Le parfum de Suzanne, un parfum d’honnêteté !

Entre 1820 et 1822, Alfred de Vigny se penche sur le cas de Suzanne, une belle jeune femme, épouse et mère de famille, injustement accusée d’adultère par des vieillards libidineux.

La Bible nous raconte en détail l’histoire de Suzanne, une jeune habitante de Babylone à la grande beauté. Fille d’Helcias et épouse de Ioakim, cette jeune Juive a toujours respecté la loi de Moïse et chacun de ses commandements scrupuleusement.

La vie s’écoulait tranquille pour la jeune femme, jusqu’à ce que deux vieillards, qui avaient eu, toute leur vie durant, la charge de juge ne viennent ternir son image en inventant une sombre histoire d’adultère.

En réalité, ces deux vieillards se sont cachés dans le jardin, afin d’assouvir leurs penchants mauvais… Oui, ils ont, tous deux, envie, de voir la belle Suzanne nue, prête à prendre son bain. Oui, ils ont, tous deux, envie, de coucher avec la belle Suzanne.

Alors que Suzanne a renvoyé ses servantes chercher « l’huile et le baume » destinés à parfumer son bain, les deux hommes sortent de leur cachette et tentent de convaincre Suzanne qu’il ne lui reste plus qu’une chose à faire. Coucher avec les 2 vieillards ou bien… être accusée d’adultère et mériter la peine de mort.

Suzanne tient bon, ameute la maisonnée… Malheureusement, les deux vieillards ont du crédit et personne ne croit la pauvre jeune femme, qui est accusée, sans autre forme de procès, d’adultère avec un jeune homme. Celui-ci se serait sauvé à l’arrivée des deux vieillards.

Heureusement, Suzanne sera sauvée par le prophète Daniel, qui confond les deux hommes. Ceux-ci ne se sont pas concertés et livrent une histoire différente à l’enfant. L’un prétend que l’adultère a eu lieu sous un acacia. L’autre affirme que l’adultère s’est perpétré sous un tremble.

L’affaire est entendue… Ces deux juges n’étaient pas de saints hommes. Contrairement à Suzanne qui sort blanchie de l’aventure.1

Alfred de Vigny, bien des années plus tard, nous livre sa version des faits avec une Suzanne qui nous apparaît les « cheveux parfumés », les pieds imbibés de « santal et de rose », une cassolette pleine d’ambre attachée autour du cou.2 Bref, une belle jeune femme qui distille un doux parfum d’honnêteté !

Bibliographie

1 Suzanne et le jugement de Daniel, La Bible de Jérusalem, Daniel, 13 1-64

2 https://www.rimes.fr/poemes/le-bain