Pour se lever du bon pied, trois flexions et un bon bain, c’est Hergé qui commande !
D’un musée ethnographique à la jungle des Arumbayas… il y a du chemin pour un jeune reporter, qui ne lâche pas la piste d’un fétiche volé puis restitué (du moins sa copie !).1 L’original contenait une pierre précieuse… Affaire à suivre !
Côté cosmétiques et médicaments, cet opus nous permet de surprendre Tintin au saut du lit et de découvrir que les petits chiens comme Milou peuvent parfaitement s’intégrer dans des protocoles thérapeutiques… du moins des protocoles un peu datés !
En matière de routine cosmétique
Dès la première page de cet album de Tintin, paru en 1937, nous découvrons avec plaisir la routine-beauté-santé de notre jeune héros. C’est sous l’impulsion d’une émission de radio commandant quelques mouvements de gymnastique que le jeune reporter commence sa journée. Il se dirige ensuite vers la salle de bain pour un « bon bain », au cours duquel il va utiliser une éponge et du savon. Une routine classique, mais pas forcément très habituelle, à une époque où la baignoire n’a pas encore fait son entrée dans tous les logements !
En matière de routine santé
Dans cet opus, Tintin ne joue pas les médecins. Il s’est donné une mission : comprendre ce qui s’est passé à partir du vol du fétiche Arumbaya dont a été victime le musée ethnographique de sa ville. De fil en anguille, Hergé coud, pour son héros, une aventure sur-mesure, le faisant échapper, dans un pays d’opérette situé en Amérique du Sud, à un peloton d’exécution (occasion de rencontrer l’ombrageux général Alcazar) et aux différentes bombes et attentats qui vont se multiplier sur son parcours. Milou, quant à lui, paye de sa personne ; sa queue est ainsi frôlée par une balle, transpercée par une flèche, mordue par un piranha ! Et il manque, tout bonnement d’être sacrifié sur l’autel de la médecine traditionnelle par un sorcier arumbaya. Celui-ci a reçu un message des Esprits de la forêt, concernant la guérison du fils d’un homme de la tribu. Il va falloir sacrifier le premier animal croisé dans la forêt par le père de famille, afin de constituer pour le jeune malade un remède salvateur. Pour guérir de manière « extraordinaire », Milou (oui, c’est lui qui a été croisé dans la forêt) doit être immolé et son cœur doit être donné « tout palpitant » au jeune malade. Heureusement, Tintin arrive à point ! Milou est sauvé.
Les chiens… les petits chiens dans la médecine occidentale ? Oui, on en trouve aussi trace, avec, par exemple cette huile de petits chiens, obtenue en faisant bouillir des petits chiens dans une marmite et destinée à guérir les sciatiques.2
L’oreille cassée, en bref
Bon pied bon œil et oreille intacte, Tintin se montre, une fois de plus, plein de ressources, lorsqu’il s’agit de traquer les méchants et de faire justice ! Pour cela, une hygiène de vie impeccable !
Bibliographie
1 Hergé, L’oreille cassée ; Casterman, 61 pages, 1966
2 https://www.vidal.fr/actualites/37117-une-huile-de-petits-chiens-pour-soigner-les-sciatiques.html

