Lorsque la beauté sort d’un pot, on est en train de lire « La mousson » !
Dans le roman de Louis Bromfield, on rencontre, toutes sortes de gens.1 Des riches, des pauvres, des puissants, des humbles. Des médecins qui se heurtent au problème de la tradition, de la religion et doivent faire preuve de pédagogie et d’autorité afin de pouvoir limiter au maximum les conséquences des épidémies pouvant survenir durant la période de la mousson.
Un roman aqueux où les rapports humains ne baignent pas dans l’huile. Un orage, la rupture du barrage qui surplombe la cité, une vague d’eau qui déferle sur la ville. Le tsunami emporte tout sur son passage et révèle la vraie personnalité de chacun.
Un roman plein d’odeurs, de parfums, des bonnes (le santal, le jasmin…) et des mauvaises (« l’odeur du choléra, l’odeur de vie dans la mort ») ! A lire, un jour de pluie pour l’ambiance !
La mousson, une histoire de salle de bains
Il pleut tout le temps dans ce roman… C’est « comme si Dieu avait tiré la chaîne d’une gigantesque douche » ! C’est également comme si on était toute la journée dans un « bain de vapeur » ! Bref, une histoire qui pourrait aussi bien se passer dans une salle de bain !
Tom Ransome, un dégénéré régénéré !
Il s’agit du personnage principal du roman, dont on n’apprend le prénom qu’à la page… 143 ! Tout gravite autour de cet homme de 38 ans, au teint « bronzé » et à l’air désabusé ! Il faut dire que Tom n’a aucun but dans la vie. Il peint un peu, se promène parfois, boit beaucoup ! Et est considéré comme un « dégénéré » par certains.
La catastrophe liée à la rupture du barrage, la mort du maharajah… autant d’évènements qui vont mûrir notre homme. Appelé à l’aide par la maharani, Tom va relever ses manches et aider à la reconstruction du pays et ce avec l’aide de Miss Mac Daid et des Smiley…
Jean-Baptiste, un serviteur dénudé !
Jean-Baptiste, le serviteur de Ransome, est autorisé, par son maître, à exécuter, durant la mousson, les tâches domestiques… tout nu ! « Pendant la canicule, Ransome l’autorisait à vaquer, nu, à sa besogne ». C’est ce moyen étrange que Ransome à trouver pour que son serviteur ait un aspect de propreté. « […] nu, il était propre. » Alors que lorsqu’il arbore un costume blanc celui-ci est invariablement constellé de taches.
Le major Safti, un adepte de la simplicité
Cet Indien est un médecin consciencieux qui voue son existence aux malades. Cet homme ne regarde pas les femmes… du moins jusqu’à ce qu’il rencontre Edwina. Pas l’Edwina sophistiquée… mais l’Edwina du lendemain de la catastrophe. « Non, cette femme au visage lisse, au maquillage soigné, habillée à Paris » ne l’intéresse pas. En revanche, lorsque « la belle Anglaise aux cheveux luisants » se met à son service pour soigner les malades sa vision des choses change du tout au tout. Et son cœur se dilate !
Miss Mac Daid, une adepte des cosmétiques de camouflage
L’infirmière du major Safti, Miss Mac Daid lui est vouée corps et âme. En tout bien tout honneur, cela va sans dire ! Cette Ecossaise, de 49 ans, fort « laide », aux allures d’armoire normande, est pleine de compassion pour les malades qu’elle soigne avec grande humanité. Avec du « savon jaune et de l’acide phénique », elle tente de venir à bout des miasmes les plus repoussants.
D’un point de vue physique, Miss Mac Daid n’est guère gâtée par la nature avec ses « cheveux clairsemés » et son visage qui, au fil du temps, s’est mis à ressembler à du « cuir » tout ridé.
