Quand Bérurier fait hara-kiri à la crasse…
Pour une première fois, c’est une première fois ratée ! Le cousin Hector et Pinaud ont décidé de s’associer, afin de créer une agence de détectives.1 Leur première enquête aboutit à la disparition d’Hector ! Censé filé M. Helder pour le compte de sa femme (celle-ci pense à un adultère de la part de son tendre époux, qui semble fréquenter une jeune Asiatique), Hector disparait dans la nature. La petite Asiatique, quant à elle, est tuée d’un coup de couteau, juste sous les yeux de Bérurier… qui prend l’assassin en chasse. Un assassin, qui s’embarque dans un avion pour Tokyo, avec, à ses basques, San Antonio et ses précieux collaborateurs, Pinaud et Bérurier. De rebondissement en rebondissement, on finit par retrouver Hector et par s’embrasser en famille.
Revient dans la poupoule…
Rappelons que Pinaud a démissionné de la police, à la suite d’un petit héritage et s’est lancé dans la vie de cabaretier. Malheureusement, le seul client de l’établissement n’est autre que Pinaud lui-même, ce qui n’arrange pas ses affaires. Pinaud hésite entre « réintégrer la poule » et monter une agence de détectives privés, en association avec le cousin Hector (le cousin de San Antonio). C’est la seconde version qui sera, malheureusement, choisie !
Succombe à une poupoule
La secrétaire de l’agence est une « ravissante demoiselle de 74 piges », qui enduit les multiples boutons de sa face avec une « pommade au soufre ». Une charmante secrétaire, qui tape à la machine avec frénésie (elle recopie le bottin !) et se « barbouille le bas de hure de rouge à lèvres. » Tout un programme !
Se fait hara-kiri
Dans cet opus, il est question d’une enveloppe maléfique, qui sème la mort sur son passage. Tous ceux qui lisent ce qui est noté sur l’enveloppe se font hara-kiri. Fouzy Houtusé se suicide dans les toilettes de l’avion ! Yamamotokétolabo se jette, quant à lui, par la fenêtre ! Il faut dire que le texte écrit sur l’enveloppe stipule que tous ceux qui auront touché à celle-ci seront maudits « pour l’éternité », à moins de mettre fin à ces jours dans l’instant-même !
Manque de se faire hara-kiri
Dans les bagages de Fouzy Houtusé, San Antonio découvre une « trousse de toilette », qui « pue le parfum extrêmement extrême-oriental ». Cette trousse est bourrée de « petits flacons » qui contiennent, selon le cas, « des essences » ou des « cristaux de bain ». San Antonio renifle le contenu de chaque flacon et détecte, tout à coup, un flacon suspect, qui contient un liquide épais et huileux. De la nitroglycérine, qui n’attend qu’une secousse pour faire BOUM !
Manque de bol
Manque de bol contenant de la mousse à raser ! A Tokyo, San Antonio débarque sans un gramme de bagages. Pas de « brosse à dents rotative », ni de rasoir… Il faut passer aux « Galeries Lafayette » locales pour corriger tout cela et pour pouvoir sortir le « système pileux ratissé ».
Une fois le matériel nécessaire à l’hygiène acheté, San Antonio n’hésitera pas à s’en servir… Il sera, ainsi, chaque jour « baigné, rasé, amidonné, calamistré, parfumé » ! Séduisant, en un mot !
Manque de soleil
Durant cet épisode japonais, San Antonio rencontre la flamboyante Barbara Takemehall. Une rousse peu farouche, qui prend des bains de soleil, « à l’ombre d’un palétuvier à feuilles d’acanthe » !
Une rousse incandescente, qui met le feu au cœur de Bérurier, qui se paye une aventure express avec la dame en question et sort de sa chambre, comme si de rien n’était, « barbouillé de rouge à lèvres comme une selle d’agneau est barbouillée de moutarde. »
Manque de mourir du supplice des fourmis
Voilà Bérurier capturé… et soumis à un terrible supplice. Badigeonné de miel et placé dans un tonneau rempli de fourmis, le « Gros » est boulotté par toutes ces charmantes bébêtes. C’est un coup d’appareil « à fly-toxer », qui met fin à cette session d’exfoliation animalière. La peau de Bérurier « est rouge vif. Jamais il n’a été aussi propre, notre bon pépère. Les fourmis lui ont fait sa grande toilette car, en même temps que le miel, elles ont becqueté toute sa crasse. »
Suite à ce décrassage en règle (Bérurier nous est présenté comme une véritable poubelle dans tous les opus de la série), il conservera, du moins temporairement, le goût de la propreté n’hésitant pas à prendre « un bain pour se retaper » !
Et un lecteur un peu bousculé
Gentiment bousculé… puisque Frédéric Dard s’imagine que son « caberlot » est rempli du contenu d’un « paquet de coton ». Un lecteur qui, soi-disant, aurait besoin de « 64 ans » pour piger une histoire ! C’est pas complètement faux !
Et une mise au parfum
En effet, au tout début de l’enquête, San Antonio interroge Pinaud : « J’aimerais que tu me mettes un peu au parfum. » Et Hector de rebondir : « Je ne sais pas si tu es au parfum, Tonio, mais Pinuche et moi, nous avons fondé une agence de police privée. »
Ensuite, c’est San Antonio qui met son collègue Roult au parfum… « et je te mets au parfum en cours de route. »
Fleur de nave vinaigrette, en bref
Le lecteur dans cet opus a, effectivement, du mal à suivre ce qui se cache derrière cette enveloppe meurtrière. Ce que l’on retiendra de cette aventure c’est la transformation fugace qui s’opère concernant le Gros. Un Bérurier qui prend goût à l’hygiène et décide de prendre des bains un peu plus que tous les 10 ans ! De quoi plaire aux fans de cosmétiques !
Bibliographie
1 Dard F., Fleur de nave vinaigrette in San-Antonio tome 5, Bouquins La collection, 2022, 1252 pages

