Nos regards
Le phototype I selon Conan Doyle

> 12 juillet 2018

Le phototype I selon Conan Doyle Le Dr Watson, fidèle compagnon du détective Sherlock Holmes, a beau être médecin il ne connaît pas la notion de phototype. Normal, à l’heure où Sir Arthur Conan Doyle prend la plume, celle-ci n’a pas encore été inventée (https://www.regard-sur-les-cosmetiques.fr/nos-regards/qu-est-ce-que-le-phototype-685/). Pour lui, un sujet roux est un « rouquin » et non un sujet qui « brûle toujours et ne bronze jamais ».

Dans la nouvelle intitulée « La ligue des rouquins » et publiée en 1891 (Doyle C., Un scandale en bohême, Le livre de poche, 2016, 213 pages), on découvre une curieuse association qui a pour but de « fournir des postes de tout repos à des rouquins ». Un millionnaire américain, aux cheveux roux cela va sans dire, a légué son immense fortune à des curateurs qui sont chargés de répandre l’argent à flot sur les têtes les plus rousses de la planète.

Pour être embauché, une seule condition : posséder des cheveux « vraiment rouges : rouges flamboyants, ardents, brûlants ».

Lors du recrutement, on assiste donc à un véritablement déferlement de roux... « Toutes les nuances étaient représentées : jaune, paille, citron, orange, brique, setter irlandais, argile, foie malade... ». Attention toutefois, ce roux doit être naturel. On ne s’étonnera donc pas de se faire tirer violemment les cheveux afin de vérifier qu’aucun postiche ne s’est glissé pour la circonstance sur un capillaire d’une autre teinte. « [...] deux fois nous avons été abusés par des perruques, et une fois par une teinture... »

C’est finalement, Jabez Wilson, un prêteur sur gages qui a bourlingué en Chine (il porte au-dessus du poignet droit un tatouage caractéristique qui permet à Sherlock Holmes de deviner son passé d’aventurier - « J’ai un peu étudié les tatouages, et j’ai même apporté ma contribution à la littérature qui s’est occupée d’eux. Cette façon de teindre en rose délicat les écailles d’un poisson ne se retrouve qu’en Chine ») qui remporte le gros lot. Le travail consiste à recopier l’encyclopédie britannique quatre heures par jour... Bizarre autant qu’étrange...

Si la situation peut paraitre curieuse, elle n’appelle, toutefois pas le crime. Et pourtant...

Nous ne dévoilerons pas la chute de cette courte nouvelle, cela ne se fait pas. Nous encouragerons les lecteurs à se plonger ou à se replonger dans ces romans policiers où, loupe à la main, on pourra suivre les prouesses de l’as de la déduction.






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