Nos regards
Peut-on vraiment parler de cosmétiques pour animaux ?

> 15 septembre 2017

Peut-on vraiment parler de cosmétiques pour animaux ? Si d’un point de vue réglementaire un médicament peut parfaitement être destiné, selon le cas, aux humains (médecine humaine) ou à l’animal (médecine vétérinaire), il n’en est pas de même en ce qui concerne un cosmétique. Celui-ci est destiné exclusivement à l’Homme. Il existe donc un vide réglementaire concernant tous ces produits destinés aux animaux et que l’on appelle, faute d’appellation plus juste, des cosmétiques. Les produits à disposition sont nombreux. On trouvera des shampooings (parfois même anti-chute), des après-shampooings, des dentifrices, des soins réparateur et protecteur pour la truffe (analogues à nos sticks labiaux), des crèmes hydratantes, calmantes, des parfums… La société Ladybel a eu la curieuse idée de vouloir parfumer le pelage des chiens à l’aide de senteurs diverses et variées ; les parfums Sweet glamour et Sweet fraise, par exemple, doivent surprendre l’odorat performant de plus d’un canidé.

Du fait du vide réglementaire existant, la composition de ce type de produits n’est pas toujours clairement indiquée sur l’emballage. En outre, faute de réglementation spécifique, les laboratoires qui commercialisent ce type de produits ont recours aux matières premières utilisés pour la réalisation des cosmétiques ce qui peut poser des problèmes d’ordre toxicologique quand l’on sait qu’un même ingrédient peut être parfaitement toléré par l’Homme et s’avérer dangereux pour le chien, le chat, le cheval…

Enfin, autre problème qui peut faire sourire : si l’on tient absolument à raccorder cette catégorie de produits aux cosmétiques on se heurte au problème de l’interdiction des tests sur animaux. Qui se propose pour tester l’innocuité et l’efficacité de ce type de produits ? Remarquons que la société LDCA « laboratoire pionnier en dermo-cosmétique animal » réalise une double performance réglementaire (pour bien prendre la mesure de celle-ci il est conseillé de lire le regard https://www.regard-sur-les-cosmetiques.fr/nos-regards/les-dermocosmetiques-1-2-certains-sont-tres-bien-108.

Il n’est que de voir tous les subterfuges mis au point par la famille de Boule pour arriver à baigner le cocker de la famille, pour comprendre que l’hygiène et l’animal sont deux notions antinomiques.

Il s’avèrerait indispensable de légiférer sur une catégorie de produits laissés actuellement en totale liberté. Bill le vaut bien, tout de même !






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