Le Saint, le héros qui se requinque sous la douche !

Le Saint et le dernier héros est un opus de la série consacrée au Saint, qui se passe à Londres sous un Soleil éclatant !1 Un Soleil si sympathique que Simon (Simon Templar dit le Saint) ne résiste pas à emmener sa fiancée (ces deux-là sont en pleine lune de miel depuis 18 mois), Patricia (dite Pat), pour une partie de campagne… Rentrés à la nuit, les deux protagonistes aperçoivent un faisceau lumineux d’une incroyable intensité sur la route du retour ! Le nuage violet en question vire au plus bel orange et semble détenir une puissance redoutable, capable de réduire, en une seconde, une brave chèvre en un ridicule tas de cendres.

Pour cette fois, Simon va être secondé de deux de ses acolytes, Roger Conway et Norman Kent. Tous trois vont kidnapper le Professeur Vargan, l’inventeur du rayon chargé en électricité. Oui, mais le problème c’est qu’un millionnaire mystérieux s’est emparé, quant à lui, de Patricia, afin de faire chanter Simon pour obtenir en échange… le Professeur Vargan !

Vous voyez le genre !

Un prologue excessivement moderne

Paru en 1930, l’ouvrage présente un prologue éminemment moderne, avec un avis tranché et tranchant sur « l’époque fiévreuse » alors vécue. Les journalistes doivent se mettre en quatre pour intéresser le public avide de nouveauté ! Il en résulte une avalanche d’informations, l’une chassant l’autre à la vitesse de l’éclair !

Simon Templar, le héros répondant au surnom du Saint

Dans cet opus, on ne nous parle pas du bronzage réussi du héros et décrit d’une manière récurrente. On nous dit simplement qu’il est « très grand » et « svelte » et plein « d’élégance » !

On nous dit aussi que, de bon matin, il aime prendre « un bain froid dans la rivière », qui jouxte sa maison de campagne et qu’il se rase ensuite « avec soin » !

Et qu’il est doué d’un courage hors norme puisque, blessé et saignant abondamment, il lui suffit d’une « douche froide » pour se requinquer !

Le Professeur Vargan, le chercheur répondant au qualificatif de traitre

L’inventeur du rayon qui tue en quelques secondes se nomme Vargan. Simon décide de kidnapper le Professeur, afin de lui faire promettre qu’il ne vendra pas son invention aux ennemis de sa nation.

Simon ne veut aucun mal à Vargan. Il fait donc promettre solennellement à ses lieutenants de prendre soin du bonhomme. « On va le baigner, le peigner, lui acheter un beau costume […] ». Sauf que… le bonhomme ne veut rien promettre du tout. De quoi se mettre très, très en colère !

Le Millionnaire mystérieux répondant au nom de Rayt Marus

Il est bien décidé à se procurer la formule du rayon tueur afin de se rendre maître du monde.

Et une expression pleine de mousse

Leslie Charteris nous indique ici que la solution logique est souvent la meilleure. Ainsi lorsque l’on voit s’approcher de soi un homme grimaçant muni d’un couteau il y a de fortes chances pour que cet homme soit un criminel ne vous souhaitant que du mal. Il y a, en effet, fort peu de probabilité pour que cet homme ayant aux lèvres « de la mousse de savon » vienne de tuer un poulet et se dirige vers vous avec son couteau pour vous faire part de cet état de fait !

Et une expression pleine de beauté

A la brute qui s’est emparé de Patricia, Simon ne peut que crier : « Je vais vous arranger le visage beaucoup mieux qu’à l’institut de beauté. »

Le Saint et le dernier héros, en bref

Forcément le Saint est vainqueur. Il réussit à sauver Patricia. Mais, pour cela, il a fallu que l’un de ses lieutenants (Norman, en l’occurrence) tue le Professeur Vargan (au moins comme cela on est sûr que son invention ne tombera pas dans de sales pattes) et subtilise la formule magique, qui sera remise à Simon en temps voulu. Un lieutenant qui se sacrifie pour que Simon et Patricia puissent s’enfuir en toute tranquillité.

Pas de cosmétiques dans cet opus centré sur une histoire à faire frémir. Juste quelques bulles de savon pour créer une détente salutaire !

Bibliographie

1 Charteris L., Le Saint et le dernier héros, Librairie Arthème Fayard, 1951, 188 pages