Les cosmétiques du capitaine Haddock, on vous dit tout !
Après une fusée… une arme à ultra-sons de destruction massive qui casse tout sur son passage… décidément, ce cher Professeur Tournesol n’est jamais à court d’idées. Il va, avec cette nouvelle invention, causer de gros dégâts au château de Moulinsart et se retrouver kidnappé tour à tour par les Bordures et les Syldaves, deux peuples ennemis à vie, bien décidés à exploiter cette nouvelle invention en la perfectionnant si possible.1
Où l’on fait connaissance d’un assureur plein de verve, Séraphin Lampion
Celui-ci s’est réfugié au château de Moulinsart, un soir d’orage. Il tente par la même occasion de faire souscrire une police d’assurance au capitaine Haddock. Celui-ci ne cède pas. Il est, en effet, nous dit-il, déjà « assuré sur la vie, contre les accidents, contre la grêle, la pluie, les inondations, les raz-de-marée, les tornades ; contre le choléra, la grippe et le coryza […] ». Bref, un très mauvais client pour un assureur !
Etant radio-amateur, Séraphin va capter, au cours de l’aventure, un message de détresse émanant du Capitaine, mais il prend cela pour une blague. Excédé, le capitaine ne peut que, très logiquement, le traiter de « bougre de crème d’emplâtre à la graisse de hérisson ».
Il ne rigolera plus du tout en fin d’album, lorsqu’il croira, à tort, que le capitaine a attrapé « la scarlatine » (encore un coup du brave Tournesol). Venu s’incruster avec toute sa famille à Moulinsart, il déguerpira à toute allure !
Où l’on découvre le capitaine Haddock dans l’intimité de sa salle de bain
Les expériences menées par Tournesol depuis sa cabane du fond du jardin sont concluantes. Dès qu’elle fonctionne, sa machine brise miroir, glace, lustre… C’est ainsi, que le pauvre Capitaine Haddock voit le miroir de sa salle de bain réduit en miettes, alors qu’il est juste en train de se laver les dents. On remarquera sur l’étagère murale placée sous le miroir un flacon en verre contenant du bain de bouche … celui-ci résiste miraculeusement au cataclysme !
Où l’on découvre que le capitaine Haddock ne voyage jamais sans un attirail cosmétique complet !
C’est grâce à une valise mal fermée et à un tourniquet d’hôtel que l’on se rend compte que notre vieux loup de mer prend soin de sa santé buccale et cutanée. On constate, en effet, que sa valise contient, outre des vêtements et un réveil matin, tout ce qu’il faut pour se raser (blaireau, rasoir manuel, crème à raser dans un tube bleu), pour son hygiène personnelle (un savon dans son porte-savon), se laver les dents (un dentifrice conditionné dans un tube rouge, peut-être Email Diamant, un flacon en verre pour faire des bains de bouche) ! Econome, le capitaine utilise des chaussettes reprisées !
Où l’on découvre un capitaine Haddock offensif vis-à-vis des moustiques
Avec un pulvérisateur de DDT (un Fly-Tox), le capitaine s’emploie à tuer tous les moustiques gênants. Il a choisi cette référence très connue, car il sait qu’elle est capable de tuer aussi bien les mouches que les moustiques ou encore les mites… comme nous l’indiquent les publicités du moment. A noter que cette molécule insecticide (DDT) a été synthétisée pour la première fois en 1873 et que c’est le Dr Paul Müller qui a mis en évidence ses propriétés insecticides remarquables.2 On trouve dans la littérature scientifique des années 1940 des publications qui présentent cette molécule comme l’insecticide idéal, du fait de son efficacité, de sa stabilité, de son faible coût et de son odeur agréable.3
L’affaire Tournesol, en bref
Intéressante cette aventure qui nous fait découvrir une nouvelle facette du capitaine Haddock. Celui-ci est soucieux de sa santé et de son apparence. On l’apprend ici, preuves cométiques à l’appui !
Bibliographie
1 https://www.tintin.com/fr/albums/l-affaire-tournesol#
2 https://www.universalis.fr/encyclopedie/paul-hermann-muller/
3 Chopra BL. DDT, an ideal insecticide and larvicide. Ind Med Gaz. 1949 Mar;84(3):111-3