Elle essaie bien de s’améliorer un peu grâce aux cosmétiques, avec entre autres un peu de blush pour rosir son teint, du « rouge discret » sur « son visage maquillé et ridé » et de la teinture capillaire pour masquer ses « cheveux grisonnants »… Toutefois, elle se doute bien que ce n’est pas avec cela qu’elle risque de séduire le major dont elle est, pourtant, follement amoureuse. Et ce d’autant plus qu’elle a parfois la main un peu lourde en matière de dosage. « L’infirmière avait un air pimpant et frais malgré l’air brûlant ; mais elle avait mis trop de rouge sur son visage fatigué. » Une main lourde ou malhabile, puisque son visage « fatigué » est qualifié parfois de « mal maquillé » !
Un maquillage de débutante… et pourtant un maquillage nécessaire, indispensable, comme en témoigne l’état de la peau de Miss Mac Daid au naturel. « Miss Mac Daid n’était plus maquillée. Son visage était gris, impressionnant. »
Nous l’avons dit, Miss Mac Daid est amoureuse du major Safti ; alors, forcément, lorsqu’elle constate que tout le maquillage de Lady Esketh est sous l’eau… c’est la joie. « Maintenant qu’elle [il s’agit d’Edwina] doit se montrer telle qu’elle est, sans ses femmes de chambre, ses crèmes, ses toilettes, ses bijoux, il [c’est évidemment du major Safti dont il est question] se rendra compte que sa beauté sortait de pots et de tubes d’onguents. » Non, pas vraiment, car même au naturel, Edwina est ravissante. Et ce d’autant plus qu’elle a réussi à faire onduler ses cheveux à l’aide de simples morceaux de journaux. Avec ses papillotes-maison, Edwina a rajeuni de 10 ans !
Lord Albert Esketh, un adepte d’un luxe effréné
Ce riche Américain de 48 ans est venu dans la région de Ranchipur, afin d’acheter des chevaux de course au maharajah. Costaud et sanguin, cet homme richissime a débuté sa vie en tant que petit quincailler sous le nom d’Albert Simpson. Difficile de décrire cet homme qui nous est présenté comme un « grossier cryptogramme ». Un grossier personnage en tout cas, qui se montre vulgaire avec le maharajah, lui parlant comme à un simple maquignon.
Cet homme puissant va mourir de la peste, piqué par une puce attrapée, sans doute, dans les écuries du maharajah ! Quelle vengeance pour ce dernier !
Lady Edwina Esketh, une adepte des routines cosmétiques de luxe
Edwina Esketh est une « jolie blonde », qui use de cosmétiques pour pouvoir toujours arborer son « teint célèbre ». Celui-ci doit tout aux « spécialistes de beauté », qui lui ont fait dépenser une véritable « fortune », afin de lui mettre au point une routine beauté personnalisée.
Précisons, pourtant, dès maintenant, que cette blondeur n’est pas naturelle. On l’apprend à la fin de l’ouvrage, lorsque l’on découvre une Edwina sans fard. N’ayant pas eu la possibilité de refaire sa teinture, « Dans un ou deux jours, ma raie sera plus sombre, songea-t-elle. Oui, je dois avoir touché le fond de quelque chose ce matin. »
Tout semble être artificiel, synthétique chez Edwina. Son visage ressemble à un « masque » ; ses cheveux ont l’air d’une perruque : « Ses cheveux, parfaitement coiffés, avaient l’air d’une perruque […] ». L’auteur utilise pour la décrire l’expression : « beauté de porcelaine blanche et or » à 2 reprises et nous précise dans une troisième allusion que son teint est « lisse comme de la porcelaine ». Edwina semble être née pour briller en société et vivre dans l’oisiveté.
Lady Esketh et Ransome ont eu une courte aventure, à Londres, il y a 10 ans de cela. Se retrouvant au Ranchipur, les deux anciens amants remettent le couvert, sans pour autant grand appétit. Ransome est admiratif de la beauté de la jeune femme qui semble se rire du climat chaud et humide. Edwina explique gentiment à Tom que cette beauté n’est pas naturelle, mais est à mettre sur le compte de la fortune de son époux. « C’est une question d’argent. » Avec « deux femmes de chambre dont l’une est coiffeuse », difficile de faire piètre figure !
