Poudre de riz et sang-froid meurtrier !

Quel séducteur, cet Arsène Lupin ! Dès qu’il rencontre la belle et rousse Hortense Daniel, son sang ne fait qu’un tour.1 Et le voilà qui ne rêve plus que de poser un doux baiser sur la bouche convoitée. Pour ce faire, lui qui se cache ici sous l’identité du prince Serge Rénine va devoir résoudre 8 énigmes, en venant en aide à ses semblables tourmentés par un coup du destin. Et cela marche plutôt bien pour le prince qui réussit tous les défis et finit, comme il se doit, dans les bras de la séduisante Hortense.

Hortense, la belle rousse !

Elle est belle. Elle est rousse. Elle a 26 ans et son mari, fou à lier, est interné. De ce fait, Hortense s’ennuie à mourir… dans la demeure de son oncle Aigleroche. Une petite visite du prince Rénine va venir bouleverser la monotonie des jours de la chère Hortense qui, au contact de ce bel invité, sent à nouveau le sang couler dans ses veines.

Thérèse et Germaine, de belles ennemies !

Thérèse d’Imbreval va être supprimée par son époux, qui souhaite finir ses jours auprès de sa maîtresse, Germaine Astaing. Voilà le plan dressé par la perfide Germaine, qui désire que son amant pousse Thérèse d’une falaise ! Sauf que… tout ne se passe pas comme prévu ! Thérèse sort un couteau dont elle s’est munie bien à propos et tue celui qui en veut à sa vie.

Pour démêler les fils de cette histoire, simple en apparence, il a fallu tout le talent d’un Arsène Lupin qui, tel le Créateur, sonde les reins et les cœurs.

Lorsque l’on voit Germaine Astaing se repoudrer tranquillement, alors qu’Arsène est en train de dévoiler son manège, on se dit que cette femme, qui est l’instigatrice de tout ce gâchis, possède des nerfs d’acier !

« Lentement, les yeux levés vers une glace, elle rajusta son chapeau et se mit de la poudre de riz. »

Rose-Andrée, la belle aux bois !

L’actrice Rose-Andrée a été enlevée… par un maniaque ! Rose-Andrée étant la demi-sœur d’Hortense… le comte Rénine se voit dans l’obligation de mettre ses talents à l’épreuve.

Pour une fois, ce n’est pas un drame… mais une comédie puisqu’Arsène retrouve Rose-Andrée dans les bras d’un « homme des bois domestiqué, pommadé » par celle qui a su trouver le chemin de son cœur. La brute, « moulée dans un maillot », semble posséder toutes les qualités pour l’actrice, qui roucoule dans ses bras au moment où Arsène finit par la trouver… dans une chaumière au fond des bois !

Geneviève, la belle noyée

Geneviève Aymard a tenté de se suicider sous les yeux du comte Rénine, qui plonge dans la Seine et ramène la noyée sur la berge.

La pauvre jeune fille a été larguée par son fiancé. Celui-ci, qui se présente parfois comme s’appelant Jean-Louis Vaubois et d’autre fois comme Jean-Louis d’Ormival, a rompu ses vœux, car il ne souhaite pas imposer à l’élue de son cœur le chaos de sa vie.

Ce jeune homme, né de mère inconnue – impossible de savoir si sa mère est Mme Vaubois ou Mme d’Ormival étant donné que la sage-femme qui les a accouchées toutes les deux a posé les deux bébés, habillés de manière identique, dans le même berceau, avant de constater que l’un d’eux était décédé – subit la tyrannie de ce binôme infernal.

Les deux femmes passent, en effet, le plus clair de leur temps à s’injurier…

Ces deux femmes sont des harpies mal cosmétiquées. L’une possède une « chevelure à boucles trop blondes » ; l’autre arbore une « figure rousse et fardée » !

Les huit coups de l’horloge, en bref

Une fois de plus, l’on constate que la poudre de riz est le cosmétique par excellence du début du XXe siècle (ce roman est paru en 1923). En toutes circonstances, même les plus terribles, même les plus tragiques, il est courant de trouver les héroïnes de roman, un poudrier à la main, en train d’effectuer des retouches de maquillage. Ce roman de Maurice Leblanc ne déroge pas à la règle !

Un grand merci à Jean-Claude A. Coiffard, poète et plasticien, pour son illustration du jour.

Bibliographie

1 Leblanc M., Les huit coups de l’horloge, Arsène Lupin, Le livre de Poche, 1966, 315 pages