Pour une mission au Kelsaltan, San-Antonio utilise un autobronzant ! Efficace !

Une mission hors de l’Hexagone pour San-Antonio et ses acolytes qui sont envoyés à l’imanat de Kelsaltan,1 afin de récupérer des documents confidentiels et, si possible, deux agents secrets qui ont disparu dans cette zone. Ce pays, dirigé par l’iman Komirespyr, est fabuleusement riche, du fait de son sous-sol gorgé de pétrole. Il existe, toutefois, des rivalités locales, la fonction de l’iman Komirespyr étant convoitée par l’émir Obolan ! Bref, une vraie poudrière !

San-Antonio, Bérurier et Pinaud sont diligentés sur place, à la tête d’une caravane de « bimbeloterie » ! Ils sont accompagnés d’un malfrat qui parle l’arabe… Sirk Hamar ! Celui-ci est extrait des geôles françaises, afin de servir de guide à notre trio de choc.

Tout ce petit monde va faire des merveilles et les documents secrets (qui ont été ingérés par l’espion qui les avait avalés avant d’être torturé à mort) retrouvés. Et hop… une mission réussie de plus !

Le vieux qui sourit !

Le vieux, le « Tondu », le chef quoi… ne laisse jamais son équipe refroidir. A peine une mission terminée… en voilà une autre qui lui est confiée.

Un brave homme, qui « sourit », comme « la Jouvence de M. l’abbé », à ses inspecteurs, avant de les envoyer risquer leur peau pour la Nation ! Et à propos de cette jouvence-là, San-Antonio nous fait savoir que, pour venir à bout de ses ennemis, il ne va pas hésiter à avoir recours à son révolver préféré. (« Alors j’applique la jouvence extrême. Pas celle de l’abbé Souris, l’autre : celle du révérend Pan-Pan. »)

Un brave homme, au crâne chauve, un crâne « pareil au dargif d’un bébé élevé à la Blédine ».

En tout cas un homme qui ne rigole pas avec la discipline et n’hésite pas à envoyer son équipe d’élite au bout du monde lorsque les intérêts de la France l’exigent. Frédéric Dard nous indique qu’il « se gargarise avec du tricolore soir et matin. »

La veillasse constipée !

Il est traité ici de « vieillasse » et son visage nous est décrit de manière pessimiste… comme une « bouille de constipé ». C’est de Bérurier qu’il est question ici. Entre amis, on se soigne !

Le jeune malfrat calmé !

Sirk Hamar est né au Kelsaltan ; il parle le « kelsaltipe » couramment. Il n’est, toutefois, pas très chaud pour retourner dans un pays qu’il a fui pour des raisons politiques. On lui injecte donc un « remède pour le faire tenir tranquille ». Une « petite piqûre » dont l’action dure quelques heures. Malheureusement, les ampoules de principe actif sont brisées durant le transport, ce qui va corser l’histoire forcément !

Un vendeur du BHV tout pas bronzé !

Afin d’avoir du stock à vendre, San-Antonio file au BHV. Il s’adresse à un vendeur qui « a la blancheur endive dans son sous-sol sans soleil », qui « n’a que des tubes néon pour bronzer » et lui fait l’achat de tout un lot de « coupe-tomates », de « fixe-chaussettes » et autres objets du même acabit. Voilà… la couverture de San-Antonio est assurée. Avec ce genre de stock il va pouvoir faire des ravages auprès des ménagères !

Les femmes de l’émir Obolan, exquises, tout simplement !

L’une d’elles est quasiment nue, puisqu’elle n’est couverte que d’une « perle précieuse » ; « son bronzage » est parfaitement « uniforme », sans aucune marque parasite.

La favorite se nomme Lola. Il s’agit d’une Parisienne, qui a été vendue à l’émir par une bande de voyous dirigée par… Sirk Hamar. Tiens… tiens… comme on se retrouve ! Précisons au passage que notre cher San-Antonio ne va pas résister longtemps à la tentation de piquer la femme de l’émir et ce d’autant plus qu’elle ne semble attendre que cela. Pour parler de manière imagée San-Antonio va utiliser Lola comme un « cataplasme » « sur la poitrine » !

L’agent S O4 H2, acide assurément !

Il se nomme Gérard ou Acide Sulfuric ; il est retrouvé réduit à l’état d’épave dans les geôles de l’émir Obolan. Il s’agit d’un des agents spéciaux disparus. Son corps couvert de plaies est traité par Bérurier à l’aide d’un pansement confectionné à l’aide d’un drap imbibé d’huile.

Et une bouteille d’autobronzant !

C’est San-Antonio qui se charge de maquiller ses collègues, afin de leur donner le ton, le bon ton. « J’ai emporté plusieurs boutanches de Bronzine de chez Molyneux et je barbouille la vitrine de Pinaud et celle – plus vaste – du Gros, avant de m’occuper de la mienne. » Après un temps d’attente certain, « une plombe », tous trois ont obtenu un hâle parfaitement régulier.

Un hâle qui laisse, toutefois, transparaître un teint verdâtre, lors d’un voyage mouvementé en bateau. Et un hâle non protecteur qui, du fait des conditions météorologiques, laisse aussi voir une teinte « cuivrée », témoin de coups de soleil.

