Quand Balzac nous fait sentir l’odeur de l’argent !

Camille de Grandlieu est amoureuse du jeune comte Ernest de Restaud.1 Celui-ci est le fils aîné d’une famille bien éprouvée. Son père est décédé après avoir déshérité sa famille au profit d’un homme d’affaires avisé… un certain Gobseck. Grâce à l’intervention d’un avoué dévoué, ce Gobseck se laisse attendrir et restitue au jeune homme une petite partie de sa fortune.

Un court roman de Balzac centré sur l’argent, sur l’infidélité, sur l’inconduite qui mène à la ruine !

La comtesse Emilie de Restaud, un teint virginal !

Cette jeune comtesse est brune, jolie ; elle a la « peau blanche et satinée ». Elle aime le luxe, les belles étoffes, les beaux bijoux, les bons parfums. « Je sentais une vague odeur de parfums » flotter dans l’air de sa chambre, nous dit Gobseck, venu réclamer son dû. La jeune femme a, en effet, quelques dettes à son actif. Des dents « blanches », une « peau douce »… Balzac la compare à un ange. Un ange déchu, toutefois, puisque cette jeune mère de famille trompe son époux sans vergogne et dépense des sommes considérables pour sa vie de débauche.

Le comte de Restaud, un teint cadavérique !

Cet homme souffre mille morts, par la faute de sa seconde femme, qui dilapide sa fortune. Sa santé s’en ressent et le pauvre homme meurt en déshéritant sa famille. Se méfiant de la perfide Emilie, le comte vit ses derniers jours au milieu d’un chaos indescriptible. Tous les « objets que nécessite une maladie », des « fioles vides ou pleines », sont réunis dans une chambre pleine de poussière. Le comte ne quitte plus son lit et se laisse pousser les cheveux, qui atteignent, dès lors, « une longueur extraordinaire » !

Fanny Malvaut, un bon teint !

Fanny Malvaut est une jeune fille de bonne famille, tombée dans la misère. Une vraie petite « Parisienne », « élégante et fraîche » ! Toujours bien tenue et parfaitement propre. « Oh, je suis rarement hors de chez moi : mais quand on travaille la nuit, il faut bien prendre quelquefois des bains… ». Pour d’autres raisons que la comtesse, Fanny a recours à un usurier pour arriver à vivre… à crédit !

Un déjeuner de garçons !

Quel fouillis, quel carnage que ce déjeuner de garçons, décrit par Balzac. Des mets en abondance, du vin à foison, de la vaisselle cassée… Bref « cent odeurs et des cris composés de cent voix. »

Les dangers de l’inconduite, en bref

Dans ce roman, Honoré de Balzac s’applique à nous faire sentir de l’argent… l’odeur du vice, de la trahison, du mensonge, mais aussi l’odeur du labeur, de la sueur !

Un grand merci à Jean-Claude A. Coiffard, poète et plasticien, pour son illustration du jour.

Bibliographie

1 Balzac H. de, Les dangers de l’inconduite, Folio, Gallimard, 2024, 109 pages