Nos regards
Madame Armand joue les twins avec Madame Bovary

> 29 avril 2018

Madame Armand joue les twins avec Madame Bovary « La dame du photographe » (Colette, 1944), autrement dit Madame Armand, ressemble un peu, voire même beaucoup, à Madame Bovary, tant au plan moral, qu’au niveau physique (https://www.regard-sur-les-cosmetiques.fr/nos-regards/emma-bovary-une-accro-aux-cosmetiques-377/).

L’une comme l’autre ont des « rêves trop hauts pour une maison trop étroite » (G. Flaubert, Madame Bovary, 1857).

L’une comme l’autre se passent aisément de mascara. Emma « possède de beaux cils qui donnent l’illusion d’yeux noirs alors qu’ils sont bruns. » « Madame Armand avait autant de cils qu’une Espagnole, et un regard d’oiseau, j’entends un regard noir, riche d’un éclat invariable », au point que tout le monde se retourne sur elle en admirant « la belle brune ».

L’une comme l’autre sont sanglées dans des corsets, comme l’exige la mode en vigueur. Colette aime à se moquer de cette mode qui transforme la femme en un yo-yo inesthétique (https://www.regard-sur-les-cosmetiques.fr/nos-regards/-a-bas-le-corset-vive-la-creme-amincissante-281/). « Son buste sanglé d’un corsage écossais rouge et noir, à brandebourgs de soutache, me faisait penser, entre les battants mi-ouverts d’une jaquette, à une petite armoire. Une séduction de femme-tronc émanait d’elle. » Emma, plus énergique que Madame Armand, boit « du vinaigre pour se faire maigrir. »

L’une comme l’autre ont les nerfs à fleur de peau. Là où Emma a des « battements de cœur » qui nécessitent la prescription de « valériane et de bains de camphre » par son médecin et néanmoins mari, Madame Armand a « ses nerfs ». « C’est une femme qui s’étripe pour faire fine taille, alors elle est forcée à chaque minute de chercher son vent. »

Les différences entre Madame Armand et Madame Bovary tiennent à un cheveu... L’une, Madame Armand, arbore « une frisure en éponge sur le front », à la manière de la reine Alexandra d’Angleterre, l’autre, Emma, des bandeaux qui « luisaient d’un éclat bleu. »

Ah, un détail (!) tout de même... Si Madame Bovary réussit à mettre fin à ses jours, Madame Armand pas...

Un grand merci à Jean-Claude A. Coiffard, poète et plasticien, pour son bien joli jeu de poupées russes !






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