en mal de moyen de suicide puissent parvenir à leur objectif. Et cela fonctionne à fond puisqu’en 6 mois, 100 Japonais sont venus se tuer sur ses terres. Pour se prémunir de toutes ces émanations toxiques, le docteur ne se déplace qu’en armure intégrale ! Oui, mais à ce compte, le Japon va se dépeupler. Il faut donc mettre un terme à cette tuerie de masse !

La transformation qu’il a acceptée aussi

James Bond a accepté de se rendre dans un centre thermal. Là, il se fait chouchouter. Bain de chaleur, nettoyage « de la tête aux pieds », puis bain complet, réalisé dans une cuve contenant une « teinture sombre très tenace » (du « brou de noix ») pour obtenir un épiderme foncé. « Vous vous détendrez, vous y tremperez votre visage et vos cheveux. Ensuite, elle vous séchera et vous coupera les cheveux à la mode japonaise ». Puis, elle effectuera un « massage » « délicieux »… Elle… une charmante jeune fille de 18 ans nommée Mariko Ichiban. James reprend un peu goût à la vie !

Une fois teinté et rasé de près, James Bond est transformé. Ses « cheveux noirs luisants de cosmétique », son teint, ses sourcils… tout a été ajusté afin de le faire ressembler à un Japonais de souche.

Le régime qu’il a adoré

James Bond découvre le bœuf de Kobé. Un bœuf à la viande très tendre, du fait de massages réalisés manuellement sur chaque bête, avec du « Shochu », un alcool très fort. Avec, en outre, un régime à base de bière et de fourrage !

Le bain qu’il a plébiscité

James Bond découvre la façon de se baigner des Japonais. Tout commence par un lavage soigneux, afin de pouvoir prendre un bain dans une eau parfaitement limpide. Tigre, qui a initié James Bond à l’art de la propreté, ne cache pas son mépris pour les Occidents, qui sentent le « porc sucré », même après le bain, pour la simple raison qu’ils ne font que « mariner » dans leur propre crasse !

La jeune fille qui l’a séduit

Pour arriver à réaliser sa mission, James Bond va s’associer à une pêcheuse d’ormeaux de l’île d’Amas. Kissy Suzuki est belle à tomber par terre… Elle a voulu être actrice (on l’a comparé à « Garbo »), mais elle est revenue dépitée d’Hollywood, préférant retrouver une vie saine parmi les siens.

Une jeune fille dont la peau est dorée comme une « pêche bien mûre », qui ne connaît pas le « maquillage » et qui laisse ses sourcils comme la nature les a faits (donc sans « aucune trace d’épilation »).

Et quand même des coups de soleil

En repérage autour du nid de son ennemi, James Bond abuse du Soleil et récolte, comme on peut s’y attendre, de beaux « coups de soleil » « sur les épaules ».

Kissy s’occupera de soigner la peau de James, en le lavant doucement pour éliminer le sel de sa peau, puis en tamponnant délicatement la peau brûlée avec « du lait chaud ». Par la suite, James Bond gardera une chemise, afin d’éviter d’aggraver l’état de sa peau.

Et un bon coup sur le chef

James Bond a bien réussi sa mission. Il a tué les amants diaboliques… Seul problème : il est devenu totalement amnésique… Et Kissy ne fait rien pour l’aider à retrouver la mémoire. Elle l’a baptisé du nom de Taro Todoroki et compte bien finir ses jours à ses côtés ! Ce qui fait que tout le monde le croit mort !

Et un bon coup de bol

Un morceau de journal accroché dans les WC va déclencher chez James un drôle d’éclair de lucidité. Il y est question de Vladivostok… C’est certain… James doit tout faire pour rejoindre cette ville où il sent qu’il est attendu !

On ne vit que deux fois, en bref !

Cet opus nous laisse un goût amer, tant notre héros en sort diminué. Il n’est plus qu’un jouet entre les mains de Kissy, qui mêle à ses aliments des potions aphrodisiaques, à base de « venin de crapaud » et fait tout ce qu’il faut pour obscurcir la raison de son amant. Au mot de Vladivostok, le sang de James Bond ne fait qu’un tour. Affaire à suivre !

Bibliographie

1 Fleming I., On ne vit que deux fois, édition établie par Francis Lacassin, Bouquins La collection, 889 pages,2024

2 Baruk H, Joubert P. Action suspensive de l’ortédrine sur certaines obsessions avec toxicomanie consécutive. Ann Med Psychol (Paris). 1951 Jun;109(2 1):69-71.

3 Baruk H, Joubert P. Actions thérapeutiques et dangers des amphétamines ou amines psycho-toniques; toxicomanies et délires hallucinatoires ortédriniques. Ann Med Psychol (Paris). 1953 Mar;111(1 3):305-13.

4 https://www.cnrtl.fr/definition/orth%C3%A9drine