Nos regards
Portrait d’un couturier haut en couleur par Leslie Charteris !

> 07 avril 2019

Portrait d’un couturier haut en couleur par Leslie Charteris !

Simon Templar, alias Mr Tombs, alias Comte de Cristamonte, est « un grand type au visage bronzé », au corps « athlétique et souple », passé maître dans l’art du déguisement. Son « torse d’athlète » et sa « souplesse musclée et harmonieuse » font de lui la coqueluche de ces dames. Le Saint, c’est ainsi qu’on le désigne également, a la vie chevillée au corps. On le quitte, en mauvaise posture, pieds et poings liés au fond de la Tamise… on le retrouve impeccablement vêtu lors d’une soirée organisée par une milliardaire.

Lorsque Le Saint s’intéresse à la mode,1 il y a anguille sous roche. Le couturier qui retient toute son attention est un petit génie. Il s’appelle Valentine et possède une drôle d’anatomie. Sa tête est en forme de cœur. Il coiffe ses longs cheveux blonds de telle manière qu’ils « bouffent de chaque côté d’une raie médiane ». « Les sourcils peints, les yeux maquillés, la bouche dessinée - toujours un cœur ! », Valentine est une véritable caricature du couturier à la mode. Valentine absorbe les « r » à la façon des « Incroyables du Directoire ». Cet être fantasque est fou... de musique. Il apprécie tout air qui lui rappele « le chant d’une cascade », « la rencontre de deux express en pleine vitesse » ou « le son de la barbe sous le rasoir ». Le cerveau de Valentine ne reste jamais inactif. Lorsqu’il ne concocte pas des robes à partir de « toile à sac » (Style Ragamuffin), il s’inspire d’un chou-fleur pour une ligne très personnelle.

Valentine ne se sépare jamais de sa mère (ils sont tous les deux parfaitement copiés/collés, tant au niveau de la forme du visage que du choix de leurs produits de maquillage), de son bras droit, l’énigmatique Tania, de son homme de main Weed. Le grain de sable est d’origine parisienne. Il s’agit d’un jeune mannequin qui se prénomme Joëlle. Celle-ci a l’intuition que, derrière le couturier excentrique, se cache une organisation à l’honnêteté douteuse.

De nombreux vols de bijoux sont commis. Joëlle et Simon se mettent en quatre pour démasquer les voleurs.

Ce roman qui se lit, sans effort, met en scène une femme richissime et replète dont les mains ressemblent à des jambonneaux, une autre tout aussi riche qui se plaît dans un « bain très chaud », parfumé « à la violette ». Attention à ne pas croiser Weed et sa clé anglaise. Même s’il l’utilise à « dose homéopathique », celle-ci ne fera pas du bien lorsqu’elle sera assénée au sommet d’un crâne ! On y maquille de faux blessés à l’aide de peinture rouge, on y use d’un gaz anesthésiant. Le superintendant Claude Eustache Teal mâche consciencieusement son chewing-gum et attend tranquillement que Le Saint dénoue les fils de l’intrigue.

Pas de panique, tout est bien qui finit bien pour les riches londoniennes qui retrouvent leurs bijoux. Ce n’est pas un couturier trempé dans le maquillage qui va venir à bout du célèbre aventurier !

Un grand merci à Jean-Claude A. Coiffard, poète et plasticien, qui nous donne une folle envie de nous remplonger dans toutes les aventures de Simon Templar !

Bibliographie

1 Charteris L., Le Saint suit la mode, Librairie Arthème Fayard, Paris, 1957, 219 pages






Retour aux regards