Cette vie luxueuse n’a pas toujours été celle d’Edwina, puisque l’on apprend que dans sa prime jeunesse (elle s’appelait alors Miss Don Caster), elle ne pouvait, faute de moyens, se payer le coiffeur qu’une fois par mois. « Pas de quoi se payer plus d’une fois par mois le coiffeur »… Un signe extérieur de pauvreté patente, puisque l’auteur nous en parle à deux reprises.
Une fois veuve, une fois le tsunami passé, Edwina va révéler une personnalité insoupçonnée. Elle se métamorphose en une femme désireuse d’aider ses semblables. Et pour commencer là voilà qui se propose d’aider Tante Phoebe aux tâches domestiques. Celle-ci « commence par décliner l’invitation », « sous prétexte qu’il serait regrettable d’abîmer les ravissantes mains aux ongles laqués. ». Puis, Tante Phoebe craque devant tant de sincérité de la part d’Edwina. Celle-ci va ainsi râper des ignames pour la première fois de sa vie. « Les ignames tacheraient les mains blanches, l’eau ferait craquer l’élégant émail des ongles, mais c’était ce que Lady Esketh souhaitait le plus au monde. »
Et puis, Edwina va aller soigner les malades aux côtés du major Safti. « Edwina, la fragile, la porcelaine », devient au fil des jours aussi forte qu’un « cheval de bataille » ! Véritablement infatigable, incassable !
Et la belle jeune femme prend à nouveau soin d’elle, mais cette fois-ci avec les moyens du bord. Elle réalise, par exemple, des papillotes avec « des petits morceaux du Times » fixés par une « épingle ». Tom Ransome s’étonne, ironise : dans cet accoutrement, la belle Edwina ressemble à s’y méprendre à une « femme de ménage, le samedi soir. » Edwina utilise les bonnes vieilles recettes du passé, celles qu’elle utilisait autrefois, lorsqu’elle était sans le sou et s’étonne de l’étonnement de Ransome. Il n’y a vraiment rien « d’extraordinaire » à se balader avec des « bigoudis » de fortune sur la tête !
Et la belle jeune femme s’active au lit des malades et attrape la typhoïde. Au point d’en mourir. Avec toutefois, à ses côtés, la voix consolante de Tom qui lui dit : « C’est parce que vous êtes ainsi… que vous n’avez pas de couleur aux joues, que vous portez une pauvre chemise de coton, que vos cheveux montrent la teinture… qu’il vous aime. Vous êtes plus belle que vous ne l’avez jamais été. »
M. Homer Smiley, un adepte de la santé physique
Toujours souriant, cet homme de 42 ans dirige la Mission américaine. Il enseigne aux garçons pauvres le matin. L’après-midi est consacré à l’enseignement des filles. Son travail s’effectue sous le regard du révérend Elmer Simon, le « directeur spirituel de la Mission » ! Ce n’est pas chose facile car Smiley et Simon ne s’entendent guère, ayant chacun des tempéraments et des objectifs différents. Si Smiley s’intéresse à la santé physique des enfants (à leur hygiène en particulier), Simon ne se préoccupe que dans leur âme, ne voyant en eux que des convertis potentiels.
Mrs Bertha Smiley, une adepte de la bonté sans mesure
La femme du pasteur est une femme « usée par le climat » ; elle regrette son Iowa natal. C’est pourquoi, elle organise, tous les samedis, un repas à l’américaine pour ses amis les plus proches.
Cette femme courageuse donnera toute sa mesure lors de la catastrophe. Elle sauvera une vingtaine d’enfants de la noyade.
Tante Phoebe Bascomb, une adepte de la papillote en papier
Cette charmante vieille dame de 80 ans possède des yeux bleus, pétillants de malice et de bonté. Cette parente des Smiley reste coquette malgré son âge et fait tout ce qu’il faut pour conserver de jolies ondulations. Ses cheveux blancs sont ainsi « hérissés de papillotes de papier. » Pour le reste, une femme dévouée qui met toute son énergie à venir en aide aux malheureux.
