Nos regards
Macbeth et si ce drame se résumait à une affaire de cosmétiques…

> 01 novembre 2017

Macbeth et si ce drame se résumait à une affaire de cosmétiques… Le problème majeur rencontré par les personnages de Macbeth (Shakespeare W., Macbeth, traduction de Pierre Jean Jouve, Ed Flammarion, 2006, 292 pages) est finalement un problème cosmétique.

Rappelons rapidement l’histoire : trois sorcières promettent à Macbeth qu’il deviendra roi (« Très grand salut, Macbeth ! qui plus tard seras roi. ») à la place de Duncan. Son compagnon Banquo « produira des rois, bien que ne l’étant pas. » Ceci va impliquer une série de meurtres. Macbeth tue Duncan, tue les gardes et les macule de sang pour leur faire porter le chapeau ; Macbeth tue Banquo pour éviter d’être tué par celui-ci et rate son fils (celui-là même auquel les sorcières promettent un beau destin). Pour finir, Macbeth est assassiné par un noble écossais, Macduff. Sorcières repoussantes, potions étranges, insultes en tout genre, poignard et armes sanglantes constituent la trame de cette célèbre pièce.

Refaisons l’histoire. Imaginons que les trois sorcières (« Chacune alors mettant son doigt gercé/Sur ses lèvres séchées/Vous pourriez être femmes/Vos barbes cependant m’empêchent d’interpréter/Que vous l’êtes. ») aient possédé une crème hydratante (https://www.regard-sur-les-cosmetiques.fr/nos-regards/les-cremes-barriere-des-produits-fort-utiles-85/), un bon stick labial (https://www.regard-sur-les-cosmetiques.fr/nos-regards/du-bon-choix-d-un-stick-labial-359/), une crème dépilatoire ou une simple pince à épiler (https://www.regard-sur-les-cosmetiques.fr/nos-regards/le-poil-voila-l-ennemi-enfin-au-moins-un-146/) et un déodorant efficace (« Soit pourri l’air qu’elles chevauchent »). Bien dans leur peau, elles n’auraient certainement pas ressenti le besoin de faire des prédictions aussi terribles !

Imaginons que la sorcière Hécate ait distillé des fleurs telles que la rose ou la lavande plutôt que la « goutte vaporeuse » qui pend « sur la corne de la lune ». Plutôt que de faire « surgir des esprits d’artifices », elle aurait produit des huiles essentielles, qui, mélangées entre elles, auraient abouti à un parfum unique...

Imaginons que les Sœurs Fatales, au lieu de faire bouillir dans leurs marmites « filet de serpent des marais, œil de salamandre, doigt de grenouille, poil de chauve-souris, langue de chien, fourche de vipère, dard de vert-aveugle, jambe de lézard, aile de chouette... », aient mélangé cire d’abeille, huile d’olive et eau florale, elles auraient conjuré le sort et mis au point la recette du cold cream.

Imaginons que Macbeth n’ait pas écouté ces mauvaises voix. Il n’aurait pas perdu le sommeil (« Le bain du dur travail, baume d’esprits meurtris »).

Lady Macbeth et son mari ne seraient pas à courir après un super-nettoyant ultra-efficace pour les mains. Alors que le crime vient d’être perpétré, lady Macbeth tente de faire disparaître toute trace de l’assassinat (« Allez donc chercher l’eau/Et lavez de ce sale témoin votre main »). Le sang revient toujours et Macbeth ne peut que constater : « Tout l’océan du grand Neptune arrivera-t-il à laver/Ce sang de ma main ? Non, c’est plutôt ma main/Qui rendra les multitudes marines incarnat,/Faisant de tout le vert - un rouge. ») Lady Macbeth en tombe folle. Elle souffre d’un TOC. « C’est un acte habituel chez elle, avoir l’air de se laver les mains. Je l’ai vu continuer à faire ça pendant un quart d’heure. » Le médecin qui la suit est impuissant à la traiter. Pour cette raison, Macbeth le traite d’« idiot à la face de crème. »

Le bien-être apporté par les cosmétiques ne doit pas être sous-évalué. L’enfer vécu dans Macbeth par les différents protagonistes aurait pu être évité tout simplement par une bonne connaissance des cosmétiques.

Ah ! Si Shakespeare s’était connecté tous les matins à notre blog, il n’aurait pas laissé les sorcières dans cet état et aurait, joyeusement, rédigé une comédie pleine d’entrain, plutôt que ce drame sanglant !

Merci à Jean-Claude A. Coiffard, poète et plasticien, qui trouve également que Macbeth aurait beaucoup mieux fait d'ouvrir un institut...






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