Où tout commence dans une école… d’esthétique !

Une aventure qui commence à « l’Ecole du Charme »,1 une entreprise qui promet aux femmes peu séduisantes d’acquérir, en quelques leçons, un corps de rêve et un sex-appeal indéniable… de quoi séduire les traqueuses d’informations esthétiques/cosmétiques que nous sommes. Et ça fonctionne à fond !

Une aventure menée rondement, à plein régime, dans une structure où l’on apprend à peu manger, à se dépenser (et à dépenser beaucoup d’argent) et à se maquiller avec soin.

Au sujet de Simon Templar, quelques confidences

Il a une carrure d’athlète, des yeux d’un bleu remarquable, « un bleu peu commun, brillant comme le saphir » et des « traits mâles » et « bronzés ». Il vit dans le beau quartier de Bel Air, à Los Angeles.

L’auteur nous le répète dans chaque opus, Simon a le « visage bronzé » (expression employée 2 fois ici), un « visage mâle bronzé » (expression employée 1 fois).

L’auteur nous révèle ici que Simon Templar est surnommé le Saint, à cause de ses « initiales » ST…

L’auteur nous murmure aussi que Simon n’est pas marié, afin de laisser de l’espoir à toutes ses admiratrices.

Au sujet de la bêtise féminine, quelques confidences

L’auteur de ce roman a décidé de fustiger la « bêtise féminine ». Qui peut croire, en effet, qu’un laideron sera susceptible de se transformer en beauté divine, en entrant simplement dans un « institut de beauté » ou dans une « clinique esthétique » ? Qui, on se le demande bien ?

L’Ecole du Charme, beaucoup de publicité

Elle est située rue de l’Espoir à Hollywood et attire des femmes qui ont été séduites par des publicités, qui mettent en avant les traitements révolutionnaires proposés dans cette école de la beauté ! Là, on leur fait pratiquer toute une gymnastique visant à éliminer les kilos en trop. Une salle complète d’instruments « de torture féminine » accueille les victimes consentantes !

Bones et Slobbo, beaucoup de poudre aux yeux

Ces deux-là ont pour charge de transcender leurs victimes, à l’aide de toute une batterie d’outils, allant du « pétrisseur électrique », au « vibreur », en passant par le massage manuel et l’utilisation de compléments alimentaires miracle se présentant sous la forme de petites « pilules » ! « La merveille » est un « traitement » efficace pour retrouver un corps plein d’allant. Ces pilules constituent, nous disent Bones et Slobbo, un « catalyseur » qui agit en synergie avec les autres traitements pratiqués et permet de multiplier par 10 les bénéfices obtenus. Un actif qui est le fruit de recherches scientifiques poussées et dont le mécanisme d’action repose sur la stimulation directe du « pouvoir psychique » de séduction qui existe chez toute femme.  Un actif qui se relève n’être qu’un vulgaire placébo, composé exclusivement de… sucre !

Mark Cramm, trop de muscles

Surnommé M. Muscles, il a pour mission de séduire les femmes qui ont franchi les portes de l’Ecole du Charme, de se faire prendre en photo avec celles-ci, de manière compromettante, afin de pouvoir les faire, ensuite, chanter à loisir.

Goggles ou Grubb, pas beaucoup de moralité

Celui qui se fait appeler tantôt Goggles, tantôt Grubb, est le directeur d’un journal à scandales (le journal « Dig »), spécialisé dans la pratique du chantage. Soit la personne paie… soit les informations compromettantes à son égard sont publiées !

Rex Ficks, encore moins de moralité

C’est l’avocat Rex Ficks qui est le grand patron de cette organisation démoniaque. Et comme tout est lié, ce vilain bonhomme est le fiancé de Diana, une jeune fille « au visage à peine maquillé », et dont les cheveux forment une « coulée d’or en fusion sur les épaules », la meilleure amie de Laurie (celle-ci n’est autre que la fille bien-aimée de Mme Grace Gilder).

Mme Grace Gilder, une victime qui court à sa perte

L’une des victimes de cette Ecole du Charme est une femme sur le retour, une certaine Mme Gilder, qui voit son mari s’éloigner d’elle et noyer son ennui dans un travail forcené. Afin de regagner l’amour de sa moitié, Grace est prête à mettre les bouchées doubles…

Et cela fonctionne. Grace retrouve son charme d’antan et retrouve ses réflexes de maquillage, les bons (« son visage maquillé selon les canons de l’Ecole du Charme »). Grace soigne désormais sa mise et vérifie « cent fois son maquillage », lorsqu’elle s’apprête à rencontrer un beau jeune homme !

Mme Ada Kloof, une victime sacrifiée

Une autre victime de cette Ecole du Charme se nomme Ada Kloof. On ne peut pas dire que les cours reçus aient porté du fruit. Au moment où nous la découvrons Ada est « l’opposé de la séduction ». « Les conseils de beauté » prodigués par l’Ecole n’ont pas tous été compris par Ada, qui arbore, désormais, un « maquillage outrancier », peu flatteur. Le « rouge » déborde de ses lèvres, « comme si elle avait mangé des framboises à poignées » ! Ses « ongles » sont « barbouillés d’un vernis agressif » ! Quant à sa chevelure, beaucoup « trop parfumée », elle risque plus d’écœurer ses prétendants que de les attirer.

Cette victime-là l’est d’autant plus qu’elle sera retrouvée assassinée à son domicile.

Et un garçon pommadé

Dans cet opus, Simon se rend dans un club privé, le club Texan, qui réunit des « notabilités ». Pour y entrer un garçon, « pommadé, calamistré, ciré comme un quarter neuf », s’empresse de filtrer les importuns qui ne font pas partie des membres affiliés.

Le Saint exige la tête, en bref

Laurie Gilder a conseillé à sa mère de s’inscrire à l’Ecole du Charme, afin de reconquérir le cœur de son époux. En faisant cela, Laurie a placé sa mère en fâcheuse posture. Pour réparer le mal qu’elle a fait, il ne lui reste plus qu’à devenir l’associée de Simon Templar, le temps d’une aventure, afin de sortir Grace de ce nid de vipères. Et tant qu’à faire, Laurie va remonter la piste jusqu’au sommet de la pyramide et faire tomber un réseau de malfaiteurs avec maestria, sauvant ainsi sa meilleure amie des griffes d’un horrible individu !

Bibliographie

1 Charteris L., Le Saint exige la tête, Librairie Arthème Fayard, 1957, 219 pages