Et des bouteilles d’eau de Cologne

Hébergé par l’émir (la troupe se fait passer pour des artistes venus pour la fête du « Falzar » après avoir jeté aux orties leur couverture de marchands ambulants), San-Antonio admire le confort des chambres, avec un flacon « d’eau de Cologne » dans chaque salle de bain ! Le matin, on lui prépare un « bain à l’extrait de feuilles de rose », qui détend notre homme pour le reste de la journée.

Et l’expression « maquiller »

Dans le cas présent, cette expression est employée pour signifier que la maman de San-Antonio préfère ignorer le genre de mission confié à son petit. « Elle préfère ne pas le savoir, ce que je vais maquiller chez les arbis. » Et ce d’autant plus qu’elle craint toujours que son fils ne laisse son « derme » loin de ses bras.

Et elle a de quoi s’inquiéter la brave Félicie, car son fils va se faire fouetter au point d’en avoir le dos meurtri à l’extrême. « j’ai l’impression qu’on vient de me bronzer le dos avec une lampe à souder. » On le menace également de la torture du pal (retranscrit par Frédéric Dard en torture du « suppositoire en bois d’arbre »).

Et de l’éthylisme pharmaceutique

On le sait, Bérurier a des tendances à l’alcoolisme. Sans bouteille de vin à proximité, il se rabat sur l’alcool destiné à désinfecter la peau de Sirk Hamar (avant toute injection). Le « bois-sans-soif » s’est tapé une « douzaine d’ampoules » d’alcool à 90° pour remplacer sa boisson de prédilection.

Le thé consommé au Kelsaltan n’est pas à son goût ! « Votre thé des familles, fait-il, vous pouvez vous en faire des lavements. »

Et un bain de pied déplacé

Bérurier a les pieds sales. En babouches… cela se voit ! De là à réaliser un bain de pied alors que l’on manque d’eau en plein désert… c’est un peu fort ! San-Antonio s’impatiente : « Et toi, qui de mémoire de plombier ne t’es jamais lavé les pinceaux, c’est ce moment que tu choisis pour le faire ! ». Là, pile, au moment où tout le monde se rationne.

Et une histoire de Marie-Rose

Pour traiter des morpions.

Et un bain au figuré

Oui, Sirk Hamar est embarqué contre son gré dans cette aventure. Il est « dans le bain » ! Un « drôle de bain » même !

Et du talc particulier

La végétation est recouverte de sable. Frédéric Dard y voit une comparaison cosmétique facile, mettant en scène des « arbres chétifs », « talqués de sable blanc ».

Et du bicarbonate de soude à titre de comparaison !

Frédéric Dard a des complexes. Ça se sent… difficile pour lui de faire de la littérature populaire ! D’où des remarques par-ci, par-là ! Frédéric Dard n’écrit pas pour endormir ; il nous met du « poil à gratter » dans notre quotidien et aime à se comparer à du bicar ! « Je suis le bicarbonate de soude de la littérature : je ne fais pas penser, je fais roter ! » Et de ce fait, il « soulage » les organismes de ses lecteurs. Un vrai médoc en somme ! A faire rembourser par la sécu, s’il vous plait !

On remarquera que le bicarbonate est à l’honneur dans cet opus, puisqu’il entre deux fois sur scène ! Il est également mentionné pour montrer à quel point l’émir Obolan vit mal le fait d’avoir été berné par San-Antonio, qui, après s’être fait passer pour un marchand ambulant, a choisi de se glisser dans la peau d’un artiste de cirque. De quoi énerver un émir qui se rend compte, tout à coup, qu’un espion s’est glissé dans son palais. « Il lui faudrait douze quintaux de bicarbonate de soude pour digérer cette humiliation. »

Et de la vaseline !

Avec l’expression : « Tu te répands dans la vaseline, mec » !

Et un lavement

Incorrigible, Bérurier meurtrit une fois de plus l’orthographe, en disant que « tout est à lavement », en lieu et place de tout à l’avenant !

Et un lecteur malmené

Celui-ci est, comme de coutume, moqué pour son cerveau lent ! Afin d’affuter nos cellules grises, Frédéric Dard nous conseille de passer voir notre « pharmago habituel », qui pourra nous conseiller des « pilules » du tonnerre pour booster notre intellect !

Et un public qui n’applaudit pas

Bérurier et Pinaud se sont maquillés pour leur spectacle à destination de l’émir. Avec de la « teinture d’iode » et de l’encre de Chine, Bérurier réalise un maquillage léopard qui va très bien à son numéro de lutteur. Pour autant, le public reste froid ; ce sont des « constipés des phalanges », nous dit-on ! Il faut dire que le numéro de lutte vire au carnage quand on voit arriver une brute immense, bien décidée à tuer l’artiste en question. « C’est le combat de David contre Colgate », est-il précisé !

Bérurier au sérail, en bref

L’émir Obolan veut renverser l’iman Komirespyr. Pour ce faire, l’émir s’est mis en cheville avec les Russes. Sauf que les Russes ont kidnappé des agents français… Très mauvaise idée, puisque cela met San-Antonio sur la piste ! Avec son « sourire Colgate » et presque sans effort, le commissaire remet de l’ordre dans tout cela, libère l’espion survivant en même temps que la favorite kidnappée ! Mission réussie, très bien contée par notre bicarbonate de référence !

Un grand merci à Jean-Claude A. Coiffard, poète et plasticien, pour son illustration du jour.

Bibliographie

1 Dard F., Bérurier au sérail in San-Antonio tome 6, Bouquins La collection, 2024, 1261 pages