Quand Hoppy nous fait des séances d’œnologie très particulières !
Dans l’opus intitulé Le Saint à Miami,1 le Saint (Simon Templar) est en vacances chez un ami, Lawrence Gilbeck. Rien de très original. Sauf que lorsque Simon débarque dans la propriété de Lawrence, celui-ci a bel et bien disparu. Et par ailleurs, lorsque Simon et sa fiancée Patricia se rendent à la plage, ils constatent qu’un sous-marin est en train de s’amuser à faire exploser les navires qui croisent dans le secteur ! Il y a du sabotage dans l’air ; il y a de l’espionnage dans l’eau !
Mais aussi des médicaments, des cosmétiques, et des boissons alcoolisées !
Le Saint, optimiste de nature
On apprend, ici, que Simon est un optimiste forcené ! Un optimiste qui considère « les soucis comme des médicaments pour l’usage externe. »
Le Saint, joyeux par nature
En arrivant chez Lawrence et en découvrant la maison vide, Simon s’interroge. Que s’est-il passé ? « C’est peut-être un coup des dentistes ? Gilbeck a acheté en masse des titres de la Compagnie des Cure-dents, et un de ces dentistes a déclaré soudain que les cure-dents présentaient toutes sortes d’inconvénients, qu’ils favorisaient la carie, ou le cancer… et les titres ont baissé drastiquement. » Ce qui a amené Lawrence a tué ces fichus dentistes et à fuir la justice !
Le Saint, amoureux par nature !
Comme de coutume, Simon se montre hardi avec les belles femmes. Il n’hésite pas ainsi à voler des baisers. Et d’embrasser, sur la bouche, une certaine Karen … Une action qui déclenche une réaction : la jeune femme se voit obligée de réparer les dégâts occasionnés par les lèvres du séducteur. « Elle était assise, et devant un minuscule miroir, elle réparait à l’aide d’un bâton de rouge à lèvres les dommages causés par Simon. »
Peter, un ami de Simon, ironise en voyant les traces de rouge à lèvres sur la peau de son ami. Simon a beau lui dire qu’il n’a fait qu’écouter les confidences de la jeune femme, son ami n’en croit pas un mot. « Et c’est avec ta bouche que tu écoutes, remarqua Peter. Tu n’aurais pas dû essayer ce rouge à lèvres ; il te va bien. »
Pat, jolie en Schiaparelli
On apprend ici que la fiancée de Simon se fait habiller par Schiaparelli ! Pas jalouse pour un sou cette brave Pat !
Randolph, riche comme Crésus
A tout juste 21 ans, Randolph March est le riche héritier « du roi des spécialités pharmaceutiques ». La spécialité de la maison, le « Baume Duodénal », est parfait pour le traitement des « douleurs d’estomac, des aigreurs, des brûlures » ! Certaines mauvaises langues affirment que ces médicaments sont composés uniquement de l’eau d’un étang possédé par la firme. « On pompe l’eau dans le bateau, puis on en fait des remèdes qu’on vend très cher. » Et Simon Templar nous précise que la société fabrique également la « lotion March », « pour faire repousser les cheveux » !
« Un visage rond et rose » et des « rides profondes », témoins d’une « vie dissipée », voilà comment nous est décrit Randolph.
Ce riche rejeton de l’industrie pharmaceutique est un espion à la solde de l’Allemagne !
Karen Leith, jolie et parfumée
La petite amie de Randolph est une magnifique rousse, aux cheveux « parfumés » (« l’odeur parfumée de ses cheveux ») et aux « yeux violets » ! Elle plaît tout de suite à Simon qui lui concocte des cocktails au « nom de parfum » (« Nuit de Noces ») ! On voit le genre ! On apprend à la fin de l’ouvrage que Karen est, en réalité, un agent du Service secret britannique.
Lafe Jannet, teigneux à plaisir
Il est au service de Jesse Rogers et a été payé pour se débarrasser de Simon. Celui-ci désigne la cheville de l’individu. Là où Hoppy diagnostique une « teigne », Simon identifie la marque du « fer » fixé au pied du bagnard !
Gallipolis, bronzé à plaisir
C’est chez Gallipolis que Jesse Rogers aime à venir prendre un verre. On nous apprend que ce Grec possède un « beau visage bronzé ».
Hoppy, fervent alcoolique
L’ami de Simon est porté sur la bouteille. Simon prend grand soin de cet ami dévoué, l’alimentant en boisson alcoolisée et le mettant au lit de bonne heure, afin de lui permettre de conserver un visage lisse et sans « rides » !
Et au sujet de son goût pour l’alcool, on le surprend dans cet opus à déguster un « tord-boyaux », qui sent « le soufre et les œufs pourris », mais convient tout de même à son palais peu délicat. Il nous est rappelé que Hoppy a vécu la prohibition et a consommé toutes sortes d’ersatz « aussi brûlants que dénaturés, depuis l’alcool pur et simple jusqu’aux lotions pour les soins de la chevelure » !
A côté de ce « tord-boyaux » exquis, le whisky servi dans d’autres bars lui semble aussi fade qu’une tisane au « tilleul ». « ça a exactement le goût de ce avec quoi vous vous lavez le matin. »
Et au sujet de la cuisine locale
On sert dans les restaurants locaux de drôles de plats, telle une « côte de porc frite dans l’huile d’arachide », agrémentée de légumes et d’une « mayonnaise » « faite de flocons de savon liés avec de l’huile d’auto. »
Le Saint à Miami, en bref
On croyait que l’énigme concernait la disparition de l’ami Gilbeck (on ne sait même plus ce qu’il est devenu en raison d’une intrigue compliquée !), on découvre un vaste complot mené par les partisans de l’Allemagne nazie. L’occasion de retrouver un Simon Templar plus séducteur que jamais et un Hoppy Uniatz, plus alcoolique que jamais !
Bibliographie
1 Charteris L., Le Saint à Miami, Fayard, 1965, 221 pages

