Nos regards
Pour éviter l’acné excoriée, on ne triture pas sa peau !

> 22 mars 2018

Pour éviter l’acné excoriée, on ne triture pas sa peau ! Comme nous l’avons vu dans un autre Regard, l’acné vulgaire est une pathologie fréquente (https://www.regard-sur-les-cosmetiques.fr/nos-regards/dans-le-sillage-des-medecins-qui-se-sont-interesses-a-l-acne-vulgaire-509/). La manipulation psychotique de la peau, caractérisée par le fait de gratter ou de presser (les anglo-saxons emploient le terme de « picking ») sa peau, qu’elle soit « normale » ou le siège de lésions mineures, que l’on doit plutôt qualifier d’irrégularités, concerne environ 2% des patients consultant dans les services de dermatologie (Arnold LM, Auchenbach MB, McElroy SL., Psychogenic excoriation. Clinical features, proposed diagnostic criteria, epidemiology and approaches to treatment. CNS Drugs., 2001, 15, 5, 351-359).

La manipulation des lésions d’acné, à l’aide des doigts, ou de divers accessoires type pince à épiler, ne peut qu’exacerber le phénomène inflammatoire et engendrer des cicatrices inesthétiques. Ce phénomène de « trituration » des lésions est un phénomène courant qui peut atteindre, dans certains cas, des degrés extrêmes et qui doit alors être pris en charge dans le cadre d’une aide psychologique.

Il faut distinguer deux situations différentes. Il y a, d’une part, ce que l’on a pu appeler l’« acné excoriée des jeunes filles » qui survient, comme son nom l’indique, chez des adolescentes ayant du mal à accepter leur image et qui souffrent d’une acné à peine visible aux yeux de leur entourage et du corps médical. Dès 1898, le Dr Brocq décrit ce qu’il nomme une « manie » et qui consiste, pour la personne concernée, à s’observer dans le miroir et à « ouvrir les boutons, les creuser pour en faire sortir le germe ou les microbes qu’ils contiennent. » (http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k5800636m/f10.image.texteImage) Cette pratique qui consiste à exacerber des lésions d’acné existantes est désormais perçue comme un « appel au secours ». On sait, en effet, que le ressenti psychologique n’est pas toujours proportionnel ni au nombre de lésions, ni à leur sévérité et que les filles plus soucieuses de leur apparence physique que les garçons seront plus vulnérables face à cette pathologie (Ru’aa Alharithy, Adolescent’s acne: Scarring inside out!, Journal of the Saudi Society of Dermatology & Dermatologic Surgery, 15, 2, 2011, 43-46). On note, d’autre part, l’induction d’excoriations chez des femmes souffrant d’acné légère à modérée, avec, dans ce cas, des blessures infligées à la peau moins importantes.

Les motivations qui poussent les sujets à manipuler leurs boutons sont liées à un sentiment de gêne vis-à-vis de leur apparence ou bien constituent une manière de diminuer leur stress. Certains sujets avouent avoir du mal à s’arrêter de triturer leur peau, d’autres indiquent que l’arrêt ne peut être consécutif que suite à un saignement (Madhulika A. Gupta, Aditya K. Gupta, Nicholas J. Schork, Psychological Factors Affecting Self-Excoriative Behavior in Women With Mild-to-Moderate Facial Acne Vulgaris, Psychosomatics, 37, 2, 1996, 127-130).

Risque d’infections, risque de séquelles cicatricielles… Le message est clair. En cas d’acné ou de toute autre pathologie cutanée, une seule consigne : « Touche pas à ta peau ! »






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