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Ne confondons pas glucuronolactone et gluconolactone !

> 19 décembre 2018

Ne confondons pas glucuronolactone et gluconolactone !

L’une entre dans la composition des boissons énergisantes, l’autre est un actif anti-âge apprécié outre-Atlantique. L’une comme l’autre méritent que l’on se penche sur leur Curriculum vitae le temps d’un Regard… et plus si affinités.

La glucuronolactone, qu’est-ce que c’est ?

La D-glucuronolactone ou acide glucuronique gamma lactone est un métabolite du glucose, produit au niveau du foie des mammifères. On la trouve également dans le milieu végétal. Elle est obtenue industriellement par oxydation de l’amidon par de l’acide nitrique. On la trouve dans des boissons énergisantes à destination d’un public jeune. On sait, en effet, que ce type de boissons est apprécié des étudiants qui pensent ainsi augmenter leurs performances et en particulier leur résistance aux nuits blanches. La glucuronolactone est incorporée à dose élevée (600 fois l’apport quotidien journalier dans le cas d’une canette de 250 mL de Red Bull, par exemple) dans cette catégorie de boisson et associée à de la caféine.1,2 On lui reconnaît des propriétés hépatoprotectrices.3 Dans le domaine cosmétique, on ne trouve pas de publications la concernant. L’inventaire européen (CAS 32449-92-6 ; EC 251-053-3) lui attribue le rôle d’agent conditionneur ce qui est assez peu précis.4

La gluconolactone, qu’est-ce que c’est ?

La gluconolactone est présentée dans certaines publications – elles sont peu nombreuses – comme un polyhydroxyacide cyclique, venu des Etats-Unis, dans les années 1990. Tout comme la glucuronolactone, il s’agit d’un intermédiaire de la voie des pentoses phosphates. On lui reconnait de nombreuses propriétés pouvant être mises à profit dans le domaine cosmétique. Effet anti-âge, hydratant, apaisant, antioxydant, chélatant… sont autant d’effets à mettre à son actif.5 En 2009, la dermatologue Zoe Draelos rapporte l’effet anti-âge de l’action conjuguée d’alpha-hydroxyacides et de polyhydroxyacides dans le cadre d’une étude sponsorisée par les laboratoires Neostrata.6 Pour qui recherche un séquestrant du calcium afin de formuler des produits d’hygiène, il peut être utile de connaître cette matière première.7 Pour qui veut formuler des produits anti-âge agissant sur la rigidification des fibres de collagène par phénomène de glycosylation, il est important de retenir le nom de cet ingrédient multi-casquettes. Prévoir un pourcentage d’incorporation élevé dans ce cas (pourcentage de l’ordre de 10 %).8 La gluconolactone peut être retrouvée dans l’inventaire européen (CAS 90-80-2 ; EC 202-016-5). Elle y est présentée comme un agent chélatant et un agent conditionneur.9

Glucono- et glucurolactone, en bref

Le logiciel Coptis, intarissable en ce qui concerne les ingrédients cosmétiques, nous indique que la gluconolactone est présente dans un grand nombre de matières premières, associée à des hydrolysats de soja, du miel, des extraits de plancton, d’hamamélis, de guarana, nous en passons et des meilleurs ! En association avec du benzoate de sodium et du gluconate de calcium, elle porte l’étiquette « conservateur ». La glucuronolactone est, par contre, bien isolée. Une seule matière première référencée en contient. Le Pantrofina NMF® se pique de vouloir ressembler au Natural Moisturizing Factor. Son nom INCI est le suivant : Water (and) Sodium PCA (and) Honey (and) Urea (and) Glucose (and) Fructose (and) Propylene Glycol (and) Citric Acid (and) Glycine (and) Acetyl Glucosamine (and) Glucuronolactone (and) Lysine HCl (and) Hydrolyzed Collagen (and) Imidazolidinyl Urea (and) Magnesium Nitrate (and) Methylisothiazolinone (and) Methylchloroisothiazolinone (and) Magnesium Chloride. Si les actifs sont bien choisis, les conservateurs laissent déjà plus à désirer !

Si nous sommes réticentes à l’idée de se dynamiser à coup de canettes de boissons énergisantes, on pourra en revanche faire confiance à ces matières premières pour un usage cosmétique.

Bibliographie

1 Petit A, Karila L, Lejoyeux M., Abuse of energy drinks: does it pose a risk?, Presse Med., 2015, 44, 3, 261-70

2 Massimo Ricciutelli, Giovanni Caprioli, Manuela Cortese, Antonietta Lombardozzi, Gianni Sagratini, Simultaneous determination of taurine, glucuronolactone and glucuronic acid in energy drinks by ultra high performance liquid chromatography–tandem mass spectrometry (triple quadrupole), Journal of Chromatography A, 1364, 2014, Pages 303-307

3 Po-Ju Chen, Chih-Hsien Chiu, Jung-Kai Tseng, Kou-Tai Yang, Yi-Chen Chen, Ameliorative effects of D-glucuronolactone on oxidative stress and inflammatory/fibrogenic responses in livers of thioacetamide-treated rats, Journal of Functional Foods, 14, 2015, Pages 154-162

4 http://ec.europa.eu/growth/tools-databases/cosing/index.cfm?fuseaction=search.details_v2&id=34016

5 Myra O. Barker, Newer cosmetic ingredients—new patch testing problems?, American Journal of Contact Dermatitis, 9, 2, 1998, Pages 130-135

6 Draelos Z., The efficacy and tolerability of hydroxy acids in males with moderate to severe photoaging, Journal of the American Academy of Dermatology, 60, 3, Suppl 1, 2009, Page ab79

7 Donald L. Bissett, Common cosmeceuticals, Clinics in Dermatology, 27, 5, 2009, Pages 435-445

8 Barbara A.Green, Brenda L. Krys Bojanowski, Ronni L. Weinkauf, Antiaging bionic and polyhydroxy acids reduce nonenzymatic protein glycation and skin sallowness, Journal of the American Academy of Dermatology, 70, 5, Suppl 1, 2014, Page ab22

9 http://ec.europa.eu/growth/tools-databases/cosing/index.cfm?fuseaction=search.details_v2&id=34009

 

 

 






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