Le révérend Elmer Simon, un adepte du culte et du luxe
Ce pasteur qui habite juste en face des Smiley est marié à une « belle créole ambitieuse » de 41 ans qui lui a donné deux filles, Fern (la jolie) et Hazel (la laide). Contrairement aux Smiley qui mènent une vie simple et tranquille, les Simon ne rêvent que de gloire, de reconnaissance et vivent sur un pied élevé, pratiquant le tennis et multipliant les soirées. Rien de très évangélique !
Mrs Mary Lou Simon, une adepte du barbouillage cutané
Cette femme très mondaine est une blonde quelque peu artificielle. L’auteur évoque, à ce sujet, ses « cheveux blonds, à peine décolorés ». Une mère peu maternelle, qui se hâte de marier ses filles.
Aussi… quel drame lorsque Fern vient-elle lui annoncer, froidement, qu’elle vient de coucher avec Tom Ransome (alors que c’est d’ailleurs totalement faux !). Mrs Simon enrage et se plante devant son miroir. L’auteur nous dit qu’elle « se maquillait avec une rage froide et délibérée. » « Cette femme en train de se poudrer devant la glace » est bien décidée à faire un scandale chez M. Ransome ! Total : ses joues sont « mal maquillées » et le scandale n’est pas évité !
Fern, une adepte du virage à 180°
Cette jolie jeune fille de 20 ans qui ne rêve que de cinéma et d’Hollywood s’est créé une personnalité virtuelle pour laquelle elle imagine toutes sortes d’aventures. La starlette Blythe Summerfield réalise, en rêve, tout ce que la pauvre Fern ne peut faire en réalité. Promise à un trentenaire du nom de Harry Loder, Fern pleure sur son avenir… (« Puis elle se leva, baigna son visage, mit du rouge à ses lèvres et redescendit. »)
Pour échapper à ce mariage, pour aller en Amérique, Fern compte sur l’aide de Ransome. Et se rend chez lui pour lui déclarer son amour. Là, Tom la traite comme sa fille, l’envoyant dans sa salle de bain (« Séchez-vous, frottez fort ») et la bourre de quinine afin d’éviter la malaria.
Très volontaire, Fern n’hésitera pas à prendre un petit bateau pour se rendre dans la maison de Tom Ransome afin de tenter de le sauver… et ce sera chose faite. Et l’amour pourra alors grandir sans limite entre ces deux-là !
La maharani, une adepte de Mauriac et de Choderlos de Laclos
La femme du maharajah est une vieille dame de 67 ans, à « l’indestructible beauté », qui vit dans un palais odoriférant (« un parfum de santal flottait dans l’air humide » ; « Dans l’air flottait toujours le parfum de bois de santal. »). Le teint « lisse », de couleur « café au lait très pâle », le corps chargé de bijoux (son péché mignon se nomme émeraude), la vieille dame est pleine de volonté. Elle doit faire le bonheur de son peuple !
Sa routine beauté est longue et bien huilée ! « Les servantes intouchables commencèrent à dévêtir la maharani, massèrent son visage, oignirent ses beaux cheveux noirs. » Ce rituel du soir s’effectue avant que la maharani ne s’autorise à mastiquer une noix de bétel. Elle est ensuite « minutieusement enduite de crème » ou massée par une servante qui lui « frotte » « le visage et la tête avec des huiles parfumées », avant de se coucher. Là, sa dame de compagnie lui lit Mauriac ou Choderlos de Laclos (Les liaisons dangereuses).
Maria Lishinskaia, une adepte de la lecture accélérée
Cette Russe est la servante et confidente de la maharani. Fuyant la révolution, Maria doit tout à sa protectrice. Les séances de lecture qui s’éternisent le soir énervent cette dame de compagnie qui ne rêve que de rejoindre son amant, l’infirmier du maharajah, Harry Bauer.
Lorsque l’eau déferle sur le palais, Maria croit sa derrière heure arrivée. Sa dernière vision : une image de son enfance ; sa mère de « retour du théâtre, le visage encore maquillé ».
Harry Bauer, un adepte de son corps
Cet homme d’origine suisse, imbu de son physique, a les « nerfs en mauvais état ». Il n’a jamais pu se faire aux odeurs caractéristiques de l’Inde. Dès son arrivée, « il en avait haï les odeurs -jusqu’au parfum du jasmin et des épices qui remplissaient les autres, moins résistants que lui, d’une agréable nostalgie […] ».
