Le rouge à lèvres pour ne plus se mordre les lèvres !
S’en mordre les lèvres… est une expression française qui est synonyme de regretter fortement une parole ou un acte. Les mots qui ont passé la barrière des lèvres voudraient être aspirés et revenir en arrière, semble-t-il ! Mais rien à faire, ce qui est dit est dit. Ce qui est fait est fait !
Un geste pas anodin qui témoigne d’une certaine fébrilité et d’une façon de tenter de conserver son calme face à une situation embarrassante,1 également parfois !
Une habitude, un tic, un signe prémonitoire… Le symptôme d’une maladie ou bien une mauvaise habitude prise par la personne en bonne santé ?2 Comment y mettre fin ?
La réponse est dans la littérature scientifique, comme de bien entendu !
Se mordre les lèvres, un signe d’anémie
Dans la littérature scientifique, il est possible de trouver trace d’une curieuse, mais non moins remarquée, communication du Dr Ikuzo Minato, un Japonais, qui, s’était exprimé lors d’un congrès de pédiatrie, le 7 juin 1958, à Akita. Pour ce médecin, le fait de se mordre les lèvres constitue un « nouveau » symptôme d’anémie. Un symptôme d’ordre cosmétique, esthétique et qui de ce fait ne sera pas observé chez les petits enfants non encore socialisés. Avant le jardin d’enfants, l’on ne se mord pas les lèvres ! Car l’on n’a pas encore la nécessité de se faire beau ou belle pour son entourage !
La première fois que le médecin a détecté ce symptôme, il s’agissait d’enfants âgés de 10 et 12 ans, des enfants scolarisés. Ces deux enfants consultaient le médecin au même moment. Difficile pour le Dr Minato de ne pas remarquer, dans ces conditions (bis repetita), le fait qu’ils se mordaient régulièrement la lèvre inférieure, avec les dents de la mâchoire supérieure. Ils se mordaient, entendons-nous bien. Ils ne s’humectaient pas les lèvres !
Par la suite, le docteur a pu valider sa théorie, en observant ce mordillement chez d’autres patients anémiques. Il a également observé ce mordillement chez la mère d’un jeune patient venue consultée pour l’anémie de son fils. Première consultation, la mère se mord les lèvres. Deuxième consultation, le lendemain, le tic a disparu… pour la simple et bonne raison que la femme coquette a utilisé pour cette fois un rouge à lèvres dont la couleur rouge intense couvre parfaitement la couleur naturelle des lèvres. Vraisemblablement, la mère du jeune patient anémique est, elle-même, anémique.
Désormais, les yeux du docteur Minato ne resteront pas dans sa poche. Ce médecin scolaire s’appliquera à observer les jeunes élèves à la recherche de ceux qui, du fait de la pâleur de leurs lèvres, se mordillent les lèvres, afin de leur donner un nouvel aspect plus attractif. Un tic plus habituel chez les filles que chez les garçons.
Morale de l’histoire
La morale de cette histoire n’est pas unique, mais double. On retiendra qu’il convient de venir en consultation chez son médecin comme on est. Les cosmétiques doivent être bannis, puisqu’ils sont susceptibles de modifier le diagnostic en masquant l’état naturel de la peau, des ongles… Par ailleurs, cette publication – unique en son genre – montre l’intérêt du rouge à lèvres. Un cosmétique protecteur qui peut éviter de se faire mal à la longue (le fait de se mordre la lèvre peut engendrer un fibrome) !3
Bibliographie
2 Raaj V, Anbuselvan GJ, Salam S, Sivagami M, Yamunadevi A, Priyadarshini K, Anbazhagan KK. Lip Biting Scar and its Treatment – A Rare Case Report. J Pharm Bioallied Sci. 2023 Jul;15(Suppl 1):S797-S798
3 Cohen PR. Biting Fibroma of the Lower Lip: A Case Report and Literature Review on an Irritation Fibroma Occurring at the Traumatic Site of a Tooth Bite. Cureus. 2022 Dec 5;14(12):e32237

