Mise en garde contre une pratique peu hygiénique !
L’homme qui pouvait faire de l’or est l’une des deux nouvelles retrouvées dans l’opus de Leslie Charteris intitulé Ici, le Saint.1
Dans cette courte nouvelle, un certain Brian Quell décède dans les bras de Simon Templar (dit le Saint), en murmurant une phrase très énigmatique : « Et puis… il a dit que Binks pouvait fabriquer de l’or… » !
Forcément, Simon ne va pas résister à la tentation d’en savoir plus sur ce mystérieux Binks !
Il va résoudre cette énigme en beauté, mais en prenant un risque cosmétique important !
Le Saint, toujours aussi bronzé
On nous parle, en tout cas, de son « visage basané » !
Les amies de Patricia, toujours aussi sophistiquées !
Patricia, la fiancée de Simon, fréquente la haute société londonienne. Les « jeunes gens » y arborent des « cheveux lisses » ; les femmes, quant à elles, sont « outrageusement maquillées ».
Le fameux M. Jones, très basané
C’est apparemment lui qui a tué Brian Quell et qui retient prisonnier un chimiste capable de synthétiser de l’or. Ce M. Jones possède « un visage basané, entièrement rasé » et une stature imposante.
Le fameux Binks, très calé !
Ce savant « frêle et voûté » travaille au milieu d’un « fantastique fouillis d’appareils mystérieux » aux yeux de Simon. Ce laboratoire ultra-moderne permet au chimiste (et même à l’alchimiste) de travailler avec l’outillage le plus performant. Dans ces conditions, « l’honorable professeur » a réussi le prodige tant attendu depuis des siècles. Il ne lui reste plus que quelques adaptations à faire pour que le « métal précieux coule facilement du robinet » d’une simple salle de bain !
Ce savant n’est autre que le frère de Brian. Binks est son surnom !
Et un blaireau savonneux
Simon Templar réussit à retrouver la piste du fameux M. Jones. Celui-ci séquestre un chimiste dans une demeure isolée. Simon, en fouillant la maison, met la main sur « un blaireau », « couvert de flocons de mousse de savon desséchée ».
Peu dégoûté, il se servira, en fin de roman, « des brosses et des objets de toilette » de Jones, après avoir tué celui-ci. Le combat a été brutal et Simon, complètement décoiffé, cherche à retrouver son élégance habituelle. Il veillera, toutefois, à manipuler ces objets « la main entourée d’un mouchoir », afin d’éviter de laisser des empreintes.
Et une mise en garde
Dans ce roman paru en 1939, l’auteur semble oublier qu’il n’est pas prudent d’utiliser le matériel cosmétique trouvé au hasard dans la maison d’un escroc. On sait, en effet, qu’entre 1915 et 1924 ont été commercialisés sur le marché des blaireaux de piètre qualité contaminés à l’anthrax.2 On sait, en outre, que le blaireau peut constituer un véritable réservoir à « microbes »,3 susceptibles de contaminer les imprudents qui n’utilisent pas leur accessoire personnel ! De quoi faire frémir rétrospectivement notre héros imprudent !
L’homme qui pouvait faire de l’or, en bref
Brian Quell a été contacté par Jones afin d’établir un contact entre ce dernier et son frère, un brillant chimiste sur le point de faire une découverte sensationnelle. Devant son refus de coopérer (Brian sent bien que ce M. Jones n’a pas vraiment l’air très honnête), Brian est assassiné et son frère enlevé. Reste pour Simon Templar (dit le Saint) à suivre la piste de ce M. Jones, afin de mettre sous les verrous un homme qui risque bien de déstabiliser la planète entière. Mission accomplie, puisque M. Jones est tué par Simon en fin d’opus. Dégât collatéral : le Dr Quell décède, lui aussi ; cette fois-ci par accident !
Bibliographie
1 Charteris L., Ici, le Saint, Fayard, 19714, 254 pages
2 Vázquez-Espinosa E, Laganà C, Vazquez F. Una visión histórica, socio-cultural y literaria de casos de Bacillus anthracis por brochas de afeitar [An historical, sociocultural view and in the fiction literature of Bacillus anthracis cases by shaving brushes]. Rev Esp Quimioter. 2018 Jun;31(3):203-208
3 Oie S, Kamiya A. Microbial contamination of brushes used for preoperative shaving. J Hosp Infect. 1992 Jun;21(2):103-10