Cet « ancien professeur de natation », blond aux yeux bleus, voue une sorte de culte à son corps. Il a toujours à portée de main un kit de survie pour rester beau et fringant en toutes circonstances. Son kit contient : « de quoi se raser, une brosse à dents, une serviette, un jeu de cartes, un manuel de culture physique et une douzaine de paquets de cigarettes bon marché. »
Victime du choléra, Harry mourra comme tant d’autres. Sur son lit de mort, l’auteur constate : « Le beau corps de Harry Bauer – la seule chose qu’il aimât, à ce que prétendait Maria Liskinskaia – avait perdu tout éclat. »
Miss Dirks et Miss Hodge, deux adeptes des politesses extrêmes
Ces deux vieilles demoiselles, des institutrices, passent leur temps à se chamailler, tel un vieux couple. L’écrivain consacre, ainsi, 2 pages entières à nous décrire les assauts de politesse menés par ces deux femmes, à l’heure du bain, chacune voulant se sacrifier pour l’autre. Dans le bungalow règne une chaleur terrible. Sara Dirks (50 ans) ouvre les hostilités : « Allez vite prendre un bain, Elisabeth ; je m’occuperai du souper, dit Miss Dirks. » « Non, c’est moi qui m’en charge ; allez vous baigner la première, protesta Miss Hodge. » Une interminable discussion s’ensuit pour savoir qui sera la meilleure… La discussion dure 10 minutes ! C’est finalement Sara Dirks qui l’emporte. Elisabeth craque et part prendre son bain. Ouf !!
Elisabeth possède une constitution plus solide que celle de Sara. Elle a, en outre, encore envie de séduire. Après le bain, elle se regarde dans le miroir et essaye « de nouvelles façons de se coiffer », tout en examinant sa peau et en déplorant son aspect gras (Elisabeth a « la peau grasse »). En matière de maquillage, Elisabeth fait de son mieux… mais le résultat n’est pas top, puisque l’on nous dit que son visage est « mal maquillé ».
Sara est la directrice de l’école des filles ; Elisabeth la sous-directrice.
Mrs Bannerjee, une adepte de drogues variées
Cette Hindoue à la « peau très claire » est une sorte de « statue de glace », qui semble être opaque à tout ce qui l’entoure. Elle possède des « mains pâles aux ongles laqués » et mastique le plus souvent un mélange « de feuilles de limon et de bétel », ce qui explique, sans doute, son attitude lointaine. Elle fuira, lors du déluge, comme on peut s’en douter avec sa précieuse réserve de drogue.
Et un joueur de luth
Celui-ci possède de « longs doigts aux ongles teintés et vernis ».
Et une danseuse
Lakshmi Bai danse pour la maharani. Il s’agit d’une véritable œuvre d’art, dont les lèvres et les ongles sont soigneusement maquillés (« lèvres écarlates, ongles laqués »).
Et des colliers de fleurs
Lors de certains évènements, le cou des personnages est orné de guirlande de « jasmins et de soucis », « aspergés d’eau de rose ».
Et un petit bout de savon
Le savon est devenu rare après le tsunami. Tom Ransome, qui a été au contact avec Harry Bauer alors atteint du choléra, n’a pour se nettoyer les mains qu’un tout petit morceau de savon, un « précieux morceau de savon » ! Il y ajoute une désinfection à l’alcool.
La mousson, en bref
Que de changements de personnalité chez tous ces individus qui semblaient ne vouloir profiter que d’eux-mêmes ! Fern devient une parfaite infirmière. Elle épousera Ransome, dans une subtile « senteur de jasmin ». Les cosmétiques, qui masquaient les visages, se sont dilués dans l’eau. Les masques sont tombés. Des visages radieux sont désormais bien visibles !
Un grand merci à Jean-Claude A. Coiffard, poète et plasticien, pour son illustration du jour.
Bibliographie
1 Bromfield L., La mousson, Stock, 695 pages

